La diplomatie nucléaire a-t-elle repris avec Laurent Fabius ?

Le ministre des Affaires Etrangères a profité d’un déplacement en Asie pour faire la promotion de l’industrie française… dont le nucléaire.  Rédigé par Juan Sarkofrance le Vendredi 20 Juillet 2012

La diplomatie atomique si chère à Nicolas Sarkozy a-t-elle repris ? Pas encore ! Mais le sujet reste sensible, très sensible.

http://www.marianne2.fr/sarkofrance/La-diplomatie-nucleaire-a-t-elle-repris-avec-Laurent-Fabius_a910.html

Seize mois après la catastrophe de Fukushima, le Japon, qui avait tenté de se désengager de l’atome, semble rebrousser chemin sous la pression des lobbies.

 

La diplomatie nucléaire a-t-elle repris avec Laurent Fabius ?

En France, l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs a publié la liste de 43 sites civils pollués par la radioactivité. En Californie, la centrale nucléaire de San Onofrea été fermée pour cause de fuites radioactives.
  
Laurent le diplomate 
Début juillet, Laurent Fabius est donc allé en Asie. Mécontent de son précédent périple en février, quand il n’était « que » l’envoyé spécial du candidat Hollande, l’actuel ministre des Affaires Etrangères s’est rendu en Chine et au Japon. Cette fois-ci, tous les tapis rouges nécessaires avaient été déroulés. A Tokyo, Fabius a qualifié le Japon de « partenaire essentiel ». Ce dernier venait de ré-autoriser la mise en service de réacteurs. Le 16 juin dernier, la compagnie Kansai Electric Power avait ainsi reçu l’aval des autorités locales et du Premier ministre pour remettre en service les réacteurs 3 et 4 d’Ohi. 
  
« L’environnement et l’énergie, dont le nucléaire » n’étaient pas les seuls domaines decoopération entre les deux pays cités par le ministre, mais ils ont été bel et bien cités. Il reste encore pas de mal de marge à Laurent Fabius pour égaler l’activisme nucléocrate de Nicolas Sarkozy. Ce dernier avait sillonné le globe, et notamment la quasi-totalité des dictatures pour leur vendre notre nucléaire. Même la Libye de Kadhafi eut droit à son contrat de coopération nucléaire ! 
  
A sa décharge, le ministre jouait son rôle de VRP, dans un contexte où les relations franco-japonaises s’étaient distendues, même depuis Fukushima. Sarkozy préférait la Chine. Dans les semaines qui suivirent la catastrophe, le gouvernement Sarkozy/Fillon était trop préoccupé à disculper la filière nucléaire dans son ensemble: « L’Asie ne se réduit pas à la Chine et à l’Inde,on souhaite relancer la relation France-Japon qui a souffert d’un désintérêt à un très haut niveau » a confié un conseiller. 
  
La simple mention du nucléaire parmi les sujets évoqués a suffi pour déclencher une réaction chez Europe Ecologie Les Verts : « Il n’appartient pas à la France de se mêler de la re-nucléarisation d’un pays traumatisé par un accident  nucléaire majeur dont nul n’arrive encore à maîtriser les conséquences » a déclaré Pascal Durand, le successeur de Cécile Duflot à la tête du mouvement. « EELV demande à ce que l’accord stratégique envisagé entre la France et le Japon soit centré sur la création d’une filière d’excellence concernant le démantèlement des installations nucléaires.» Cette vigilance du parti écologiste est bien normale. Le nucléaire reste l’un des sujets de désaccords majeurs mais assumés au sein de la majorité présidentielle, entre les écologistes et les socialistes.  
  
La dette nucléaire 
Samedi dernier, le quotidien Libération rappelait la question posée par les écologistes et quelques autres (dont Michel Rocard): a quoi donc sert encore la dissuasion nucléaire ?

La question nucléaire est-elle définitivement tranchée sur un compromis de gouvernement entre écologistes et socialistes ? Contrairement aux caricatures sarkozystes de campagne, l’industrie nucléaire n’avait pas à craindre pour son avenir sous un gouvernement Hollande/Ayrault.

Mais il n’est pas impossible qu’au fil des mois, quelques évènements mettent à l’épreuve la solidité de cette alliance. La semaine dernière, l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs a publié une carte de 43 sites pollués par la radioactivité. « La plupart de ces sites ont abrité des activités du passé, datant de l’entre-deux-guerres, qui ne relevaient pas de l’industrie nucléaire : extraction du radium pour la médecine ou la parapharmacie, fabrication et application de peintures pour la vision nocturne, exploitation de minerais… »
  
Quelle assurance ! 
  
Au total, plus de 1,3 million de mètres cubes de déchets nucléaires de toutes natures étaient stockés en France fin 2010 d’après la même agence. Un volume qui devrait doubler d’ici 2030: «En France, la production de déchets radioactifs représente l’équivalent de 2 kg par an et par habitant ». Environ 0,2% de ce total est hautement radioactif, soit 2,7 kg3 comprenant plusieurs milliards de becquerels par gramme. Contre ces déchets, on connaît que le stockage à grande profondeur.

Le nucléaire est l’autre dette laissée à l’humanité.
  

Karachi, Bettencourt, Kadhafi : le citoyen Sarkozy sur la sellette

Pour Nicolas Sarkozy, la perspective est particulièrement désagréable : lui qui avait tant tenu à marquer sa différence avec un Jacques Chirac cerné par les juges risque à son tour, une fois son immunité présidentielle arrivée à son terme – un mois après la fin de son mandat, soit le 15 juin à minuit -, d’être convoqué par des magistrats. Redevenu justiciable ordinaire, M. Sarkozy s’expose en effet, dans les procédures où son nom est cité, à des convocations auxquelles il aurait à répondre en qualité de témoin, de témoin assisté, voire de mis en examen. LE MONDE | 08.05.2012 Par Gérard Davet et Fabrice Lhomme. 

Lire « Le statut pénal du chef de l’Etat, mode d’emploi »

Dans la seconde partie de son quinquennat, l’actuel chef de l’Etat a déjà été éclaboussé par plusieurs enquêtes judiciaires qui ont provoqué la mise en cause de nombre de ses proches. Ainsi, dans l’affaire dite des « fadettes », le patron du contre-espionnage Bernard Squarcini et le procureur de Nanterre Philippe Courroye sont poursuivis pour avoir cherché à identifier les sources des journalistes du Monde coupables d’avoir publié des informations gênantes pour le pouvoir dans l’affaire Bettencourt.

> Lire « Les contre-vérités de Sarkozy sur les « fadettes » des journalistes »

Amis de longue date du président, Thierry Gaubert et Nicolas Bazire sont quant à eux mis en examen dans le volet financier de l’affaire de l’attentat de Karachi – dont on commémore le dixième anniversaire, mardi 8 mai. Quant à Eric Woerth, il a subi le même sort dans le cadre de l’affaire Bettencourt. Ces deux derniers dossiers sont ceux dans lesquels M. Sarkozy ne devrait a priori pas échapper à une convocation.

  • L’affaire Bettencourt, la plus menaçante à court terme

Dans le volet politique du dossier Bettencourt, instruit à Bordeaux, le président sortant est soupçonné d’avoir été financé illégalement par le couple de milliardaires lors de sa campagne présidentielle de 2007. L’ancienne comptable des Bettencourt, Claire Thibout, a déclaré avoir remis à Patrice de Maistre, alors gestionnaire de fortune, 50000 euros en espèces. Une somme, à en croire MmeThibout, destinée à Eric Woerth, trésorier de la campagne de M. Sarkozy.
Dans le même dossier, le chef de l’Etat est, plus directement, accusé d’être venu chercher – comme d’autres hommes politiques – de l’argent liquide au domicile de Liliane et André Bettencourt.

> Voir « Le feuilleton Bettencourt en images »

La juge de Nanterre Isabelle Prévost-Desprez, relatant les dessous du supplément d’information qu’elle eut à conduire, a provoqué un tollé en révélant en août 2011 dans le livre Sarko m’a tuer (éd. Stock) qu’un témoin avait confié à sa greffière: « J’ai vu des remises d’espèces à Sarkozy, mais je ne pouvais pas le dire sur procès-verbal. » Ses déclarations fracassantes lui ont valu d’être dessaisie du volet « abus de faiblesse » du dossier et une convocation dans le bureau du juge bordelais Jean-Michel Gentil, qui gère désormais les différents aspects de l’affaire.

Le magistrat, qui souhaiterait boucler rapidement son dossier, ne pourra faire l’économie d’une audition de M.Sarkozy, d’autant que d’autres témoignages ou documents ont également évoqué d’éventuelles remises de fonds au profit de l’ancien maire de Neuilly.

Dans une ordonnance du 22 mars, le juge Gentil écrit d’ailleurs, à propos de retraits d’espèces suspects de février et avril 2007 : « Il convient de noter que des témoins attestent d’une visite du ministre de l’intérieur, Nicolas Sarkozy, au domicile des Bettencourt pendant la campagne électorale de 2007, que des investigations sont donc nécessaires s’agissant de ces premières remises de 2007. »

  • L’affaire de Karachi, l’ombre du président sortant

Dans l’affaire de Karachi, le juge Renaud Van Ruymbeke qui instruit le volet financier de l’affaire, attend avec impatience les explications de l’actuel chef de l’Etat. Si pour le moment le magistrat n’a pas réuni à l’encontre de l’ancien maire de Neuilly suffisamment d’éléments justifiant une éventuelle mise en examen, son ombre plane sur cette sombre histoire de vente d’armes.

Lire « Affaire de Karachi : l’ombre de Sarkozy »

Le juge semble considérer que les contrats Agosta (la vente de sous-marins au Pakistan) et Sawari II (la cession de frégates à l’Arabie saoudite), conclus en 1994, pourraient avoir donné lieu au versement de rétrocommissions au profit de la campagne présidentielle du premier ministre Edouard Balladur, en 1995. Or, à cette époque, M. Sarkozy était non seulement un acteur de premier plan de la campagne, dont il était le porte-parole, mais il était surtout ministre du budget – qui joue un rôle clé dans les contrats d’armement.

A ce titre, il a notamment validé la création d’une société au Luxembourg, Heine, par où ont transité des commissions suspectes. En janvier2010, la police luxembourgeoise a conclu que les accords sur la création de Heine « semblaient venir directement de M. le premier ministre Balladur et de M. le ministre des finances Nicolas Sarkozy ».

Par ailleurs, l’enquête a confirmé la très grande proximité de l’intermédiaire Ziad Takieddine, au cœur des soupçons de redistribution occulte d’argent, avec l’entourage de M. Sarkozy, Claude Guéant, Jean-François Copé et Brice Hortefeux notamment.

Lire aussi « Comment la justice pourrait traiter la piste libyenne »

Gérard Davet et Fabrice Lhomme

Sondages de l’Elysée : un nouveau front judiciaireAutre dossier menaçant pour Nicolas Sarkozy, l’affaire des sondages de l’Elysée, qui porte sur la convention signée en 2007 par Emmanuelle Mignon, ex-directrice du cabinet du chef de l’Etat, avec la société Publifact de Patrick Buisson, conseiller politique de M. Sarkozy. La dépense engendrée – sans appel d’offres – avait été critiquée par la Cour des comptes. Pour ces faits, M. Sarkozy bénéficie de l’immunité présidentielle. Un débat juridique est en cours pour savoir si « le principe constitutionnel de l’inviolabilité » du chef de l’Etat s’étend à ses collaborateurs. La Cour de cassation doit le trancher dans les mois qui viennent.Mais un deuxième front juridique s’est ouvert depuis que Raymond Avrillier, maire adjoint (Verts) honoraire de Grenoble, s’est fait communiquer par l’Elysée des factures et des sondages de 2007 à 2009. Il a dénoncé le 4 mai au parquet de Paris des éventuels faits prise illégale d’intérêts. Le nouveau procureur, François Molins, doit dire s’il estime que l’immunité présidentielle s’étend à ses collaborateurs.

Fin de campagne de Sarkozy : la liberté de la presse en cause

Cette fin de campagne présidentielle est nauséabonde. Pas seulement parce que le candidat de l’UMP n’hésite pas à reprendre ouvertement à son compte des mots, des idées et des propositions du Front National, mais également parce que son attitude et celle de ses amis commence à écorner sérieusement un principe fondamental de notre démocratie, celui de la liberté de la presse. Ze Redac Par Beaumarchais 4 mai 2012 

Des faits graves se sont en effet produits ces derniers jours, qui additionnés les uns les autres, nous inquiètent et nous rendent solidaires de nos confrères mis en cause ou qui ne peuvent pas exercer leur métier dans de bonnes conditions.

Nicolas Sarkozy a interrompu, ce vendredi midi, son dernier discours de campagne aux Sables d’Olonne pour s’en prendre à un journaliste de TF1 qui lui tournait le dos pendant son duplex avec le JT de Jean-Pierre Pernaut. Une dernier discours de campagne marqué par de nombreuses charges contres les « observateurs ». Comprendre les journalistes..

Le journal en ligne Mediapart qui enquête sur plusieurs affaires mettant en cause le financement des campagnes présidentielles de 2007 et de 1995, a été violemment accusé par les actuels président de la République et premier ministre et par pléthore de ministres et de responsable de l’UMP, d’être une « officine financée par le parti socialiste ». Cet organe de presse est constitué de journalistes professionnels qui sont majoritairement détenteurs du capital de leur journal. Edwy Plenel, son directeur, a révélé, lorsqu’il était journaliste au Monde, l’affaire des des écoutes téléphoniques de l’Elysée sous François Mitterrand.

Le journal Le Figaro dont on connaît les liens quasi-fusionnels avec le pouvoir sarkozyste, a, dans son édition de ce matin, totalement caviardé l’information du vote personnel de François Bayrou pour François Hollande alors que toute la presse française en a fait ses titres. Le Figaro s’est contenté d’un article qui aurait pu paraître dans le journal de la veille et dans lequel il s’interrogeait sur le choix qu’allait faire le leader du MODEM. Sans doute Serge Dassault, sénateur UMP et propriétaire du titre, et Etienne Mougeotte, militant sarkozyste et directeur du Figaro, n’ont-ils pas voulu désespérer leur lectorat et l’électorat de Nicolas Sarkozy.

Une du Figaro de ce vendredi

Mais le plus grave, ce sont les charges perpétuelles, depuis deux semaines, lancées par Nicolas Sarkozy contre la presse accusée de faire partie du « système politico-médiatique » mis en place pour obtenir sa chute. Jamais un homme politique de ce niveau ne s’était permis une telle violence verbale à l’égard des médias transformés en bouc-émissaires, au point qu’elle ressemble comme deux gouttes d’eau aux diatribes de Jean-Marie Le Pen. Aujourd’hui, aux Sables d’Olonne, il est allé plus loin encore en dénonçant de la part de la presse « une forme de racisme et d’intolérance » à son endroit. Il a même pris publiquement à partie un journaliste de TF1.

Le résultat ne s’est pas fait attendre.

Les militants UMP chauffés à blanc se sont mis à huer les journalistes depuis quelques jours à chaque meeting et à l’occasion des déplacements sur le terrain.

Les journalistes de BFM TV, Ruth Elkrief et Thierry Arnaud ont été sifflés hier lors du meeting de Toulo par des sympathisants de Nicolas Sarkozy et ont été victimes d’un jet de bouteilles d’eau pendant un direct, ce qui a obligé la chaîne à interrompre la retransmission et à demander très officiellement au Conseil Supérieur de l’Audiovisuel d’exiger le respect de la liberté des journalistes à faire leur métier. Et le 1er Mai, et la journaliste Marine Turchi de MediaPart a été agressée lors du meeting de Nicolas Sarkozy au Trocadéro et a dû porter plainte contre les militants UMP. Au cours de ce même meeting, une autre journaliste, Geneviève de Cazaux, ex-TF1… et ex candidate UMP aux législatives de 2002 a aussi été malmenée comme le relate Télérama ici.

On savait l’UMP prête à tout pour conserver le pouvoir. On savait que cette campagne serait probablement la plus heurtée de toutes les campagnes présidentielles. Mais on n’imaginait pas que Nicolas Sarkozy et son clan iraient jusqu’à remettre en cause la liberté de la presse.

Il est temps que cela se termine… et que cela change !

http://zeredac.com/2012/05/04/fin-de-campagne-de-sarkozy-la-liberte-de-la-presse-en-cause/

Sarkosy: après le Fouquets, le Crillon pour cantine

Une cinquantaine de membres du premier cercle du candidat se sont donné rendez-vous dimanche dans l’hôtel de luxe, pour un lunch. Par Le Nouvel Observateur 17-04-2012

L’information que rapporte le « Canard enchaîné » mardi 17 avril risque de mettre encore un peu plus à mal l’image de « candidat du peuple » revendiquée par Nicolas Sarkozy. Dimanche, le meeting de campagne du président candidat à la Concorde a été précédé d’un lunch à l’Hôtel Crillon, palace situé sur cette même place. 

« Une cinquantaine de membres du Premier Cercle, qui regroupe les donateurs les plus généreux de l’UMP, se sont ainsi retrouvés pour trinquer dans le salon Marie-Antoinette, classé aux monuments historiques », selon l’hebdomadaire satirique.

Patrick et Isabelle Balkany, proches de Nicolas Sarkozy, avaient d’ailleurs, au même moment, loué la suite la plus chère de l’hôtel, officiellement tarifée 9.500 euros par jour, repas non-compris. « il s’agissait de fêter notre 36e anniversaire de mariage », précise Isabelle Balkany. 

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Les documents publics qui prouvent le flirt nucléaire entre Paris et Tripoli

« Il n’a jamais été question de vendre une centrale à M. Kadhafi ! […] c’est un mensonge éhonté », s’est agacé Nicolas Sarkozy ce mardi sur France Inter, démentant les accusations d’Anne Lauvergeon, ancienne patronne d’Areva, selon laquelle jusqu’à l’été 2010, Paris était prêt à vendre un réacteur au dictateur libyen. Rue 89 Pascal Riché 17/04/2012 

Dans l’entourage du Président, on minimise les contacts qui ont eu lieu. On indique que Kadhafi était certes demandeur, en 2010, d’une « unité de dessalement Areva », dotée d’un « moteur nucléaire ». Mais sa demande serait restée lettre morte :

« Nous n’y avons pas répondu. A ma connaissance, il n’y a eu aucune discussion. »

Tout indique pourtant que des tractations ont eu lieu pour la livraison d’un, ou de plusieurs réacteurs, qui devaient alimenter une ou plusieurs usines de dessalement d’eau de mer, comme en témoigne plusieurs documents publics.

Le mémorendum du 25 juillet 2007

Le 25 juillet 2007, au lendemain de la libération des infirmières bulgares, la France signe avec la Libye un mémorandum d’entente sur la coopération nucléaire.

Le document, cosigné par les ministres des Affaires étrangères Bernard Kouchner et Mohamed Chalgam est consultable en ligne, comme l’a repéré Le Monde.

« Ce texte est destiné à donner un objectif précis à la coopération franco-libyenne : l’installation en Libye d’un réacteur nucléaire destiné à la production d’eau potable par le dessalement d’eau de mer. Un accord en bonne et due forme devra suivre à un stade ultérieur. »

Source : le porte-parole du Quai d’Orsay.

Le discours présidentiel du 3 juillet 2008

 Le 3 juillet 2008, au Creusot (Saône-et-Loire), le chef de l’Etat affirme :

« Je sais qu’il y a des gens et des pays qui se disent “n’est-ce pas un peu dangereux de proposer le nucléaire civil à des pays comme l’Algérie, les Emirats arabes unis, ou la Libye ?” Ce qui serait vraiment dangereux, ce serait de leur refuser. »

Source : site de l’Elysée, discours sur la politique énergétique et industrielle de la France, Le Creusot.


L’accord franco-Libyen du 8 juillet 2008

Le 8 juillet 2008, après l’aval de la Commission européenne, le mémorandum de 2007 est devenu un accord en bonne et due forme, signé par Alain Joyandet, secrétaire d’Etat chargé de la Coopération et de la Francophonie et Abdelaati Ibrahim El Obeidi, ministre libyen des Affaires européennes..

« Parmi les domaines couverts par l’accord, on peut citer notamment […] la production d’énergie électrique et le dessalement de l’eau à partir de centrales nucléaires. »

Source : secrétariat d’Etat chargé de la coopération et de la Francophonie.

Le partenariat stratégique du 21 octobre 2010

Le 21 octobre 2010, le ministre français de l’Industrie, Christian Estrosi, a signé à Tripoli un partenariat stratégique prévoyant toujours l’ouverture de négociations pour la construction d’une centrale nucléaire. Le ministre déclare, sans donner de détail, à Reuters :

« Cet accord doit conduire à une coopération stratégique avec la Libye dans les domaines du transport, de la santé, de la construction, des hydrocarbures et de l’énergie nucléaire civile. »

Source : Reuters.

Les premières émeutes éclateront moins de quatre mois plus tard, le 15 février, à Benghazi.

NKM sur Fukushima : une incompétence préoccupante

On aurait pu imaginer que l’accident et ses conséquences avaient été longuement analysés par les décideurs d’un pays qui dépend aussi fortement de l’énergie nucléaire. Ce n’est malheureusement pas le cas. L’incompétence est criante de la part d’une personnalité qui, par ses fonctions passées, devrait être bien informée sur les thématiques environnementales. Par Janick Magne Candidate aux Législatives 2012 dans la 11ème circonscription des Français hors de France : Asie-CEI-Océanie Europe Écologie-Les Verts 

En lisant l’interview par les lecteurs de Rue89 de Nathalie Kosciusko-Morizet, ancienne ministre de l’Environnement et actuelle porte-parole de Nicolas Sarkozy, on remarque des erreurs factuelles importantes.

Les Français, « marchands de mort »

NKM réduit le voyage de Sarkozy à Tokyo vingt jours après la catastrophe à un témoignage de solidarité au peuple japonais. Elle omet de préciser que le Président y allait également, ou peut-être même surtout, en tant que VRP du nucléaire. Dans son discours du 31 mars 2011, celui-ci déclarait :

« Je voudrais dire que l’effroi devant la violence de la nature a été redoublé lorsque cela même qui aurait dû vous en protéger, je veux dire le progrès technologique, loin de représenter un secours, a fait naître de nouveaux risques. Ne perdons pas pour autant confiance dans la capacité des hommes à se protéger du malheur et à rester maîtres de leur destin. »

Depuis ce voyage express, les Français ont discrètement reçu le surnom de « shi no shônin », « marchands de mort », dont la mission est de préserver le commerce du MOX à n’importe quel prix, même au cœur de la pire crise humanitaire. Je l’ai entendu de mes propres oreilles !

Mensonge vérifiable, mensonge acceptable

Interrogée par les riverains, NKM reconnaît le mensonge de Nicolas Sarkozy, répété à plusieurs reprises, notamment durant son discours à Caen. Elle tente alors de le justifier en disant que tous les journalistes connaissaient l’emploi du temps de leur visite au Japon.

A l’UMP, si un mensonge est facile à dégommer, on peut le proférer dans un meeting électoral devant plusieurs milliers de personnes !

« Une zone interdite qui doit faire une cinquantaine de kilomètres »

Madame Kosciusko-Morizet pense que la zone interdite « doit faire une cinquantaine de kilomètres autour de Fukushima ».

Elle n’est en fait que de 20 km. Il y avait récemment encore une zone dite d’évacuation volontaire de 10 km supplémentaires.

« Personne ne va à Fukushima »

On peut aller à Fukushima. Fukushima n’est pas qu’une préfecture (un département) de 2 millions d’habitants, c’est aussi une grande ville du même nom qui comptait près de 300 000 habitants avant la catastrophe nucléaire.

Cette ville, située à une cinquantaine de km du Pacifique et de la centrale de Fukushima-I, n’a jamais été interdite mais beaucoup d’habitants l’ont quittée pour mettre leurs enfants à l’abri dans d’autres régions du pays. La raison de cet exode ? Les taux de radioactivité y sont excessifs et les radionucléides ont envahi parcs, jardins et cours d’écoles et contaminé les produits alimentaires.

Eva Joly et son équipe y ont mesuré la radioactivité

Eva Joly est la seule candidate à l’élection présidentielle à être allée dans le département et la ville de Fukushima. En octobre 2011, elle a rencontré de nombreux citoyens accablés par l’accident nucléaire et ses conséquences : des mères de famille, des parents et grands-parents d’enfants malades des radiations et contaminés au césium ; des bénévoles qui se relaient avec un courage acharné au sein du CRMS (Citizens’ Radioactivity Measuring Station), ce centre que la Criirad a équipé d’un appareil capable de mesurer le taux de contamination du corps entier (« whole body counting »).

Tout au long de ses déplacements, madame Joly et son équipe ont mesuré la radioactivité. Partout, elle était excessive. Partout des espaces, des champs, des fermes, étaient condamnés. Je suis bien placée pour en témoigner : j’ai accompagné Eva Joly dans son périple.

Ma visite dans la zone interdite…

Il y a des gens qui vont dans la zone interdite. J’en suis. En février 2012, afin de pouvoir témoigner de la tragédie, j’ai accompagné une famille japonaise amie dans la petite ville de Futaba, à moins de 2 km de la centrale N°1. Bien sûr, il nous a fallu revêtir une combinaison de protection, des gants et des protège-chaussures, porter un masque léger et un bonnet.


Maison intacte mais contaminée, devenue inhabitable, à Futaba, dans la zone interdite (Janick Magne)

Nous portions un dosimètre enregistreur permettant de connaître notre irradiation et un compteur Geiger pour vérifier la radioactivité en temps réel des endroits dans lesquels nous nous trouvions (petite précision pour la ministre, qui semble penser qu’un compteur Geiger ne sert pas à calculer la radioactivité).

Bien sûr, nous n’étions pas autorisés à rester plus de cinq heures sur place ni à nous approcher de la centrale. Mais j’y suis allée et je ne suis pas la seule. Il y a eu plusieurs témoignages sur le sujet en français.

… et celle d’Eric Besson

Le ministre de l’Industrie Eric Besson, du même gouvernement que madame Kosciusko-Morizet, a pénétré dans la zone interdite en février. Il avait fait sourire (en plus de révolter) les Français du Japon lorsque, masqué et en tenue de protection complète, méconnaissable, il déclarait devant les caméras qu’il était « rassuré ».

NKM, en affirmant que « personne ne va sur les lieux de la centrale, à part les gens qui y travaillent », admet de ne pas être au courant que son collègue s’y est rendu. Il est pour le moins aberrant de constater qu’il n’y a pas eu de consultation entre la ministre de l’Environnement et le ministre de l’Industrie au sujet de cette visite.

Comment se peut-il qu’un ministre se rendant sur le lieu du plus important accident nucléaire de ces 25 dernières années ne fasse pas de débriefing de sa visite aux ministres du gouvernement d’un pays obtenant 75% de son électricité par l’atome ?


Tour de ville en voiture, en tenue de protection, Futaba, zone interdite, le 18 février 2012 (Janick Magne)

A propos de l’ex-premier ministre japonais

L’ex-premier ministre Kan (qui a démissionné en août), dont Nathalie Kosciusko-Morizet cite un proverbe (« les vrais amis sont ceux qui viennent sous la pluie »), et qui avait reçu Nicolas Sarkozy le 31 mars 2011 à Tokyo, est aujourd’hui un ardent antinucléaire. Il a récemment déclaré à l’agence de presse Reuters :

« Avoir fait l’expérience de la catastrophe nucléaire du 11 mars m’a fait changer d’opinion. La principale raison est que nous avons été à un moment confrontés à la possibilité qu’il n’ait plus été possible de vivre dans la région englobant Tokyo et qu’il ait fallu évacuer. […] Si nous en étions arrivés à ce stade, non seulement cela aurait été une terrible épreuve pour la population, mais l’existence même du Japon aurait été mise en péril. »

Peut-être cette compréhension tardive inspirera NKM, qui ne cache pas son ambition d’être investie d’une candidature à l’élection présidentielle de 2017. D’ici là, espérons qu’elle renonce à sa tendance à occulter les faits et qu’elle prenne le temps de s’imprégner de la situation au Japon et de comprendre le terrible impact des conséquences de la catastrophe nucléaire sur le peuple japonais.

Bollène -Tricastin en Provence: la femme qui résiste

Voilà ce qu’Areva et le gouvernement français y ont fait ? Publié le 14 avril 2012 par 

Madame Aline Pauchard de Bollène est malade et ruinée, pourtant elle résiste et se bat contre le lobby nucléaire avec persévérance et ténacité. C’est le pot de terre contre le pot d’enfer. Vidéo d’interpellation réalisée par Roger NYMO du Réseau Zéro Nucléaire à faire tourner très largement.

Retrouvez les documents écrits qui retracent son combat à cette adresse :http://www.sanurezo.org/lafemmequiresiste.pdf

Elle a besoin de notre solidarité pour faire échec à l’abomination nucléaire qui nous menace TOUS.

Informations complémentaires à cette adresse :http://sanurezo.org/spip.php?article70

Fukushima : le « mensonge » de Sarkozy dénoncé au Japon par Janick Magne

Après avoir été dénoncé par le camp Hollande, le « voyage imaginaire » de Nicolas Sarkozy à Fukushima suscite également des réactions au Japon.« Les médias japonais aussi dénoncent les mensonges de Sarkozy qui prétend être venu à #Fukushima »rapporte jeudi la correspondante de l’AFP sur l’archipel, sur Twitter.

De son côté, la candidate d’Europe Ecologie-Les Verts aux législatives dans la circonscription des Français de l’étranger englobant le Japon a aussi dénoncé ce jeudi un « mensonge » de M. Sarkozy. Dans un communiqué, Janick Magne dit s’exprimer « au nom des Français du Japon plongés au coeur de la catastrophe de Fukushima et de ses conséquences sur leur vie et celle de leurs amis japonais ».

Pour critiquer son adversaire socialiste dans le cadre de la campagne présidentielle, M. Sarkozy a prétendu – à tort – s’être rendu sur les lieux de l’accident nucléaire, qui a eu lieu au Japon le 11 mars 2011.

>> Lire : Fukushima : Hollande ironise sur le « voyage imaginaire » de Sarkozy

Le voyage imaginaire de Sarkozy à Fukushima

Lors d’un meeting à Caen où Nicolas Sarkozy était apparu particulièrement en verve, le président-candidat affirmait avoir été à Fukushima après la catastrophe. Sauf que, comme le souligne Le Monde, Nicolas Sarkozy n’a jamais mis les pieds dans la zone sinistrée. © afp.7 sur 7 par Maxime de Valensart  12/04/12 

François Hollande s’est évidemment fait une joie de railler son adversaire: « C’est la première fois dans l’histoire de la République qu’un candidat sortant relate un voyage qu’il n’a jamais fait », a-t-il dit à Besançon. Et le candidat socialiste de prévenir de « ses demi-vérités qui deviennent de vrais mensonges »… Le directeur de campagne de Hollande, Pierre Moscovici, a lui carrément accusé Sarkozy de mentir « matin, midi et soir ».

Certes, Nicolas Sarkozy demeure le premier chef d’Etat à s’être rendu au Japon après le tsumani, mais son équipe et lui étaient en réalité restés trois jours à Tokyo, soit à 250 kilomètres de la centrale nucléaire.

   

Energie: ce que proposent les candidats

Nicolas Sarkozy (UMP) «défendra avec force notre industrie nucléaire, capitale pour notre indépendance, pour notre compétitivité». Il ne compte pas s’opposer au prolongement de la durée de vie des centrales actuelles. Il achèvera l’EPR de Flamanville et lancera au moins la construction de celui de Penly. Et il poursuivra les recherches sur la quatrième génération et sur Iter (programme mondial de recherche sur la fusion nucléaire basé à Cadarache).

François Hollande (PS) ne propose pas de sortir du nucléaire, mais d’en limiter la part dans la production d’électricité de 75 % à 50 % d’ici à 2025, en fermant d’abord Fessenheim et en favorisant le développement des énergies renouvelables. Il compte finaliser le chantier de l’EPR de Flamanville. Il propose un plan d’isolation thermique d’un million de logements par an pour créer des emplois et rendre du pouvoir d’achat aux ménages.

François Bayrou (MoDem) s’interroge : « Est-ce qu’il existe un interrupteur pour éteindre un réacteur nucléaire en cas d’accident ? Une solution durable pour traiter les déchets nucléaires ? » Le nucléaire est selon lui une énergie de transition mais il se refuse à fixer un objectif de sortie. D’après son conseiller environnement, l’Alsacien Yann Wehrling, il compte «lâcher la bride réglementaire sur le solaire et l’éolien pour rassurer les investisseurs» et proposer un «EADS des énergies renouvelables».

Marine Le Pen (FN) indique dans son programme que «parce que le risque nucléaire ne peut pas être réduit à zéro à long terme, il est souhaitable de pouvoir sortir du nucléaire». Mais pas tout de suite : il n’y a «aucune autre alternative crédible au nucléaire», estime la candidate, qui juge que les énergies dites vertes sont du «bricolage», en particulier l’éolien «moche et qui ne marche pas». Elle préfère «investir massivement» dans la sécurisation des centrales et dans la recherche et le développement, notamment l’hydrogène ou Iter.

Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche) est personnellement favorable à la sortie du nucléaire mais l’ancien ministre socialiste doit composer avec ses alliés communistes qui y sont traditionnellement hostiles. Il propose donc un référendum sur ce sujet. Le Front de Gauche défend la «planification écologique» : outre l’abrogation des lois de libéralisation (énergie, transports) il veut créer de grands pôles publics gérant les biens communs (eau, transport, énergie comportant pour ce dernier EDF, GDF, Areva et Total nationalisé).

Eva Joly (EELV) veut sortir du nucléaire en vingt ans et arrêter l’EPR, tout en réduisant de 30 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2020. Pour maintenir les emplois dans la filière nucléaire, la candidate écologiste promet un «pôle d’excellence industrielle en matière de gestion des déchets et de démantèlement des centrales». Pour s’y substituer, elle mise sur les énergies renouvelables, avec un objectif de 40 % de l’énergie (hors carburants) produite dès 2020 (contre 23 % promis par le Grenelle). Elle propose de rénover d’ici à 2020 un million de logements par an, en priorité ceux des huit millions de «précaires énergétiques», ou d’investir quatre milliards d’euros par an dans les transports alternatifs à la route.