Nouveaux incidents de niveau 1 à La Hague

Un incident, classé de niveau 1 par l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN), s’est produit  à l’usine de retraitement des déchets nucléaires de La Hague (Manche), a annoncé Areva. Cet incident s’est produit dans le cadre du « rejet en mer d’eaux faiblement radioactives d’un volume de 133,3 m3 », après une analyse « sur l’ensemble de ce volume conformément à la procédure », indique dans un communiqué l’opérateur. 26/10/2012

Mais, précise Areva, « durant le délai d’attente des résultats (des 133 m3), un volume de 1,1 m3 d’effluents de même nature s’est ajouté suite au dysfonctionnement d’une vanne ». « Après obtention des résultats d’analyse (des 133 m3), vérification de l’origine des effluents rajoutés et confirmation de l’absence d’impact, le rejet a été autorisé alors que la procédure d’exploitation aurait nécessité de refaire une analyse sur la totalité du volume, soit 134,4 m3 », explique Areva. « En l’absence de conséquences pour le personnel, l’environnement et l’installation concernée, mais du fait que l’analyse ait été effectuée sur 99% du volume au lieu de 100%, l’Autorité de Sûreté Nucléaire a classé cette anomalie au niveau 1 de l’échelle INES graduée de 0 à 7 », conclut Areva.

Un premier incident, qui devrait également être classé de niveau 1 par l’ARS, s’était déroulée sur le même site dans la journée. Il portait sur des fûts de déchets produits dans les années 1970 et toujours entreposés à la Hague. Un programme prévoit que « chaque fût fasse l’objet de mesures radiologiques ». Sur plus de 3.600 fûts contrôlés, les quantités de matières nucléaires mesurées sur 2 d’entre eux sont légèrement supérieures à la limité définie par les règles d’exploitation, sans présenter de risques en matière de sûreté », avait indiqué Areva dans un précédent communiqué. « Au regard du dépassement d’une valeur règlementaire, il a été proposé à l’Autorité de Sûreté Nucléaire de classer cet évènement au niveau 1 (sur 7, ndlr) de l’échelle INES », avait précisé Areva.

L’Etat somme Areva d’agir contre les suicides à La Hague

6 suicides ont déjà été recensés. L’Etat a mis en demeure l’usine Areva La Hague (Manche) de mettre en place un plan d’action après avoir notamment relevé un fort taux de fréquence de suicide des salariés du site.  JDLE  Le 15 octobre 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg

L’AFP a reçu ce lundi 15 octobre une copie de cette mise en demeure révélée par la Presse de la Manche. Le chef de la santé au travail de Areva NC La Hague a souligné, dans le rapport d’activité 2011, un taux de fréquence de suicide au sein de l’établissement trois fois supérieur à la moyenne de la Manche, elle-même supérieure à la moyenne nationale, écrit Christine Lesdos, directrice de l’unité territoriale de la Manche de la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (Direccte) dans une mise en demeure.

Le texte, qui invoque des risques pour la sûreté des installations, est daté du 18 septembre, et a été transmis le 8 octobre au Comité d’hygiène et sécurité (CHSCT) du site.?? Ces derniers mois, les syndicats avaient averti à plusieurs reprises que l’usine de recyclage des combustibles nucléaires usés, où Areva emploie directement 3.000 personnes, connaissait un nombre préoccupant de suicides de salariés, chez eux dans la plupart des cas.??

L’Etat demande la mise en place d’un plan d’action permettant l’évaluation et la maîtrise de la charge mentale et physique de travail. Areva La Hague doit en outre ramener la durée du travail sur site et hors site du personnel aux limites maximales légales et mettre en place un système d’enregistrement automatique du début et de la fin de chaque période de travail.

L’état de la santé mentale des salariés se dégrade de façon accélérée depuis deux ans, selon le rapport 2011 du chef de la santé du site. Une possible conséquence de sa nouvelle organisation industrielle, dont le déploiement, rappelle l’Autorité de sûreté nucléaire, n’a pas été une franche réussite.

Les éléments présentés démontrent l’importance de la charge mentale et physique pour certains salariés qui génèrent des risques pour leur santé et leur sécurité et des risques pour la sûreté des installations, écrit Christine Lesdos. Un volume d’heures supplémentaires conséquent a été déclaré en 2011 par des salariés non cadres du service dans lequel un salarié non cadre s’est suicidé en janvier, relève encore la Direction du travail.

En juin 2011, la cour d’appel de Caen a validé une demande d’expertise des risques psychosociaux émanant du CHSCT d’Areva NC, suite à six suicides et une tentative [JDLE].

Janick Magne militante antinucléaire et universitaire à Tokyo a parcouru la France cet été


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Visites buissonnières au pays du nucléaire en Cotentin

 

Cahors. Une universitaire vient témoigner sur Fukushima 

Janick Magne hier à Cahors, à l'invitation de mouvements pour la sortie du nucléaire./Photo DDM, J-M. F. ()

Janick Magne hier 9 septembre  à Cahors, à l’invitation de mouvements pour la sortie du nucléaire./Photo DDM, J-M. F.

Elle est universitaire et vit depuis 34 ans à Tokyo. Janick Magne a été la candidate d’Europe Écologie les Verts dans la 11e circonscription des Français de l’étranger (Asie, Océanie et ex URSS soit 49 pays). L’enseignante donnait hier à Cahors, une conférence sur Fukushima, à l’invitation du Réseau zéro nucléaire et du mouvement citoyen lotois pour la sortie du nucléaire.

Comment avez-vous vécu ces événements ?

J’étais à Tokyo pendant la catastrophe. Tokyo a tremblé pendant des semaines, jour et nuit et ça continue occasionellement. L’eau du robinet a contenu de l’iode pendant une dizaine de jours.

Quels effets pour les habitants ?

Les enfants portent des dosimètres (pour mesurer la dose radioactive), mais les parents n’ont pas accès aux données, celles-ci sont envoyées directement à des hôpitaux. Dans la région de Fukushima, 30 % des enfants examinés présentent des nodules, normalement, on devrait être en dessous de 1 %.

La situation aujourd’hui ?

On vit avec la peur. Sur le site de Fukushima, la piscine de désactivation des combustibles nucléaires usés du réacteur n° 4 peut s’effondrer, elle est juchée à 30 mètres de haut dans un bâtiment totalement éventré. À l’intérieur il y a 260 t de combustibles. Si ces barres entrent au contact de l’air, on peut craindre une réaction au moins 80 fois supérieure à Tchernobyl.

Allez-vous retourner au Japon ?

Oui, le 13 septembre mais avec appréhension. Heureusement, mes enfants sont grands et vivent ailleurs.

Propos recueillis par Jean-Michel Fabre

http://www.ladepeche.fr/article/2012/09/10/1436118-fukushima-on-vit-avec-la-peur.html

Communiqué du CRILAN du 24 juillet 2012: arrivée de déchets italiens à la Hague:

Transparence , droit et démocratie : des slogans de propagande.

Au mépris de la transparence, du droit et de la démocratie, en pleines vacances, encore un train de déchets nucléaires italiens vers le terminal ferroviaire d’AREVA à Valognes et l’usine de retraitement, en réalité d’extraction du plutonium de la Hague !

Rappelons-nous : lorsque le contrat entre AREVA et les gestionnaires des déchets italiens ont été signés en 2007, Berlusconi envisageait de relancer le nucléaire civil, malgré le referendum de 1988 qui avait décidé à 80% d’arrêter ce dernier. Il pensait même avec ENEL( électricien italien) commander quelques EPR qui auraient pu utiliser le plutonium extrait à la HAGUE pour fabriquer du MOX ( combustible Mixte plutonium- uranium).
Après Fukushima, un nouveau referendum confirmait à 90% la sortie du nucléaire: aucune centrale nucléaire n’est opérationnelle en Italie depuis presque 25 ans et ne le sera pas.
Alors que faire des 95% d’uranium issus du retraitement, dit valorisables par AREVA , mais non valorisés, même en France ? Que faire du 1% du plutonium extrait, non utilisé à des fins civiles par les centrales italiennes et non utilisé à des fins militaires ?
Restent les 4% de déchets dits de haute activité à vitrifier. Aucun site de stockage n’est accepté et prévu en Italie .
L’ensemble transporté à travers la France devrait être stocké, ici, et ailleurs, sur le territoire français, jusqu’en 2025 , prétend AREVA.
Qui plus est, il apparaît que dans ce transport, la quantité de combustibles irradiés ( 700 kg), est très faible par rapport aux conteneurs utilisés. Que cache-t-on ? Ne transporterait-on pas, par la même occasion, des résidus de démantèlement, certains posant des problèmes particuliers, peut-être même des déchets dits de faible et moyenne activité non retraitables ? Ce n’est pourtant pas autorisé par la loi française qui interdit le stockage en France de déchets nucléaires étrangers et par la réglementation européenne qui déclare que les producteurs doivent en être responsables…
Aucune Région du Monde, pas même le Cotentin ne mérite pour des raisons marchandes de devenir le dépotoir nucléaire de tous les producteurs, au mépris des risques, ici, et au cours des transports, et ceci, quels que soient les Gouvernements.

Pour le CRILAN,

Didier ANGER

France: des montagnes de déchets nucléaires en prévision

Plus d’un million de mètres cubes de déchets nucléaires stockés en France

Le volume global des déchets nucléaires français pourrait atteindre 2,7 millions de m3 d'ici à 2030.

Plus de 1,3 million de mètres cubes de déchets nucléaires en tous genres étaient stockés en France fin 2010, un volume appelé à doubler d’ici à 2030, selon l’inventaire publié mercredi 11 juillet par l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra). Le Monde.fr avec AFP 11.07.2012

De 1,320 million de mètres cubes fin 2010, le volume global de ces déchets pourrait en effet atteindre 2,7 millions en 2030, selon les nouvelles prévisions.« En France, la production de déchets radioactifs représente l’équivalent de 2 kg par an et par habitant », souligne l’Andra dans son rapport.

Disponible sur le site de l’Andra, www.andra.fr, cet inventaire est « un outil de gestion » et un moyen « d’anticiper les besoins de stockage » pour l’avenir mais aussi une source d’informations précises pour le citoyen, a souligné devant la presse son président, François-Michel Gonnot.

59 % VIENNENT DES CENTRALES, 11 % DES ACTIVITÉS MILITAIRES

Ces déchets radioactifs proviennent principalement des centrales nucléaires (59 %) mais aussi de laboratoires de recherche (26 %), des activités militaires (11 %), de l’industrie non nucléaire (3 %) et du secteur médical (1 %), selon le dernier inventaire de l’Andra. Ils ne présentent pas tous les mêmes risques, insiste l’organisme public chargé de concevoir des solutions pour les stocker en toute sécurité.

Les plus dangereux sont les déchets dits « de haute activité » (HA) issus pour l’essentiel du traitement des combustibles usés dans les réacteurs nucléaires de l’Hexagone. Fin 2010, ces déchets HA représentaient 2 700 m3, soit seulement 0,2 % du total déjà produit. Mais ils contiennent à eux seuls 96 % de la radioactivité totale des déchets nucléaires, à raison de plusieurs milliards de becquerels par gramme. Leur volume devrait doubler d’ici à 2030.

Viennent ensuite les déchets de « moyenne activité à vie longue » (MA-VL), dont la période radioactive dépasse 31 ans. Ces déchets (40 000 m3 fin 2010, 3 % du total), sont surtout issus des gaines entourant les combustibles nucléaires.

La majeure partie des stocks français est constituée de déchets de faible et moyenne activité à vie courte (63 % du volume total pour 0,02 % de la radioactivité). Ils sont liés à la vie des installations nucléaires ou produits par les laboratoires de recherche ou médicaux. Après avoir été stockés dans la Manche – un centre ouvert en 1969 et désormais fermé – ils sont pris en charge dans l’Aube depuis 1992.

UN NOUVEAU CENTRE D’ENFOUISSEMENT POUR 2025

Les déchets HA et MA-VL ont, eux, vocation à être enfouis à grande profondeur dans le Centre industriel de stockage géologique (Cigéo) à l’étude par l’Andra, qui devrait ouvrir en 2025 à la limite de la Meuse et de la Haute-Marne. En attendant, ils sont entreposés sur les sites où les colis de déchets sont produits, à La Hague (Manche) et Marcoule (Gard).

Issus du démantèlement des premières centrales au graphite ou de l’ancienne industrie du radium, les déchets de faible activité à vie longue constituent 7 % du volume total et environ 0,01 % de la radioactivité. Ils sont le plus souvent stockés sur les sites qui les ont produits, faute de solution définitive. Ils incluent également des milliers d’objets radioactifs anciens (fontaines au radium, paratonnerre au radium, vieux détecteurs d’incendie, etc.).

Le reste est constitué de ferrailles, béton et gravats produits par l’industrie ou le démantèlement des installations nucléaires, soit 360 000 m3 de déchets dits « à très faible activité » (TFA). Le volume de TFA, stockés en surface dans l’Aube depuis 2003, devrait atteindre 1,3 million de mètres cubes en 2030.

43 sites pollués par la radioactivité recensés en France

Carte de 43 sites français pollués par la radioactivité publiée mercredi 11 juillet par l'Andra.

 Dans son inventaire national publié mercredi 11 juillet, l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) dresse une carte de 43 sites pollués par la radioactivité fin 2010 en France, pour la plupart réhabilités ou en passe de l’être. Ces sites sont essentiellement répartis à Paris, en Ile-de-France, ainsi que dans l’Est et le Sud-Est. Le Monde.fr 11.07.2012

« L’Andra fait le ménage de Marie Curie », plaisante sa directrice générale, Marie-Claude Dupuis, car il s’agit essentiellement de sites où du radium (ou des objets en contenant) a été fabriqué, entreposé ou commercialisé durant la première moitié du XXe siècle.

« La plupart de ces sites ont abrité des activités du passé, datant de l’entre-deux-guerres, qui ne relevaient pas de l’industrie nucléaire : extraction du radium pour la médecine ou la parapharmacie, fabrication et application de peintures pour la vision nocturne, exploitation de minerais… » précise l’Andra sur son site Internet.

UNE OPÉRATION POUR CONTRÔLER 134 SITES

« Après guerre, la mémoire de ces sites, généralement situés dans des zones urbaines, a été perdue et certains d’entre eux ont été réaménagés en logements ou bâtiments publics par exemple. D’autres sites sont quant à eux restés à l’état de friche » précise encore l’agence.

Parmi les sites pollués, on trouve également d’anciens établissements industriels exploitant des minerais radioactifs (mines d’uranium) ou destinés à en extraire des « terres rares ». C’est le cas par exemple de l’ancienne usine Orflam-Plast, à Pargny-sur-Saulx (Marne), qui fabriquait des pierres à briquet à partir d’un minerai riche en thorium.

L’Autorité de sûreté nucléaire a par ailleurs lancé fin 2010 une « opération diagnostic radium » visant à contrôler 134 sites exposés à la radioactivité par le passé. En accord avec les propriétaires, des experts de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire se rendent sur place. Si leur inspection met en évidence des traces de radium, les sites pollués sont réhabilités aux frais de l’Etat tandis qu’un suivi sanitaire des populations concernées peut être mis en place.

Des déchets radioactifs français ont aussi été immergés dans l’Atlantique

C'est dans le cadre de deux opérations coordonnées à l'époque par l'Agence pour l'énergie nucléaire (AEN) de l'OCDE que la France avait procédé à ces immersions, aux côtés de nombreux autres pays européens.

Plus de 14 000 tonnes de déchets radioactifs ont été immergées à la fin des années 1960 par la France dans des fosses de l’Atlantique, rappelle l’Andra à l’occasion de son inventaire national publié mercredi. Cette pratique a ensuite été abandonnée en 1983. Le Monde.fr avec AFP  11.07.2012

C’est dans le cadre de deux opérations coordonnées à l’époque par l’Agence pour l’énergie nucléaire (AEN) de l’OCDE que la France avait procédé à ces immersions, aux côtés de nombreux autres pays européens. En 1967, l’Allemagne, la Belgique, la France, le Royaume-Uni et les Pays-Bas ont ainsi immergé environ 11 000 tonnes de déchets (36 000 fûts) dans un site à 400 km au large de la Galice (Espagne) par plus de 4 600 mètres de fond.

Ces déchets, liquides et directement évacués dans la mer ou solides et emballés dans des fûts métalliques, représentaient une radioactivité de l’ordre de 300 térabecquerels. A titre de comparaison, l’accident survenu à la centrale japonaise de Fukushima en mars 2011 a relâché plusieurs dizaines de millions de milliards de becquerels dans l’atmosphère et l’océan Pacifique.

CENTRE DE STOCKAGE DANS LA MANCHE

En 1969, une nouvelle opération, regroupant cette fois la Belgique, la France, le Royaume-Uni, l’Italie, les Pays-Bas, la Suède et la Suisse s’est traduite par l’immersion d’environ 9 000 tonnes (de l’ordre de 900 TBq) sur un site à 900 km à l’ouest de la Bretagne, à une profondeur comprise entre 4 000 et 4 600 mètres. La France a cessé ces immersions avec l’ouverture, la même année, de son Centre de stockage de la Manche, fermé depuis lors.

Mais l’AEN a poursuivi les campagnes d’immersion jusqu’à un moratoire signé en 1983, sur un seul site au large du golfe de Gascogne, utilisé par la Belgique, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Suisse. La France n’a jamais déversé ses déchets nucléaires dans la Manche.

En revanche, avant que l’AEN n’encadre les opérations (de 1949 à 1966), le Royaume-Uni, et la Belgique dans une moindre mesure, ont immergé leurs déchets dans la fosse des Casquets, à 15 km seulement au nord-ouest des côtes françaises du cap de La Hague.

La France a également utilisé deux sites du Pacifique, à proximité de l’atoll de Mururoa, où elle effectuait des essais nucléaires militaires, pour immerger des déchets par plus de 2 000 mètres de fond. Ces déchets, conditionnés ou non, ont été coulés entre 1972 et 1982 et représentaient au total quelque 2 500 tonnes, pour environ 70 milliards de becquerels.

Le Japon suspend le retraitement du combustible nucléaire?!

Selon le Mainichi du 8 mai le gouvernement a proposé mardi  une motion de la Commission de l’énergie atomique du Japon visant une décision politique concernant le cycle du combustible nucléaire du pays et de suspendre momentanément le fonctionnement de l’usine de retraitement de combustible nucléaire dans le nord du Japon, ont indiqué des responsables.

Selon la proposition, La  Japan Nuclear Fuel Ltd « S L’usine  utilisée pour le retraitement du combustible dans le village de Rokkasho, dans la préfecture d’Aomori, sur la pointe nord de l’île japonaise de Honshu, serait limitée à des opérations de test ou serait stoppée. 9 May 2012, Information rapportée par Etienne Servant

Un rappel: l’usine de Rokkasho construite avec le concours d’ AREVA ne serait toujours pas opérationnelle. Elle a pour but de retraiter les déchets ( à heuteur de 12 % en réalité)  pour en extraire le plutonium utilisable pour la fabrication de combustible MOX utilisable à 100% dans les EPR et ( impliqué dans l’explosion du  réacteur 3 de Fukushima malgré les mises en gardes de Greenpeace aux USA) ou de bombes H.

Le retraitement des barres de MOX hautement radioactives même après utilisation dans un réacteur  suppose une mise en piscines pendant plusieurs dizaines d’années avant un nouveau retraitement…

Le plutonium illustre et engage la fuite en avant vers la filière nucléaire  4 avec ASTRID réacteur experimental inspiré de Superphenix qui a été abandonné par la France ( Gouvernement Jospin)

La prise de position du Japon vis à vis de la filière du retraitement et l’avis des experts cité dans le billet suivant:

https://leblogdejeudi.wordpress.com/2012/05/10/des-experts-proposent-denfouir-les-stocks-de-plutonium/

illustre les doutes de la communauté scientifique suite à Fukushima et aux impasses humaines et économiques qu’elle induit.

Ici La Hague, GREENPEACE AIRWAYS en approche…

La filière nucléaire française vante la sécurité de ses installations. Notamment contre les risques aériens. Les sites les plus sensibles sont théoriquement interdits de survol. Or,OWNI met en ligne une vidéo inédite réalisée par un engin de Greenpeace survolant le site de La Hague, le plus dangereux de tous. L’ONG publie aujourd’hui un rapport sur l’absence de prise en compte de ces risques par les responsables français. Bienvenue à bord, sur une petite musique de Vivaldi. LE 2 MAI 2012 

Les sites nucléaires peuplent les campagnes françaises : 58 réacteurs et autres installations potentiellement exposés à des accidents provoqués par des causes extérieures. Séismes, inondations ou chutes d’avion… Pour limiter ce dernier risque, théoriquement, le survol des sites les plus importants est strictement interdit à basse altitude. Une interdiction que Greenpeace a voulu mettre à l’épreuve des faits.

Or, fin 2011, un engin de l’organisation est parvenu à survoler pendant plusieurs minutes, sans être inquiété, le site de La Hague où sont stockés des centaines de tonnes de déchets radioactifs en attente de retraitement, comme le montre une vidéo de l’ONG que nous mettons en ligne aujourd’hui (voir plus bas).

Ce matin, après avoir fait atterrir un militant au sein de la centrale du Bugey, Greenpeace rend public le rapport d’un scientifique (version complète en anglais et résumé en français au bas de l’article) consacré à ce sujet. En ligne de mire : les risques en cas de crash aérien sur les installations françaises. Et l’éventuelle prise en charge de ces risques par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) française et les exploitants du parc nucléaire.

Le survol de La Hague

La Hague, située à quelques kilomètres de Cherbourg, est le site de retraitement de déchets radioactifs en France. Il reçoit régulièrement les combustibles des centrales françaises et étrangères – allemandes notamment. Pourvu après les attentats du 11 septembre, entre octobre 2001 et mars 2002, de missiles sol-air destinés à abattre les avions en survol, le site est toujours sous surveillance rapprochée. Mais l’ONG, maitresse en matière d’intrusion, prouve cette fois qu’il est possible de se promener dans les airs au-dessus de cette installation nucléaire :

Effectuée à moins de 3 900 pieds (limite minimale de survol de cette installation nucléaire), l’opération a pour objectif selon Sophia Majnoni, chargée des questions nucléaires pour Greenpeace France, “de montrer que l’espace aérien interdit était pas vraiment interdit”. Précisant que le site de La Hague a été choisi pour les quantités importantes de matières radioactives qu’il contient :

C’est le lieu en France dans lequel il y a le plus stockage de matière radioactive, à la fois des piscines de combustibles irradiés et à la fois du plutonium. Il existe un certain nombre de normes sur les réacteurs qui ne s’appliquent pas pour les piscines. Pourtant après le 11 septembre, c’est le seul site où des systèmes de surveillance ont été mis en place : des missiles et un radar. Il y a des avions qui passent au-dessus de la Hague et de Flamanville. Il y a aujourd’hui un radar qui prévient un avion de chasse. Qui lui met 6 minutes pour intervenir, pour tirer. Mais est-ce qu’on peut tirer sur un boeing ? Pour les réacteurs, ils n’ont jamais pris en compte la chute d’un avion de ligne et pour les piscines ils n’ont pas pris en compte les chutes tout court. Elles sont encore moins protégées. La protection est hyper minimaliste.

Après Fukushima, Sophia Majnoni, regrette que “les catastrophes non naturelles n’aient pas été étudiées dans les stress-tests de l’Autorité de sûreté nucléaire :

La chute d’un avion de ligne c’est peu probable donc pour eux, on ne les prend pas en compte. Avant Fukushima, ils pouvaient être cohérents en disant qu’ils avaient une approche probabiliste. Or après Fukushima, cette approche de calcul de probabilité a été remise en cause. (Mais) seulement pour les catastrophes naturelles ! Les Allemands l’ont fait, les Suisses l’ont fait, mais pas la France. Il faudrait qu’en France la sécurité soit dans le giron de l’ASN au même titre que la sûreté. Notre souhait c’est d’avoir un audit sur le sujet.

Zéro risque ?

Dans le rapport, une cinquantaine de pages analyse la sûreté des installations du parc nucléaire français vis-à-vis du risque chute d’avion. Le rapport fait état de l’absence de prise en compte du risque d’accident d’avion de ligne sur une centrale mais aussi à ses abords : si le dôme au-dessus du réacteur protège le réacteur en lui-même, les installations annexes ne bénéficient pas du même degré de protection.

Ainsi le consultant spécialiste du nucléaire, John Large – à qui Greenpeace a commandé l’analyse -, explique que les problèmes peuvent être de l’ordre de ceux de Fukushima, soit plusieurs facteurs qui amèneraient la centrale à souffrir d’un accident qui ne toucherait pas directement le réacteur :

La chute d’un avion pourrait couper la centrale des sources d’approvisionnement électrique situées à l’extérieur du site et, simultanément, empêcher les groupes électrogènes de secours sur le site de fonctionner. Dans une telle situation, la centrale devrait faire face à une coupure de courant prolongée, et le refroidissement du réacteur et des piscines de désactivation ne serait plus assuré (comme cela a été le cas à Fukushima).

John Large pointe également du doigt la stratégie paradoxale de l’ASN qui dit “estime[r], en s’appuyant sur les rares événements précédents, que la possibilité d’une chute accidentelle d’un avion de ligne commercial est si faible qu’elle est donc improbable. Ces nuances mises à part, l’ASN participe pourtant à un “groupe ad-hoc sur la sécurité nucléaire (AHGNS) de l’Union européenne, chargé d’analyser les menaces liées aux attaques terroristes dans le cadre du ‘volet sécurité’ [‘Security Track’] mis en place en parallèle des stress-tests post Fukushima effectués sur toutes les centrales européennes […].

Lire: 10140 tonnes

Loin d’être suffisant, selon le scientifique, qui considère que l’autorité de contrôle de la sécurité des installations nucléaires “exonère l’exploitant de la nécessité de se préparer à une chute d’avion, estimant qu’il s’agit d’un acte de guerre.”

Contestant la méthode utilisée – ” prendre en compte la simulation du crash d’un avion de combat militaire (d’environ 20 000 kilos) et de l’extrapoler à un avion commercial (pouvant peser plus de 130 000 kg), “ -, il soulève également le problème des réactions des travailleurs de l’installation :

Il est tout à fait possible qu’une bonne partie du personnel se sente dépassée et incapable de réagir si un avion venait à s’écraser sur le site. La centrale serait alors livrée à elle-même, en l’absence de tout contrôle.

Vulnérabilité

Yves Lenoir a travaillé pour le gouvernement de Basse-Saxe lors de la préparation du projet d’usine de retraitement de Gorleben et de son stockage de déchets radioactifs. Il est aujourd’hui président de l’association Enfants de Tchernobyl Bélarus. Co-auteur de Tchernobyl-Sur-Seine1, il nous a confirmé la nécessité de prendre en considération, sérieusement, ces risques :

Vous avez le coeur du système, en général une enceinte simple ou double disposée autour de la cuve et des générateurs. Ensuite, sortent de l’enceinte des canalisations, quasi à l’air libre pour aller en salle des machines. Il y a aussi une alimentation électrique par le réseau extérieur et donc un risque de destructions de ces lignes électriques si un avion tombe. Il va détruire les communications de sortie et d’entrée de courant de la centrale. Qui sera entièrement dépendante des moyens de secours internes. Et puis imaginez qu’un gros porteur tombe avec ses 90 tonnes de carburant, il va mettre le feu à tout. Même s’il n’est pas tombé sur le bâtiment principal, les canalisations ne sont pas protégées.

Les calculs de l’ASN et des autres instances sont établis à partir de modélisation de la chute d’un avion de chasse sur une cuve de réacteur. Hormis les conséquences sur les abords de l’installation, l’avion de chasse pourrait aussi provoquer bon nombre de réactions en chaine.

Il y a deux types de chocs, celui d’un avion de chasse ou d’un avion avec peu de carburant et celui d’un avion de ligne. Le poids – très lourd – de l’avion de chasse, combiné au fait qu’il vole très vite, amène la chute de l’avion à être un choc dur. Sur une usine de retraitement, à une vitesse de 250m/s – caractéristiques étudiées par les instances -, la masse de l’avion est concentrée sur 1 ou 2 mètre carré. S’il tombe sur l’élément le plus résistant de l’installation telle que l’enceinte double, il passe au travers de la première enceinte mais ne perfore pas la seconde. En revanche, comme cette deuxième enceinte est élastique, elle se déforme et va déformer l’intérieur de la cuve. Le béton va avoir tendance à se disloquer donc se fissurer. Et occasionner desmissiles secondaires ou blocs de béton de quelques centaines de kilos qui se détachent et voyagent dans le bâtiment. À 250m/s, les blocs de béton bougeront à 100m/s à l’intérieur. Les simulations et les tests montrent qu’ils peuvent détruire des câbles, de l’instrumentation, des canalisations secondaires, etc… Et même si le bâtiment à l’extérieur a l’air d’avoir résisté au choc, à l’intérieur il y a des dégâts.

Autre scenario : celui d’un crash d’un avion commercial. Yves Lenoir explique que “Le fuselage de l’avion peut taper dans le bâtiment du réacteur, de biais ou sur une partie arrondie. Et il pourra glisser. Le choc va endommager de manière considérable l’enceinte extérieure mais ne devrait pas provoquer trop de dégâts sur l’enceinte intérieure. Sauf que les ailes peuvent chuter sur les câbles, le kérosène provoquer un incendie, etc. Et s’il touche la salle de contrôle, quel est le niveau de protection ? Si le bâtiment n’est pas bunkerisé comme l’est le bâtiment réacteur, je donne pas cher de ce qu’il se passe à l’intérieur.” Parler ouvertement de ce genre de risque, pour le scientifique, “ce n’est pas être alarmiste :

Parce que, finalement, regardée comme ça, une chute d’avion, c’est comme le tsunami de Fukushima. C’est un cas extrême mais on a vu que le cas extrême devenait très probable dans certaines circonstances. En France on a des centaines d’avions qui décollent en permanence. Si incendie il y a, il peut y avoir un Fukushima français. Le dire ce n’est pas être alarmiste, c’est les mettre face à leurs responsabilités.

D’autant que déjà en 2001, le directeur de l’ASN – loin d’être rassurant – déclarait selon Areva (ex-Cogema) :

Comme l’a rappelé le directeur de l’Autorité de sûreté nucléaire dans des déclarations ces derniers jours, aucune installation nucléaire n’a été conçue pour résister à la chute d’un avion de ligne.


http://owni.fr/2012/05/02/greenpeace-survole-la-hague-nucleaire-atomique/

Illustration via la galerie Flickr de X-Ray Delta One [CC-bysa]. Edition par Ophelia Noor pour Owni.
Captures d’écran de la vidéo de Greenpeace, Coucou !

  1. édité chez Calmann-Levy []
 

La Hague : Areva mis en demeure de respecter la réglementation sur le risque incendie

Lors d’une visite inopinée sur le site de retraitement de combustibles irradiés de La Hague le 16 février dernier, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a constaté « plusieurs lacunes sérieuses dans la prise en compte du risque d’incendie pour les opérations soumises à permis de feu ». Ces lacunes concernent les activités de soudage, de meulage ainsi que divers procédés de découpe par point chaud réalisées lors d’opérations de maintenance ou de démantèlement d’installations de La Hague, activités qui « engendrent un risque de départ de feu ».
12 10:52:43/04/2012 –
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CRILAN: Non au train train de la plutonium connection…

La quasi totalité des contrats étrangers d’extraction du plutonium à la Hague sont arrêtés…Sauf pour le petit contrat étranger hollandais : un train arrive encore ce jeudi matin 8 mars, tôt, au terminal de Valognes en provenance de Borselle ( Pays-Bas). COMMUNIQUÉ  du 5 mars 2012:  

Son chargement ira grossir les combustibles usés de plus d’une centaine de coeurs de réacteurs qui sont aujourd’hui stockés dans les piscines de la Hague vulnérables aux attentats.

 Le CRILAN rappelle, une nouvelle fois, qu’il s’est opposé, depuis sa création, à l’extraction du plutonium civil et militaire pour quelque pays que ce soit.

Il ne s’est jamais opposé aux retours des déchets à leurs producteurs mais a toujours dénoncé les arrivées des combustibles irradiés : c’est à chaque pays, chaque producteur industriel de gérer ses propres sales problèmes.

 C’est sur ce principe, qu’avec l’UR-CFDT, il avait bloqué un train de combustibles allemands à Mézidon, train qui avait été retourné à la centrale de Biblis en fin d’été 1981.

C’est aussi pourquoi, il avait obtenu la mise en examen de COGEMA et la perquisition de son siège à Vélizy,en 1999,  pour stockage illégal de déchets étrangers.

Le CRILAN, dans notre région, réaffirme son soutien aux luttes aujourd’hui centrées contre l’EPR de Flamanville et ses lignes THT.

Il rappelle qu’il organise, le 11 mars, une réunion-débat à FLAMANVILLE même, à la salle des fêtes, à 15 heures précises pour le premier anniversaire de la catastrophe de Fukushima

avec le témoignage de:

la japonaise Haruko Sakaguchi,

Pierre Barbey (ACRO) et

Didier Anger .

Nucléaire en Cotentin, économie locale et dépendances

Région la plus nucléarisée du monde, le Cotentin est  un havre d’emplois dans un état pro-nucléaire et une Normandie touchée  par la crise. L’onde de choc de Fukushima  peine encore à atteindre le Cotentin.

Le retraitement est questionné, les stocks de matières radioactives des piscines de la Hague aussi. L’EPR en construction à Flamanville est mis en cause officiellement alors que depuis des années EDF et AREVA ont fait la sourde oreille ou minimisé les critiques, y compris celles venant de l’ASN.

Nombreux sont les sociologues, cinéastes, médecins et  écologistes  à avoir tenté de comprendre et expliquer la nouvelle réalité socio économique de cette région quasi insulaire et acquise au nucléaire . Ils ont très souvent fait l’objet de rejets

Difficile en effet de questionner  une industrie dont dépend toute une région sans observer un mutisme de circonstance.

On ne parle pas de ces sujets-là dans le Cotentin même si on sait que des cheminées de Flamanville et de la Hague, de l’émissaire marin de l’Anse des Moulinets s’échappent des radionucléides de forte (mais légale..) intensité.

Le Cotentin est un Fukushima qui s’ignore en raison de structure mentale collective induite par le nucléaire, par l’anesthésie de la pensée  devenue captive.

Le document complet en Pdf Nucléaire en Cotentin