OGM : le Haut conseil des biotechnologies réfute les conclusions de Séralini

L’étude de Gilles-Eric Séralini est de nouveau remise en question. Lundi 22 octobre, le Haut conseil des biotechnologies (HCB) a réfuté les conclusions du biologiste de l’université de Caen sur la toxicité d’un maïs génétiquement modifié, mais il a recommandé une étude « indépendante » de long terme sur ce maïs. Le Monde.fr avec AFP  22.10.2012 

Bof, on s’attendait à cette position du lobby agrochimique. Comme en matière nucléaire ces gens veulent faire  la loi. 

Maïs génétiquement modifié au Mexique.

Le HCB, mandaté par le gouvernement pour examiner, pendant un mois, l’étude controversée, estime qu’il n’y a « pas de causalité entre les événements observés et la consommation de maïs NK603, traité ou non avec l’herbicide Roundup ». Selon cette étude, la consommation du maïs transgénique NK603 et d’un herbicide contenant du glyphosate (Roundup) de Monsanto par des rats était associée à un risque accru de tumeurs.

« Le dispositif expérimental mis en œuvre est inadapté aux objectifs de l’étude », juge également le HCB. Et de relever « un nombre de rats par groupe insuffisant (…) pour pouvoir conclure à des effets statistiquement significatifs ». L’organisme relève en outre une « présentation des résultats parcellaire et imprécise ».

Lire :  Le protocole d’étude de M. Séralini présente des lacunes rédhibitoires et OGM : les vrais et faux arguments du Pr Séralini

« Les conclusions d’effets délétères de la consommation de maïs NK603 ne sont pas soutenues par l’analyse des résultats présentés dans l’article », publié dans la revue scientifique Food and Chemical Toxicology le 19 septembre, conclut le HCB. L’organisme estime donc que « cet article ne remet pas en question les conclusions des évaluations précédentes sur cet OGM ».

MENER UNE ÉTUDE « INDÉPENDANTE »

 

Le biologiste Gilles-Eric Séralini (au centre), dans son laboratoire, à Caen, en septembre 2012.

 

Le HCB recommande toutefois qu’une « étude de long terme, indépendante et contradictoire soit entreprise sous l’égide des pouvoirs publics quant à la sécurité sanitaire du maïs NK603 ». Tout en jugeant que l’article du Pr Séralini« n’est pas conclusif », le Haut conseil veut néanmoins « répondre aux interrogations de la société » sur l’innocuité de ce maïs OGM.

Gilles-Eric Séralini avait estimé, la semaine dernière, avoir été « extrêmement mal reçu » au HCB. « Je ne comprends pas cette agressivité de la part d’agences, si ce n’est que mon travail démontre leur laxisme », a-t-il déclaré. Le Pr Séralini a reconnu que son étude avait « des limites statistiques, comme toutes les études faites avec dix rats » par groupe étudié. « Mais l’EFSA [l’agence européenne] a autorisé des maïs transgéniques sur la foi d’études avec 5 ou 6 rats, des travaux produits par l’industriel lui-même qui ne communique pas les données brutes de l’étude », déplore le biologiste.

Lire : OGM : Séralini appelle à mettre fin à quinze ans de ‘débat stérile’

FEU DE CRITIQUES

Depuis la publication de son étude, le travail du chercheur a été sous le feu des nombreuses critiques de la communauté scientifique. Vendredi, fait rare, six académies nationales (agriculture, médecine, pharmacie, sciences, technologies et vétérinaire) ont publié un texte commun dans lequel elles se montrent très sévères avec l’étude en question : « un non-événement scientifique » dont « les nombreuses insuffisances » ne permettent « aucune conclusion fiable ». Plusieurs aspects de son étude sont visés : la taille des échantillons, le type de rats utilisés pour l’expérience (connu pour développer des tumeurs), le manque de précisions sur la composition des menus administrés aux rats, la faiblesse des modèles statistiques.

Lire : OGM : six académies pointent les insuffisances » de l’étude Séralini »

L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) avait également estimé que l’étude de M. Séralini était « inadéquate » et « insuffisante » pour remettre en question l’innocuité de ce maïs. L’agence sanitaire allemande est allée dans le même sens.

Lire : L’étude sur les OGM de M. Séralini rejetée par les experts européens

L’agence sanitaire française (Anses) doit rendre son avis cet après-midi. Le ministre de l’agriculture Stéphane Le Foll attend pour prendre position sur le dossier, mais il a indiqué que, « quoi qu’il arrive », il souhaite « poser la question globale des protocoles d’autorisation sur les OGM ». La France, comme d’autres pays (Autriche, Hongrie, Grèce, Luxembourg, Roumanie, Bulgarie), a déjà pris ses distances avec certaines décisions européennes sur les OGM, comme sur le maïs MON810 de Monsanto, dont elle interdit la culture.

OGM : Séralini « Nous n’attendons rien de l’Efsa »

Le chercheur Gilles-Eric Séralini répond à l’autorité européenne de sécurité alimentaire, qui juge son étude « insuffisante » et réclame des précisions. Par  04-10-2012 

Gilles-Eric Séralini dénonce les conditions d'opacité dans lesquelles ont été réalisées les évaluations de l'Efsa. (JACQUES DEMARTHON / AFP)

Gilles-Eric Séralini dénonce les conditions d’opacité dans lesquelles ont été réalisées les évaluations de l’Efsa. (JACQUES DEMARTHON / AF

Le chercheur français Gilles-Eric Séralini a répondu jeudi 4 octobre à l’Efsa (Autorité européenne de sécurité des aliments) qui a jugé son étude insuffisante. 

Le professeur de l’université de Caen, qui a dirigé une étude choc sur un maïs OGM de Monsanto, a indiqué au « Nouvel Observateur » : « Nous n’attendons rien de l’Efsa, lourdement mise en cause pour conflits d’intérêts sur les OGM, comme je l’écris dans mon livre. De plus, l’agence est juge et partie en ayant autorisé les produits que nous avons évalués à long terme et dont nous avons publié les résultats dans l’une des meilleures revues mondiales de toxicologie ». 

Gilles-Eric Séralini dénonce les conditions d’opacité dans lesquelles ont été réalisées les évaluations de l’Efsa : « L’Efsa, pour autoriser ces mêmes produits, a travaillé de manière laxiste à très court terme, avec les données problématiques et très très ‘insuffisantes’ de Monsanto, qu’elle garde anormalement secrètes. Nous demandons immédiatement un accès public sur internet à ces données ». Pour l’heure, il maintient qu’il ne donnera aucune donnée supplémentaire à l’Efsa. 

Une étude « insuffisante »

L’EFSA a jugé « insuffisante » l’étude du chercheur français sur la toxicité du maïs NK 603 du groupe Monsanto et lui a demandé de fournir davantage d’informations sous peine de la rejeter. « Sans ces éléments, il est peu probable que l’étude se révèle fiable, valide et de bonne qualité », indique l’EFSA dans un communiqué. L’examen préliminaire publié jeudi « constitue la première étape d’un processus qui se déroulera en deux phases. Une seconde analyse, plus complète, sera publiée d’ici la fin octobre », précise l’EFSA. (> Lire notre dossier ici

L’avis préliminaire est la conclusion d’une analyse de l’article publié par le chercheur français dans la revue Food and Chemical Toxicology. Les résultats de cette étude choc sur l’alimentation d’un groupes de rats avec le NK 603, publiés par « Le Nouvel Observateur », établissaient la toxicité du maïs OGM. 

Avec agences

SUR LE MÊME SUJET

L’auteur d’une étude choc sur un OGM se dit attaqué par des lobbies

Le professeur Gilles-Eric Séralini, qui a dirigé une étude choc sur la toxicité d’un OGM, en cours d’examen par les autorités sanitaires, s’est dit lundi attaqué de manière extrêmement malhonnête par des lobbies en réponse aux critiques sur son étude dévoilée mercredi. AFP 24 09 12. Voir en bas  » Vive les controverses » par Guillaume Malaurie (Nouvel Obs)

Je suis attaqué de manière extrêmement malhonnête par des lobbies qui se font passer pour la communauté

scientifique. C’est le même lobby qui a permis l’autorisation de ces produits et qui est activé par les entreprises de biotechnologies, a estimé l’universitaire de Caen interrogé par l’AFP.

C’est une entreprise de salissement de l’individu pour essayer de discréditer son travail parce que la conséquence, ce
serait qu’on les (les entreprises de biotechnologies, ndlr) oblige à faire des études à long terme, a ajouté M. Séralini, répétant qu’il venait de publier l’étude la plus longue et détaillée jamais faite sur un OGM.

Cette étude du maïs NK 603 et du Round Up, produits par Monsanto et importés en Europe, menée sur 200 rats pendant deux ans, a été publiée dans la revue Food and Chemical Toxicology, qui a aussi publié par le passé des travaux favorables aux OGM.

Il est en particulier reproché à cette étude de porter sur un trop petit nombre de rats: des groupes de 10 rats soumis à des traitements
différents, et sur une race de rats qui a tendance plus que d’autres à développer des tumeurs.

Toutes les études du monde sont faites là-dessus (des échantillons de 10, ndlr). Le NK 603 a été autorisé sur cette base. Si on ne peut pas tirer de conclusions il faut aussi tout de suite interdire tous les OGM, répond le professeur qui ajoute que la pomme de terre OGM de BASF a été autorisée avec des tests sur cinq rats.

Tout ceux qui ont aboyé (contre l’étude) sont à l’origine de l’autorisation de ces produits, et ils l’ont fait sur la base de tests sur la même souche rat, avec des échantillons de 10 rats pendant seulement trois mois et avec pas avec autant de tests, ajoute M.
Séralini, c’est ridicule.

Le professeur se dit conscient que son étude a ses limites et je l’ai dit dans mon livre (à paraître mercredi). On pourrait faire (des groupes de) 50 rats mais c’est aux pouvoirs publics de financer, ça ne peut plus être un laboratoire indépendant qui finance 20 millions d’euros, a-t-il ajouté.

Dans son étude les groupes de rats traités meurent plus tôt sauf un, qui présente des problèmes rénaux graves, insiste le chercheur qui a observé chez les rats traités une explosion des tumeurs ou des affections des reins et du foie au 11e et 12e mois, qui correspond à l’âge de 35/40 ans chez l’homme.

Et on ne se base pas que sur ces courbes de mortalité ou de tumeurs. C’est corroboré statistiquement par la biochimie et par l’observation d’organes et de tumeurs sur 200 rats. On sait de quoi les rats sont morts, ajoute M. Séralini qui réaffirme que son étude conclut clairement que la toxicité de cet OGM est prouvée.

L’étude a coûté plus de 3 millions d’euros, financés notamment par les fondations Ceres et la Fondation Charles Leopold Meyer pour le progrès pour l’homme. Auchan et Carrefour l’ont également aidée.

Les fonds ont été gérés par le Comité de recherche et d’information indépendantes sur le génie génétique (Criigen), indépendant des compagnies de biotechnologies et dont M. Séralini préside le conseil scientifique.

Afp

 

Point de départ de cette affaire:

OGM : gros dégâts chez les rats

Une étude inédite par sa durée et inquiétante par ses résultats prouve la dangerosité d’un maïs transgénique de la firme Monsanto.

 

Puis suit:

OGM : l’auteur de l’étude refuse une contre-expertise de l’agence européenne des aliments

Selon le professeur Séralini, l’EFSA se mettrait en conflit d’intérêt, puisque c’est elle-même qui a autorisé la mise en vente du maïs transgénique incriminé.

 Voir aussi

 http://planete.blogs.nouvelobs.com/archive/2012/09/24/ogm-vive-les-controverses.html

« S’agissant de la santé publique, ça valait bien sept pages dans un hebdomadaire national. Et nous invitons nos lecteurs à suivre la controverse qui va se poursuivre sur le site du « Nouvel Obs ». 

Guillaume Malaurie

OGM. C Lepage : « Tout est organisé pour qu’il n’y ait pas de recherches! »

Après les révélations du « Nouvel Observateur » sur la toxicité des OGM, l’ex ministre de l’Environnement, Corinne Lepage, met les pouvoirs publiques face à leurs responsabilités.Par  Nouvel Obs  19-09-2012

Corinne Lepage s’est intéressée très tôt à la toxicité possible des OGM en fondant en 1999 le Criigen (Comité<br /><br />
de Recherche et d’Information indépendantes sur le génie génétique).<br /><br />
(Capture d'écran)

Corinne Lepage s’est intéressée très tôt à la toxicité possible des OGM en fondant en 1999 le Criigen (Comité de Recherche et d’Information indépendantes sur le génie génétique). (Capture d’écran)


Après la publication des résultats de l’étude sur la toxicité des OGM dans « Le Nouvel Observateur » du 20 septembre, c’est l’heure des comptes pour Corinne Lepage, ministre de l’environnement de 1995 à 1997, député européenne et présidente d’honneur du Criigen (Comité de recherche et d’information indépendantes sur le génie génétique).« C’est une première mondiale, tout simplement parce qu’il n’y a pas d’étude menée sur des rats ayant consommé des OGM pendant deux ans et avec des analyses aussi poussées que celles que nous avons faites. Tout Etat normalement constitué aurait du faire une telle étude! »

Pourquoi ne l’ont-ils pas fait ? « Parce que tout le système est organisé pour qu’il n’y en ait pas, répond Corine Lepage. Ca commence d’abord avec l’impossibilité d’avoir accès aux semences parce que Monsanto interdit que ces semences puissent être utilisées à des fins de recherche. Ça continue avec le fait qu’une majorité d’Etats ont œuvré pour que des études à long terme ne soient pas faites. Quant aux études à court terme sur 90 jours, elles sont très insuffisantes. Et l’Agence européenne de sécurité sanitaire et alimentaire (EFSA) n’a jamais été très curieuse pour aller beaucoup plus loin. »

Aujourd’hui, l’ancienne ministre entend demander des actions aux politiques et aux experts, français et européens : « La première chose à faire c’est qu’une étude similaire soit mise en œuvre avec des fonds publiques et menés par un organe indépendant, qu’il y ait un étiquetage correct permettant à chacun de pouvoir consommer des filières sans aucun OGM. Et il va falloir se poser la question du maïs, du soja, du colza importés des Etats-Unis, pour lesquels nous n’avons pas d’études suffisantes sur l’impact sanitaire. »

> A lire : des extraits du livre de Corinne Lepage, « la Vérité sur les OGM, c’est notre affaire! » et le dossier complet « Oui, les OGM sont des poisons ! » dans « le Nouvel Observateur » en kiosque le 20 septembre.

Lobbying pro-OGM : « Voyages, cadeaux et un peu plus… »

Jean-François Le Grand, président du Conseil général de la Manche, a suivi le dossier OGM en 2007, alors qu’il était sénateur UMP. Et laissé des plumes. Il réagit à l’étude sur la toxicité du maïs NK 603. Nouvel Obs 20-09-2012 par 

Jean-François Le Grand, aujourd’hui Président du Conseil Général de la Manche, est un des hommes politiques qui a suivi le plus à fond la question des OGM. Et y a laissé des plumes. (IBO/SIPA)

Jean-François Le Grand, aujourd’hui Président du Conseil Général de la Manche, est un des hommes politiques qui a suivi le plus à fond la question des OGM. Et y a laissé des plumes. (IBO/SIPA)

Jean-François Le Grand, aujourd’hui président du Conseil Général de la Manche, est un des hommes politiques qui a suivi le plus à fond la question des OGM. Alors sénateur UMP, il fut en 2007 président de l’atelier OGM au Grenelle de l’environnement, puis de la Haute Autorité provisoire sur les OGM.

Pour avoir exprimé des doutes lors de la première lecture du projet de loi OGM en janvier 2008, il était mis brutalement en minorité dans son propre groupe politique et privé de la présidence du Haut Conseil des Biotechnologies. Il avait alors accusé publiquement ses détracteurs d’être les relais des lobbys pro-OGM. Jean-François Le Grand a récemment quitté l’UMP pour protester contre sa droitisation.

Votre réaction après l’étude de Gilles-Eric Séralini

– Je connais bien Séralini et j’ai découvert les résultats de son travail dans la presse. Sous réserve des expertises, je ne peux que me réjouir que la recherche se poursuive sur les impacts des organismes génétiquement modifiés. C’est bien le type d’étude que je réclamais en 2008 à corps et à cris. Gilles-Eric Séralini a été vilipendé. Moi, je peux vous dire que c’est un chercheur parfaitement honnête et très respectueux des procédures scientifiques.

Les conclusions de son travail corroborent-elles les doutes que vous aviez ?

– A l’époque, je soulevais plusieurs objections. D’abord sur les risques pris pour la biodiversité. Les impacts sur de nombreux animaux du sol, comme les lombrics, et insectes non ciblés par les pesticides employés posaient un premier problème. La seconde objection portait sur la semence OGM que l’agriculteur ne pouvait réemployer et qu’il devait racheter chaque année. La menace d’un contrôle de l’agriculture mondiale par les firmes semencières tuait à terme la liberté économique. Pour ce qui concerne, la santé humaine, il me semblait que les recherches n’étaient pas suffisantes. Qu’il fallait en mener d’autres pour pouvoir se prononcer.

Les oppositions avec vos collègues UMP furent extrêmement violentes…

– On peut le dire ! J’ai d’ailleurs perdu la partie et j’ai été littéralement mis au ban du groupe UMP du Sénat. Vous savez, je suis d’abord un gaulliste et j’ai finalement quitté l’UMP pour d’autres raisons, la droitisation du parti, il y a deux ans et demi.

– Vous aviez alors mis en cause vos collègues pour collusion avec les lobbys semenciers…

Précisons bien : je parlais d’une collusion avec un lobbying qui sortait du cadre de l’éthique admise.

Par exemple ?  

– Oh, ça passait par divers cadeaux : voyages, réceptions et un peu plus…

Propos recueillis par Guillaume Malaurie le 20 septembre 2012. 

SUR LE MÊME SUJET

Bové : « Je demande l’interdiction des 2 OGM autorisés dans l’UE »

José Bové a appelé ce matin le Commissaire européen John Dalli chargé de la Santé et de la Politique des consommateurs. 20 09 2012

« Je lui ai demandé que soient interdits les deux OGM autorisés dans l’Union Européenne [le maïs Monsanto 810 et la pomme de terre Amiflora, NDLR]. Je lui ai demandé également la suspension des importations de soja et de maïs OGM des Etats-Unis du Brésil ou d’Argentine. »

http://tempsreel.nouvelobs.com/ogm-le-scandale/20120919.OBS2810/bove-je-demande-l-interdiction-des-2-ogm-autorises-dans-l-ue.html

OGM: TOUS COBAYES ?

Le Film La bande annonce http://www.touscobayes-lefilm.com

De 2009 à 2011, et dans le secret le plus absolu, le Professeur Gilles-Éric Séralini a mené au sein du *CRIIGEN, une expérience aux conséquences insoupçonnables.
Il s’agit de la plus complète et de la plus longue étude de consommation d’un *OGM agricole avec le pesticide Roundup faite sur des rats de laboratoire. Les conclusions sont édifiantes…
Après le terrible accident de Tchernobyl en avril 1986, l’invisible radioactivité a resurgit avec l’explosion de la centrale de Fukushima en mars 2011, causant des dégâts matériels, humaines et écologiques innommables.
OGM, Nucléaire : L’Homme s’est approprié ces technologies sans faire de tests sanitaires ni environnementaux approfondis alors que la contamination irréversible du vivant est réelle.
Serions-nous tous des cobayes ?
*Comité de Recherche et d’Information Indépendantes sur le génie Génétique.
*Le Maïs NK 603 de Monsanto, cultivé sur 80% du sol américain, importé en Europe avec le pesticide Roundup
 

OGM : le gouvernement prend l’étude de Séralini très au sérieux

Réagissant à l’étude de l’équipe Séralini/Criigen, les ministre de la Santé, de l’Environnement et de l’Agriculture ont annoncé des mesures d’urgence. Par  Le Monde 20-09-2012

Réagissant à l'étude de l’équipe Séralini/Criigen, les ministre de la Santé, de l'environnement et de l'agriculture ont annoncé des mesures d'urgence. (WITT/SIPA)

Réagissant à l’étude de l’équipe Séralini/Criigen, les ministre de la Santé, de l’environnement et de l’agriculture ont annoncé des mesures d’urgence. (WITT/SIPA)

La déclaration commune des trois ministres concernés Marisol Touraine (Santé), Delphine Batho (Environnement) et Stéphane Le Fol (Agriculture) après la publication, désormais officielle, de l’étude conduite par l’équipe de Gilles-Eric Séralinisur le maïs OGM NK 603, prend toute la mesure du débat qui vient de s’ouvrir.

Après la révélation par le « Nouvel Observateur » des résultats de l’étude, les trois ministres ont clairement fait comprendremercredi 19 septembre que l’étude de l’équipe Séralini n’est pas une étude plus. Mais l’étude qui manquait : « Cette étude semble confirmer l’insuffisance des études toxicologiques exigées par la réglementation communautaire en matière d’autorisation de mise sur le marché de produits transgéniques. »

Des mesures d’urgence

Première mesure, qui va de soi : la saisie de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) dont la légitimité et l’indépendance n’est pas contestée. Mais également du Haut Conseil des Biotechnologies, qui traverse en revanche une crise aiguë depuis plusieurs mois puisque des membres du collège « Société » ont démissionné (CFDT, FNSEA) à la suite des débats sur la coexistence des cultures OGM et non OGM.

Seconde mesure : la transmission « en urgence à  l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) de l’étude pour expertise. Une agence qui se trouve aujourd’hui dans une situation assez critique puisque le Parlement européen a refusé de lui voter son quitus pour son activité. Du fait des conflits d’intérêt qui s’étaient manifestés au plus haut niveau.

C’est donc d’abord sur la foi de l’expertise de l’Anses que le gouvernement se forgera un avis. Il faut savoir que cette autorité qui surveille notre sécurité alimentaire est aujourd’hui la plus importante agence de ce type en Europe. Et que sur d’autres sujets -sur le bisphénol A par exemple – elle n’hésite pas à affronter ses divergences avec son homologue européen.

Expertise de la plus haute importance car elle fondera, ajoute le communiqué commun, l’attitude du gouvernement à l’égard des instances européennes : le cas échéant, le gouvernement « demandera aux autorités européennes de prendre toutes les mesures nécessaires en termes de protection de la santé humaine et animale, mesures qui pourront aller jusqu’à suspendre en urgence l’autorisation d’importation dans l’Union européenne du mais NK 603, dans l’attente d’un réexamen de ce produit sur la base de méthodes d’évaluation renforcées. »

Les bras de fer commencent

L’hypothèse d’une « suspension en urgence de l’autorisation d’importation du maïs NK 603 » frapperait de plein fouet le principe de « l’équivalence en substance » qui est la règle officielle aux Etats-Unis, au Canada et à l’OMC (Organisation mondiale du commerce). Règle qui suppose qu’une plante OGM est identique à son homologue naturel. Qu’elle n’est donc soumise à aucun test, sur les animaux notamment, du type de celui en vigueur pour les pesticides et les médicaments.

Dans ce bras de fer prévisible entre les Etats-Unis et l’Europe, Bruxelles qui tente depuis des années de trouver une solution de compromis se trouve donc dans une position fort délicate. Il est à prévoir que le lobby agricole américain , inquiet à terme pour ses exportations de soja et de maïs, fasse une pression considérable sur Washington pour faire plier Bruxelles.

Un autre acteur pourrait cependant rentrer dans la danse : l’opinion. En Californie, la campagne pour le référendum sur l’étiquetage des produits OGM bat son plein. Si l’association de consommateurs gagne, c’est aux Etats-Unis même que le débat entre pro et anti OGM peur rebondir. Monsanto, qui n’a fait jusque là aucune déclaration, sait que c’est son modèle économique qui est en jeu. Si la firme se voit contrainte de multiplier des études à 100 millions d’euros sur chaque plante OGM, la rentabilité de ses produits risque de fondre comme neige au soleil.

SUR LE MÊME SUJET

Monsanto : la culture du maïs MON 810 interdite en France

Un communiqué du ministère de l’Agriculture a annoncé ce vendredi l‘interruption temporaire de la culture du maïs transgénique MON 810.

Afin de «protéger l’environnement», le gouvernement français a pris la décision de «prendre une mesure conservatoire visant à interdire temporairement la culture du maïs MON 810 sur le territoire national». Cette décision a été prise «en raison de la proximité des semis» précise le communiqué. La consommation du maïs en question est toujours autorisée mais avec une obligation d’étiquetage. Un arrêté sera publié dimanche au Journal officiel.
Le Conseil d’Etat avait annulé en novembre dernier le moratoire suspensif instauré par l’Etat en 2008 ne l’estimant pas suffisamment fondé. Nathalie Kosciusko-Morizet, alors ministre de l’Ecologie, avait annoncé le lancement d’une procédure en vue d’une nouvelle interdiction du MON 810. Dans la foulée, elle avait fermement recommandé aux agriculteurs tentés de se fournir en semence OGM de ne pas passer à l’acte. L’entreprise américaine Monsanto est connue pour les nombreux scandales sanitaires et les condamnations qui ont suivi, notamment en France en février dernier.Monsanto avait alors été jugé «responsable» de l’intoxication à herbicide en 2044 d’un agriculteur français.
LAMIA BARBOT
Photo : AFP

Tous droits réservés – Les Echos 2012

Industriels condamnés au principe de réalité

Par une étonnante coïncidence, deux tribunaux européens, à Turin et à Lyon, ont rendu le même jour, lundi 13 février, des décisions cruciales sur la toxicité de produits industriels. Bientôt un tribunal Russel  du nucléaire ?!

 

A Turin, deux dirigeants du groupe suisse Eternit, le géant de l’amiante, ont été condamnés à seize ans de prison pour leur responsabilité dans la mort de 3 000 personnes due à l’amiante sur quatre sites italiens du groupe. A Lyon, c’est le géant américain des phytosanitaires Monsanto qui a été reconnu responsable en première instance – il fait appel – de l’intoxication accidentelle d’un céréalier qui avait manipulé un désherbant, le Lasso.  LEMONDE  16.02.12

Voir l’article sur les crimes écologiques et le  Tribunal Russel du nucléaire