Du nucléaire partout en Afrique ? en veux-tu ? en voilà !!

Le Kenya avance vers le nucléaire. Kenya – Afrique du sud- Algérie – Nigéria- Egypte- Maroc – Angola – Namibie- Sénégal sont promis à un avenir irradieux.… L’accident de la centrale de Fukujima ne fait pas reculer le Kenya dans son désir de passer au nucléaire. Le Comité de gestion du projet d’électricité nucléaire (NEPC) du Kenya vient de retenir deux sites qui pourraient accueillir lesd eux premières centrales. Malango actualités 14 Novembre 2012

Vendre des centrales nucléaire en Afrique ou l’art de vendre des frigidaires aux esquimaux….. Il est toujours vrai qu’on ne se souvient des pays oubliés que pour les exploiter!

Le Volcan Navbiotum, situé sur la rive sud du lac Turkana au Kenya et à l’extrémité du Great Rift Valley d’Afrique de l’Est. La vallée est une région volcanique réputée active.
© french.china.org.cn

 Deux zones ont donc été retenues pour accueillir éventuellement les deux premières centrales kenyanes. Elles se situent toutes deux à proximité d’importantes masses d’eau, l’une dans la région du lac Turkana, la seconde près du Lac Victoria et toutes deux hors de tout risque sismique ou volcanique. «Nous ne pouvons pas dire avec certitude que ce sont les lieux définitifs, avant que nous obtenions les résultats de l’étude scientifique, mais pour l’instant ils sont les candidats les plus probables pour débuter le programme», a déclaré Ochillo Ayacko, directeur exécutif NEPC.«Nous n’allons pas tous arrêter de conduire une voiture juste parce qu’il y a eu un accident. Le programme d’énergie nucléaire est faisable et sans risques» a rétorqué Mohamed Mohamud, le numéro 2 du Ministère de l’Energie à ceux qui lui oppose les accidents dans les centrales nucléaire, celle de Fukujima notamment.

Mohamed Mohamud affirme que le passage au nucléaire permettra de réduire le coût de l’électricité tout en couvrant 19% des besoins du pays en énergie électrique.

Le dossier nucléaire avance donc rapidement au Kenya puisque ce n’est qu’en avril 2010 que cette éventualité acommencé à être discutée. L’AIEA avait donné son feu vert moins d’un an auparavant. Le directeur général de l’AIEA, Mohammed El Baradei, avait déclaré à l’époque que «le Kenya pourrait avoir d’autres sources d’énergie, mais pour obtenir une industrialisation plus rapide, il y a lieu de développer l’énergie nucléaire ».

Si le projet abouti, le Kenya serait le troisième pays africain avec l’Afrique du Sud et l’Algérie à entrer dans le cercle des pays utilisateurs du nucléaire. D’autres devraient leur emboîter le pas, comme le Nigeria où le projet est bien avancé. L’Egypte veut construire d’ici 2020 au moins une centrale nucléaire de 1000 mégawatts, le Maroc s’est équipé d’un réacteur nucléaire pour préparer la phase de la centrale nucléaire ; l’Angola, le Nigeria, et même la Namibie et le Sénégal qui ne sont pas au même niveau de PIB ont également des projets dans ce sens.

http://www.malango-actualite.fr/article/kenya-le_kenya_avance_vers_le_nucleaire-9174.htm

Voir aussi:

http://www.areva.com/FR/groupe-596/afrique-et-moyenorient-des-marches-prometteurs.html

Nucléaire: les 19 centrales françaises épinglées par l’UE

INFO LE FIGARO – Les stress tests européens post-Fukushima révèlent des défaillances de sécurité dans toutes les centrales nucléaires françaises. Mais aucune fermeture n’est préconisée par Bruxelles. Par Jean-Jacques MevelFabrice Nodé-LangloisService infographie du Figaro Mis à jour le 02/10/2012.

Chacun des 58 réacteurs nucléaires d’EDF affiche des défaillances, d’incidence variable, à l’issue de contrôles de sécurité systématiques menés par l’Union européenne (UE), selon un bilan encore confidentiel, obtenu par Le Figaro.

Le document de travail qui recense les «tests de résistance» menés depuis un an sur les 134 réacteurs du parc européen doit être validé par la Commission ce mercredi. Les recommandations seront ensuite soumises au sommet des chefs d’État et de gouvernement, probablement en octobre. Aucune fermeture n’est préconisée. «En général, la situation est satisfaisante, mais nous ne devons avoir aucune complaisance», a fait savoir lundi le commissaire à l’ÉnergieGünther Oettinger, sans confirmer ni démentir le contenu du rapport.

Première puissance nucléaire civile de l’UE avec 58 réacteurs, la France avait statistiquement plus de chances d’être épinglée que les autres. Le rapport du régulateur européen, l’Ensreg (qui regroupe en fait les autorités de sûreté nationales), relève des centaines de carences à l’échelle du continent. Il paraît néanmoins concentrer le tir sur l’Hexagone. Les 19 installations ont été testées par les autorités françaises, exercice suivi pour quatre d’entre elles par une visite d’experts européens (Cattenom, Chooz, Fessenheim et Tricastin).

Fessenheim mieux noté que Cattenom

Les 19 centrales françaises épinglées par l'UE

Dix-huit mois après le tremblement de terre et le tsunami de Fukushima, le document confidentiel établit que les 19 centrales manquent d’instruments de mesure sismique adaptés aux exigences post-Fukushima. Sans exception non plus, les équipements de secours en cas d’accident ne sont pas adéquatement protégés des éléments; à la différence des réacteurs allemands, britanniques, espagnols ou suédois. Des carences qui avaient été relevées par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) française dans son propre rapport, et auxquelles EDF s’est engagé à remédier.

La centrale de Fessenheim, doyenne du parc d’EDF que François Hollande s’est engagé à fermer en 2016, présente moins de mauvais points dans le tableau récapitulatif du document européen. Un exemple: les procédures prévues en cas d’accident grave sont jugées insuffisantes à Chooz et Cattenom mais adéquates à Fessenheim.

Un bon point pour les centrales hexagonales: toutes sont équipées de recombineurs d’hydrogène, un dispositif qui aurait, selon les experts du Commissariat à l’énergie atomique notamment, évité les explosions d’hydrogène à Fukushima si les réacteurs japonais en avaient été pourvus. Ces équipements manquent aux réacteurs espagnols et britanniques, pointe le rapport européen.

Les tests conduits par l’UE relèvent aussi des facteurs de risque propres à la France, dans les scénarios extrêmes envisagés par Bruxelles: tremblement de terre, inondations, résistance par conception à des secousses ou à des impacts comme la chute d’un avion. «Fukushima a démontré que les réacteurs doivent être protégés, mêmes contre des accidents considérés comme hautement improbables», affirment les auteurs.

Pour finir, le document européen évalue entre 10 et 25 milliards d’euros le coût de la nécessaire mise à niveau des 14 pays européens (de 30 à 200 millions par réacteur). La Cour des comptes, dans son rapport publié en janvier dernier, avait évalué cette dépense, pour les réacteurs d’EDF, à 5,6 milliards d’euros sur quatorze ans.

LIRE AUSSI:

» La centrale de Fessenheim sera fermée à la fin 2016

» Fessenheim, une centrale âgée et controversée

» L’Europe se penche sur la sécurité de ses réacteurs 

Ankara veut développer son industrie nucléaire

Complètement dément quand on connait le risque sismique! La Turquie envisage de construire trois centrales atomiques, d’ici 2023, selon Suleyman Sansavi, directeur de l’Institut des études stratégiques de Turquie, qui s’exprimait, vendredi, devant le congrès international du savoir nucléaire, tenu, en présence de plus de 100 personnalités scientifiques et politqiues et universitaires turques et étrangères. 22 09 2012

Ankara développe son industrie nucléaire

La Turquie dépend, pour 80% de ses besoins en énergie, de l’étranger, et cette dépendance a, significativement, ralenti la croissance économique du pays. Selon le ministre turc de l’Energie, entre 2012 et 2015, trois centrales atomiques, chacune, avec une capacité de production de 4.500 MegaWatts, seront construites. La Chine, le Japon, le Canada et la Corée du Sud, participent à l’appel d’offre lancé pour construire ces centrales.

Ecologie : Hollande doit revoir sa copie

Jeudi 20 Septembre 2012

SUPERNO – BLOGUEUR ASSOCIÉ
Quadra d’origine lorraine, travailleur de l’informatique, et écologiste tendance… En savoir plus sur cet auteur

Lors de la conférence environnementale qui s’est tenue les 14 et 15 septembre, François Hollande a annoncé la fermeture de la centrale de Fessenheim et le rejet de permis d’exploration de gaz de schiste. Pourtant, pour notre blogueur associé SuperNo, la politique écologique du gouvernement socialiste n’est guère convaincante…

(François Hollande, septembre 2012 – MOUSSE-POOL/SIPA)
Ha ! Ca y est ! Fini de critiquer les «socialistes» : c’est officiel, ils sont enfin devenus écolos ! D’ailleurs, Cécile Duflot l’a dit, c’est quand même une preuve. Le miracle ne s’est pas produit à Lourdes, mais à Paris, lors de la Conférence Environnementale, une causerie de deux jours réunissant toute la hiérarchie gouvernementale, Hollande et Ayrault compris ; ainsi que la crème des zécolos dont le pays peut s’enorgueillir. Y’avait même Nicolas Hulot, c’est dire comme c’était sérieux.

Bon, déjà Ayrault qui parle d’écologie, c’est à peu près aussi improbable que Ribéry qui parlerait de grammaire, ou Larcher de diététique. Son comportement hautain et implacable dans la lamentable et ridicule affaire de l’Ayraultport de Notre-Dame des Landes, projet anachronique à la seule gloire de l’édile local et preuve irréfutable de son incompréhension de l’avenir, invalide totalement tout discours qu’il ferait sur le sujet. Quant à la ministre de l’Environnement, Delphine Batho, quel crédit apporter à cette protégée de Ségolène Royal, incapable de comprendre qu’une députée n’a rien à foutre dans un logement social ? Cécile Duflot, emportée par l’ambiance débilitante de l’instant, se lâche et couche sur Twitter les mots suivants : «Je pèse mes mots : ce discours du président de la République est historique et infiniment émouvant à entendre pour une écologiste».

Bon, on arrête de ricaner dans le fond, je vous vois, c’est pas charitable. C’est vrai, quoi. Depuis qu’il a été élu, on aurait cru qu’Hollande faisait tout pour désespérer les écolos. Comme le dit si bien Zgur, «à force d’avaler des boas, les ministres EELV vont finir par mettre l’espèce en danger». Et là, pour une fois que Hollande déclare qu’il va fermer la centrale de Fessenheim, les nerfs de Duflot lâchent.Vu que le Sarkozy du début de son quinquennat, estampillé Nicolas Hulot et Grenelle de l’environnement, faisait à peu près les mêmes discours, tout en étant un ennemi irréductible de l’écologie, Cécile Duflot devrait être plus prudente.

DES MESURES INEFFICACES
Redevenons sérieux cinq minutes. La fermeture de Fessenheim, c’est tout de même pas un scoop, non ? C’était même une des rares promesses précises de la campagne ! Et encore, il va falloir attendre 2016, en priant qu’il n’y ait pas de problème d’ici là… La fermeture de cette ruine semblait relever de l’évidence à tout le monde… Bon, sauf à Estrosi, bien sûr, qui n’est plus à une connerie près, et déclare que cela va «mettre en péril notre indépendance énergétique»… Y’a quelqu’un qui lui explique que l’uranium ne s’extrait pas sur la Promenade des Anglais, mais qu’on le pille au Niger, en toute indépendance ? En même temps, essayer d’expliquer quelque chose à Estrosi, difficile de savoir par où commencer…

Et au fait, Madame Duflot, quand vous aurez fini de sécher vos larmes d’émotion, pouvez-vous confirmer que Fessenheim sera la seule centrale fermée ? Il restera donc 56 réacteurs sur 58 en 2017 ? Ah, non, 57, même… L’EPR de Flamanville est toujours au programme ! Sachant que la production de l’EPR devrait équivaloir à celle des deux réacteurs de Fessenheim, on appréciera la réduction de la production nucléaire… Du foutage de gueule véritable. D’autant que la décision concernant le deuxième EPR à Penly semble tout sauf «irrévocable» (comme disait Noël Mamère). Car ils sont nombreux dans l’ombre au P”S” à penser comme Allègre et Montebourg que le nucléaire est une énergie d’avenir…

Je ne vais pas encore parler longuement de bagnole. Oh, il y a bien le petit délire d’Ayrault, qui les verrait bien consommer 2 litres aux 100 km d’ici 10 ans. Pourquoi 2, et pas 1 ? Il a dû inventer le chiffre juste avant de monter à la tribune, pour tenter de faire oublier le ridicule de la «baisse des prix »… Et d’ici 10 ans ? Ben rien… Le diesel ? Rien. La détaxation de ce carburant et la prolifération des bagnoles qui le consomment, alors même qu’elles sont officiellement cancérigènes, c’est le pur résultat de l’incompétence et de la corruption de politiciens. C’est même une prédécesseuse de Cécile Duflot, Dominique Voynet, qui collait des vignettes vertes sur des bagnoles qui fumaient noir. Nous risquons fort de nous retrouver avec une nouvelle affaire de l’amiante, et tout le monde s’en fout.

Le comique, c’est que Hollande continue à faire de la publicité gratuite pour une bagnole hors de prix et technologiquement aberrante. Peugeot vire des gens ? Après avoir fait des moulinets montebourgeois pour faire croire que le gouvernement pouvait s’y opposer, on s’achemine vers un classique subventionnement des licenciements. Si ces «socialistes» étaient vraiment dignes de l’émotion de Cécile Duflot, ils prendraient acte de la fin de l’industrie automobile et se lanceraient à corps perdu dans la reconversion de la filière.

GAZ DE SCHISTE : UN RISQUE D’EXPLOITATION MALGRÉ LA PROMESSE DE HOLLANDE
Mais l’annonce jugée la plus spectaculaire, c’est à propos des gaz de schistes : pas de permis d’exploration sur le quinquennat. Enfin, nuançons un petit peu… Comme certains l’ont remarqué (mais pas Cécile Duflot, qui ce matin encore sur France Inter a joué les connes et à fait mine d’ignorer que de nouvelles techniques voient le jour), c’est uniquement la technique de la «fracturation hydraulique» qui est visée. Dès lors qu’une technique légèrement différente sera employée, la digue s’effondrera. Un peu comme l’opposition à un traité Merkozy dès lors qu’on y accole le mot «croissance» dans un coin… Car une chose est sûre : s’il y a vraiment autant de gaz qu’on le prétend dans le sous-sol français, il sera exploité un jour ou l’autre. Quelle que soit l’opposition. Au diable le réchauffement climatique, vive les zemplois, le gaz pas cher et «l’indépendance énergétique» !

Vous avez peut-être vu le documentaire d’Envoyé Spécial la semaine dernière, qui montrait le désastre aux Etats-Unis. Outre la pollution irrémédiable des nappes phréatiques (c’est pas grave, on achètera de l’eau en bouteille fournie à prix d’or par les multinationales et puisée dans les rares secteurs préservés), concrètement le massacre se caractérise entre autres par un ballet incessant et monstrueux de camions, dévastant tout sur leur passage. Vacarme, boue, poussière : ambiance «Mad Max» à deux pas de chez vous. Car les puits de gaz de schiste, contrairement à ceux des champs géants de pétrole, peuvent se compter par milliers, et éclore dans votre jardin (il paraît par exemple que la Lorraine en est farcie).

Même si Hollande tenait sa promesse, elle ne vaut que jusqu’en 2017. Là, il est plus que probable qu’un UMP aux crocs acérés va le remplacer, et va sans tarder annoncer que vu l’échec des «socialistes», il faut d’urgence relancer le programme nucléaire et démarrer le massacre du territoire au profit de cupides zentrepreneurs (parmi lesquels le frère Balkany …). N’oublions pas que les «écolos» Borloo et NKM avaient signé en loucedé les premiers permis d’exploration. Je parie même que ce sera la mesure-phare de la campagne 2017, et que nombreux seront les chômeurs des régions sinistrées (comme la Lorraine) qui voteront UMP pour cette seule raison. L’éternel problème des crocodiles qui plébiscitent leurs maroquiniers.

UNE ABSENCE DE CHANGEMENT
Si madame Duflot voulait bien se donner la peine de s’élever de son fauteuil de ministre, d’oublier les beaux discours qui n’engagent que les naïfs qui y croient, elle comprendrait pourtant qu’il n’y a pas de quoi s’ébaudir. Aucune surprise. Rien n’a changé depuis Sarkozy et même bien avant. Les mots-clés restent les mêmes : croissance, compétitivité (Moscovici a encore répété que ce n’était «pas un gros mot»), relance, consommation, bagnole, bétonnage… La logique libérale, la logique patronale, la logique financière. Ce ne sont pas les mots de l’avenir, mais au contraire ceux du passé. Un passé dont ni Hollande, ni Ayrault, ni les autres ne semblent avoir compris qu’il était… passé ! Les trente glorieuses, c’était il y a 40 ans, mais ils ne les ont pas vues passer…

Ne soyons pas chien, il y a au moins une bonne mesure qui a été annoncée : la mise en œuvre d’un important programme d’isolation des logements. Une lueur d’espoir, qui pourrait faire croire qu’ils auraient peut-être compris que l’énergie la moins chère et la moins polluante, c’est celle qui n’a pas besoin d’être produite.

Pas assez en tout cas pour pour pleurer de joie, pas assez pour effacer tout le reste…

Conférence environnementale : un bilan … normal

C’est une étape qui a été franchie ces deux derniers jours … Mais force est de constater que l’on est quand même loin du changement de société annoncé. Energie  Climat  © Nicolas Chauveau  Greenpeace,  le 15 September 2012

Ces discussions ont esquissé une méthode de concertation intéressante sur certaines questions (et notamment sur l’organisation future du débat sur l’énergie) . Mais le format ne permet pas l’échange, car avec le nombre d’acteurs présents, le temps de parole est réduit. Chaque représentant prend donc la parole pour avancer ses pions et campe sur ses positions. Le résultat se révèle donc être souvent une liste de doléances…

Le débat sur l’énergie représente le véritable enjeu et permettra peut-être la place d’une réelle concertation, d’un débat transparent, démocratique, décentralisé. C’est un enjeu majeur, et on l’attend depuis quelques dizaines d’années !

Retour sur les principux points saillants de cette première conférence.

Le discours du Président : subtile et ambigu

On peut saluer, dans le discours d’ouverture prononcé par François Hollande une ambition affichée et marquée, des rappels essentiels, et un volontarisme dans le ton.

On attendait des gages et des signaux positifs : mais au final, peu de choses à retenir, malgré les applaudissements nourris . Les médias en ont retenu quelques annonces iconiques et symboliques, notamment sur les hydrocarbures de schiste et le nucléaire. Mais qui ne sont en fait que des confirmations de promesses de campagne.

Des engagements plutôt clairs ont été pris, par exemple, l’ambition sur les logements – 1 millions par an . C’est une promesse importante : mais rappelons que Jean-Louis Borloo avait pour objectif 400 000 logements par an et qu’à ce jour l’objectif est très, très loin d’être atteint… C’est donc sur les actes et les résultats que l’on jugera.

Notons également qu’en fin d’après-midi, Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif prouvait l’ambiguïté du message présidentiel en annonçant que le débat sur les hydrocarbures de schiste n’en était qu’à son début. Manœuvre ou maladresse ?

Le déroulement des tables rondes : que peut-il en sortir ?

Concernant les tables rondes, l’intention est certes louable mais l’exercice s’est révélé difficile. Chacun pousse ses pions et défend ses positions dans une succession de prises de position.

La première chose qui interpelle, c’est que les deux ministres, Arnaud Montebourg et Delphine Batho jouent chacun leur partition sans jamais s’accorder. Environnement et redressement productif cheminent côté à côté s’en jamais s’engager dans une voie commune. Plus encore, Arnaud Montebourg continue d’opposer dans son propos redressement productif et transition écologique! Résultat, si les deux ministres ne parviennent pas à faire le lien entre l’économie et l’écologie, il y a peu de chances que les parties prenantes y parviennent.

Relevons un point positif : la question du déroulement du futur débat sur l’énergie. C’était un des points essentiels à l’agenda de la table ronde sur l’énergie. Et c’est un point qui avance et où les échanges ont été riches.

Enfin, les mesures annoncées en clôture par le Premier ministre

Sur le nucléaire :
Sur Fessenheim, l’annonce fait la une. Mais le Premier ministre, comme François Hollande, n’a fait que préciser la date de l’application d’une de ces promesses de campagne. Ce n’est qu’une confirmation. Annoncée depuis des mois “avant 2017″ cette fermeture pourrait être effective bien plus vite, et notamment avant de démarrer les travaux titanesques demandés par l’ASN !
Ces travaux ne doivent pas avoir lieu. Si la centrale présente des problèmes de sûreté, il faut la fermer !

De plus, le Président a réaffirmé son objectif de réduire de 75 à 50% la part du nucléaire d’ici à 2025. Rien de neuf donc, et une équation qui ne tient toujours pas !
C’est mathématique : si on ferme Fessenheim et qu’on lance l’EPR de Flamanville la même année, on ne peut pas parler de réduction de la part du nucléaire ! Il faudra décider la fermeture d’autres centrales.

Sur les hydrocarbures de schiste, annonce apparemment spectaculaire s’il en est, il annonce le rejet de 7 demandes de permis d’exploration d’hydrocarbure de schiste et affirme son opposition à la fracturation hydraulique durant le quinquennat.
Mais ici encore, l’exécutif s’est borné à appliquer de manière rigoureuse la loi votée en 2011 par l’UMP et approuvée par le PS, qui rejette la méthode de la fracturation hydraulique. Son discours était subtile sur le ce point : il n’a pas fermé la porte aux gaz de schiste, il ne l’a juste pour l’heure pas rouverte ! On regrette donc que le président se borne au débat autour de la technique d’extraction. La vraie transition énergétique ne passera pas par la recherche de nouvelles sources fossiles.

Concernant les objectifs annoncés sur les émissions de gaz à effets de serre et le moratoire sur les agro-carburants de première génération, les mesures sont un alignement sur la feuille de route européenne, la France suit donc ses engagements.

Le cadre esquissé est donc intéressant. Mais nous ne sommes pas “rassurés”, et nous resterons vigilants sur la mise en adéquation de la loi et des budgets avec les objectifs annoncés.

Inde: une manifestation contre la centrale nucléaire de Kudankulam

Hier et aujourd’hui se déroule à Kudankulam (Tamil Nadu) une manifestation de 5 000 personnes contre le chargement en uranium enrichi de la future centrale atomique KKNPP (Kudankulam Nuclear Power Project). La police a fait usage de gaz lacymogènes pour empêcher les manifestants d’approcher des installations. 12 septembre 2012

http://indomaniaque.canalblog.com/archives/2012/09/index.html
Ceux-ci sont regroupés dans le PMANE (People’s Movement Against Nuclear Energy). Leurs arguments sont classiques : problèmes de sécurité et peur d’un scénario à la Fukushima, car la centrale se trouve au bord de la mer. De plus, un million de personnes vit dans un rayon de 30 Km autour de la centrale, ce qui rend l’évacuation illusoire en cas d’incident.

La centrale a été bâtie suite à un accord de partenariat indo-russe et devrait être équipée de 4 réacteurs.

Nucléaire et débat énergétique: Capitaine quel est le cap?

Capitaine quel est le cap?. André Jacques, 11 septembre 2012

 » Sarkozy avait la direction mais pas la méthode, Hollande sait faire mais n’a pas de cap « 

Dans un article du Monde du 9 septembre 2012, le philosophe et historien Marcel Gauchet décrypte pourquoi l’attentisme du Président est si mal perçu dans l’opinion et les médias. Selon Gauchet, François  Hollande serait  « victime du phénomène médiatique, » mais aussi d’ une incertitude sur la direction qu’il doit donner.

Gauchet continue en précisant que si la société  ne veut pas entrer dans la réflexion politique approfondie, elle  a « par contre une demande très forte de résultats immédiats. Dans le contexte actuel, c’est un défi formidable ». Le Président de la République doit donc orchestrer les discussions dont la « société a besoin pour retrouver le sentiment que la politique prend les vraies questions à bras-le-corps ».

En matière nucléaire, Hollande a cultivé le flou tout en roulant pour le lobby.

« Quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup » disait Martine Aubry pendant la compétition des primaires qui l’opposait à Hollande. Ce flou savamment dosé par Hollande était fondé en particulier sur la conviction non déclarée qu’aucun candidat anti nucléaire ne pourrait être élu Président de la République.

Dans ces conditions, la révolution écologique et énergétique attendra. On voit se développer un grand malentendu entre  la majorité gouvernementale et le peuple sur la question de l’écologie. Et le domaine est vaste: nucléaire,  sécurité alimentaire, pesticides, agriculture industrielle etc.

Le nucléaire français est fondé sur une doctrine militaire et civile élaborée dans les années 50.  Il dispose de grands moyens d’investissement et de recherche ( 50 % environ de la recherche publique). Quoi qu’en dise Sarkosy le nucléaire n’a jamais fait l’objet de débats sérieux  dans le cadre de choix ou d’alternatives énergétiques. Tout est bouclé;  le nucléaire avance et l’exemple nous est donné avec l’EPR devenu indiscutable malgré ses hasards techniques et ses coûts prohibitifs, la  THT Cotentin Maine qui défigure les paysages et ruine  les exploitations laitières, ASTRID ou réacteur nucléaire de 4 me dimension (sorte de nouveau phénix faisant suite à Superphenix qui a été abandonné), ITER qui doit donner accès à la fusion nucléaire. Tout est écrit même si un doute persiste sur les les 50% d’énergie nucléaire en 2025. Sont ils  basés sur la consommation de 2012 ou de 2025 qui est prévue en progression?. Un autre doute subsiste sur les 24 centrales à fermer et sur Fessenheim..

Les énergies alternatives  sont décrédibilisées d’avance y compris au moyen d’un lobbying quasi scientifique, de revirements dans le soutien public à la production d’énergies nouvelles, d’absence de financement structuré  dans la recherche. 

Pendant ce temps les opposants au nucléaire sont vigoureusement condamnés comme ce fut le cas après la bataille anti THT de Montabot ou à l’occasion de rassemblements anti THT . La proximité entre la société nucléaire et la société policière reste bien établie même sous Hollande et Valls.

Dans le domaine agricole la crise Doux illustre les limites du modèle productiviste. Par contre  les alternatives sont déclarées suspectes: Kokopelli perd la face sur le marché des graines au mépris  de la biodiversité,  le secteur de l’économie bio doit se justifier au regard de l’agriculture chimique, les abeilles sont en danger de disparition et les timides décisions du nouveau gouvernement sont prises à l’arraché…

La conférence environnementale est une occasion pour montrer à Hollande que le monde a changé et que nous devons tous  évoluer.

Tout l’enjeu de notre époque est de savoir si nous allons ou non tourner le dos au vieux monde productiviste jusqu’à la mort du dernier de ses esclaves. Pourtant la crise actuelle nous montre qu’un nouveau monde est possible, qui intègre les questions énergétiques et environnementales, les relations économiques, les  communications etc. Dans son ouvrage « la troisième révolution industrielle », Jeremy Rifkin brillant essayiste américain dresse la vison du monde nouveau fondé sur les énergies renouvelables, les bâtiments jouant le rôles de centrales énergétiques positives, le stockage de l’hydrogène, les réseaux intelligents en énergie comme en communication, 

C’est un enjeu systémique mondial et local pour reprendre l’approche d’Edgard Morin.

L’indispensable éthique de conviction

Hollande a réussi à se faire élire sur la promesse d’une société plus juste et plus respectueuse des citoyens et de la démocratie. Le premiers pas de son gouvernement ne sont pas à la hauteur des promesses ou plus exactement de ce que chacun avait compris du changement promis. L’état de grace étant passé on attend dans tous les domaines les signes d’une politique assise sur la conviction du Capitaine.

C’est ce moment que nous vivons; il faudra dissiper les malentendus mais aussi désigner le cap, écouter et motiver.

Avec la crise, nous sommes entrés dans un nouveau paradygme, les repères sont brouillés. La crise énergétique et la crise économique et sociale vont de pair. On ne peut traiter l’une sans l’autre.

L’annonce des changements de mode de vie en lien avec la finitude de nos ressources naturelles procède de ce même cap nécessaire pour garantir la qualité de vie sur notre petite planète.

Sur le nucléaire Hollande doit sortir du flou: soit le nucléaire n’est pas dangereux et alors Hollande doit énoncer le plan de route ci dessus. Soit le nucléaire est dangereux notamment depuis Fukushima et dans ce cas il faut arrêter les centrales et vite!,  au risque d’un nouvel accident en France.

Tout moyen terme n’est que l’acceptation du risque et depuis Tchernobyl et Fukushima, « on ne peut laisser des enfants jouer avec des allumettes ». Ce n’est pas un caprice de « bobo » mais une évidence.

En République, c’est le devoir d’un Chef d’Etat que de  protéger les citoyens. Un bon roi n’en ferai pas moins pour ses sujets.

Si le rôle du Capitaine est d’annoncer les tumultes du monde et de de l’économie, il est aussi d’annoncer et d’énoncer  les changements écologiques indispensables. La mutation de notre système énergétique va avec car s’il s’agit d’en finir avec le nucléaire,  il s’agit avant tout de protéger l’espèce humaine. 

C’est ce cap qui sera probablement difficile à Hollande d’ annoncer au peuple endormi dans une économie productiviste sans lendemain, tout en le rassurant sur les alternatives à construire ensemble. L’Europe recèle effectivement de nombreuses expériences réussies qui peuvent servir de points d’appui dans le monde latéral et coopératif à construire.

Faute de pouvoir engager tout le monde dans une « réflexion politique approfondie » selon l’expression de Gauchet, le pouvoir doit s’engager dans la pédagogie de l’action en mobilisant tous les moyens et capacités des individus pour la transition écologique et sociale.

Encore faut il en avoir la conviction.

http://abonnes.lemonde.fr/politique/article/2012/09/08/marcel-gauchet-hollande-sait-faire-mais-n-a-pas-de-cap_1757431_823448.html

https://leblogdejeudi.wordpress.com/2011/12/31/jeremy-rifkin-le-nucleaire-est-mort/

https://leblogdejeudi.wordpress.com/2012/07/03/jeremy-rifkin-la-troisieme-revolution-industrielle/

https://leblogdejeudi.wordpress.com/2012/02/10/pourquoi-on-peut-aimer-le-dernier-rifkin/

https://leblogdejeudi.wordpress.com/2011/11/20/jeremy-rifkin-une-empathie-nouvelle-gagne-lhumanite/

https://leblogdejeudi.wordpress.com/2012/01/09/jeremy-rifkin-partageons-lenergie-comme-linformation/

http://abonnes.lemonde.fr/planete/article/2012/09/11/francois-hollande-doit-siffler-la-fin-de-la-recre_1758498_3244.html

Le nucléaire est une énergie du passé

 

Il est urgent qu’Arnaud Montebourg et Manuel Valls posent enfin le pied dans l’univers de la société civile et de l’immense majorité de la communauté scientifique qui défendent des scénarios de sortie progressive du nucléaire. L’Allemagne, la Belgique, l’Italie, les Etats-Unis, la Chine et évidemment le Japon considèrent tous que le nucléaire n’est pas une industrie d’avenir : tellement d’inconvénients et si peu d’avantages ! Par Franck Pupunat, porte-parole du Mouvement Utopia, Nicolas Pagnier (PS), Pierre Lucot (EELV), Myriam Michel (Parti de gauche). Le Monde.fr  28.08.2012 

Tellement d’inconvénients. Les ministres socialistes ne semblent pas croire au risque… et pourtant André-Claude Lacoste, président de l’Autorité française de sûreté nucléaire, déclarait il y a quelques mois : « Je l’ai toujours dit : personne ne peut garantir qu’il n’y aura jamais un accident grave en France. » Au cours des vingt dernières années, nous avons frôlé la catastrophe majeure en France à plusieurs reprises, notamment à la centrale du Blayais en 1999. Si l’on appliquait la carte des zones irradiées de Tchernobyl sur un fond de carte de France, ce serait près d’un quart du territoire qui serait inhabitable pour plusieurs générations, plus d’une dizaine de millions de personnes déplacées et gravement exposées à des risques sanitaires majeurs. La probabilité des risques augmente d’ailleurs avec le vieillissement des centrales et le dérèglement climatique.

Et que dire des déchets qui représentent certainement le cadeau empoisonné le plus lourd que nous allons léguer aux générations futures ? Des tonnes de déchets dont les durées de vie dépassent les 100 000 ans !

Et si l’on revient sur terre, comment Arnaud Montebourg peut-il défendre une industrie qui nous rend complètement dépendant des ressources et des industries étrangères ? Du combustible (la totalité de l’uranium nécessaire au nucléaire en France est importée) à l’acier nécessaire pour la construction des réacteurs en passant par les licences d’exploitation de la filière PWR de Westinghouse venue des USA (54 réacteurs français sur 58 sont sous licence Westinghouse).

Et si peu d’avantages. Non, contrairement à une idée reçue, le nucléaire ne permet pas de lutter contre le dérèglement climatique. D’abord, aujourd’hui il n’existe aucune analyse comparative sérieuse qui prenne en compte l’ensemble du cycle de vie d’une centrale (de l’extraction de l’uranium, du transport, de la construction, du stockage des déchets pendant des milliers d’années, du démantèlement…). Ensuite rappelons que le nucléaire ne produit « que » de l’électricité et que les émissions de CO2 proviennent ultra majoritairement de l’agriculture, des transports, de l’industrie… Se passer du nucléaire n’a donc quasiment aucun impact sur les émissions de gaz à effet de serre.

De même, les pro-nucléaires mettent en avant une énergie au coût très faible. Mais le coût facturé est officiellement « arbitré » par le gouvernement et la facture n’intègre pas la totalité des coûts d’investissements initiaux, de recherche, du démantèlement, du stockage des déchets, ou de l’assurance. Le nucléaire n’est donc pas « en soi » une énergie peu chère.

Quant à la question de la sauvegarde de l’emploi, la position d’Arnaud Montebourg est un mystère… De nombreuse études montrent que sortir du nucléaire créerait 2 à 3 fois plus d’emplois que la filière nucléaire : une production en unités de taille modeste, décentralisée et à productivité moindre. On est à peu près dans le même cas de figure que pour l’agriculture bio ou paysanne par rapport à l’agriculture intensive. En Allemagne, on estime que 340 000 emplois ont été créés ces dix dernières années dans le domaine des renouvelables et de l’efficacité énergétique suite à la décision de sortie du nucléaire.

Alors, le nucléaire, une filière d’avenir ou du passé ? Après tout, la plupart des pays, y compris dits développés et bénéficiant d’un bon confort énergétique, n’ont pas recours à cette énergie. Il existe de nombreuses autres manières de produire de l’électricité ainsi que des scénarios alternatifs. L’industrie nucléaire est donc résolument une industrie du passé et la sortie du nucléaire débarrasserait à coup sûr l’humanité de l’une des plus grandes folies humaines de ce siècle.

Franck Pupunat, porte-parole du Mouvement Utopia, Nicolas Pagnier (PS), Pierre Lucot (EELV), Myriam Michel (Parti de gauche)

Franck Pupunat, porte-parole du Mouvement Utopia ; Nicolas Pagnier, porteur de la contribution générale « Socialistes, altermondialistes, écologistes) au Parti socialiste ; Pierre Lucot, membre des instances nationales d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV) ; Myriam Michel, membre du Parti de gauche).

Utopia est une coopérative politique et citoyenne qui défend ses idées dans les différents partis politiques de gauche (EELV, PG et PS). Utopia soutiendra une motion d’orientation lors du prochain congrès du Parti socialiste.

Batho: la politique de la France sur le nucléaire est claire, cohérente et solide.

La politique de la France sur le nucléaire est claire, cohérente et solide, a affirmé la ministre de l’Ecologie Delphine Batho mercredi sur RMC Info/BFM TV, regrettant la polémique inutile suscitée par les propos d’Arnaud Montebourg (Redressement productif). AFP PARIS Romandie News 29 08 2012

La politique de la France en matière d’énergie est claire, cohérente, solide. C’est la complémentarité entre les énergies renouvelables que nous voulons massivement développer et le nucléaire dont nous continuerons d’avoir durablement besoin, a-t-elle déclaré.La ministre a assuré que l’Etat allait continuer à investir dans le nucléaire, ne serait-ce que dans le démantèlement.

C’est une filière industrielle qui a un avenir ( sic) , les énergies d’avenir ce sont les énergies renouvelables, a-t-elle ajouté, regrettant une polémique inutile.

Sur le gaz de schiste, Mme Batho a réaffirmé que la fracturation hydraulique demeure et demeurera interdite, rappelant que c’était aujourd’hui la seule technique d’exploitation existante.

Si une autre technique était mise au point, on aurait un débat, a-t-elle précisé.

La ministre de l’Ecologie s’est en outre déclarée favorable au projet de nouvel aéroport à Nantes, sujet de discorde au sein de la majorité, estimant qu’il s’agit d’une infrastructure dont nous aurons besoin. ( La voix de son Maitre ou  une annonce des arbitrages?)

Interrogée sur les divergences entre socialistes et écologistes, Mme Batho a admis qu’il y avait des différences mais a estimé que c’était une richesse.

Je ne crois pas que ce soit un problème. Je pense que la diversité de la majorité est nécessaire dans la mesure où on veille à la cohérence d’ensemble de l’action gouvernementale, a-t-elle ajouté.

Romandie News

Le nucléaire, un luxe hexagonal

Les socialistes, Montebourg en tête, parent à nouveau l’atome de toutes les qualités, comme s’il ne s’était rien passé à Fukushima. Mais vanter cette énergie comme « peu chère » est un gros mensonge, souligne cet éditorial de la Tribune de Genève. 28.08.2012, Olivier Bot, Tribune de Genève

Quand Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif français, dit que « le nucléaire est une filière d’avenir », il dit la vérité. L’Agence internationale de l’énergie atomique a évalué à plus de 100% la progression de son usage sur la planète d’ici à 2030, essentiellement en Inde et en Chine. Quand il justifie le choix du nucléaire en parlant d’une « énergie pas trop chère », le ministre français ment.

L’électricité n’est certes pas chère en France. Mais parce qu’elle n’intègre pas tous les coûts de cette filière. Le coût de production du kilowatt atomique devrait logiquement intégrer le prix grandissant de la sécurité, celui du retraitement des déchets, ou encore du démantèlement des centrales nucléaires devenues obsolètes, voire dangereuses. Il devrait aussi prendre en compte les surcoûts de construction des dernières innovations très controversées que sont le réacteur nouvelle génération de Flamanville ou le centre de recherche Iter à Cadarache.

Mais en France, le lobby constitué autour d’EDF et d’Areva est un Etat dans l’Etat, comme on a pu le dire du complexe militaro-industriel aux Etats-Unis ou dans l’ex-URSS. Bref, le nucléaire est un luxe, même si cela rapporte à la France qui exporte son savoir-faire un peu partout.

Dans le débat qui agite toute l’Europe sur cette énergie depuis les accidents de Tchernobyl (1986) et de Fukushima (2011), plusieurs pays dont la Belgique, l’Allemagne et la Suisse se sont engagés dans la courageuse voie de la sortie, après l’Autriche, l’Italie et le Danemark. Pour beaucoup, c’est un luxe que seuls des pays riches peuvent se payer.

Le nouveau président François Hollande a promis de réduire « la part de l’électricité nucléaire en France de 75 à 50 % à l’horizon 2025 ». Les antinucléaires d’Europe Ecologie-Les Verts qui participent au gouvernement Ayrault commencent à douter de la sincérité de cet objectif. Ils ont raison. Le ministre de la réindustrialisation a complété ses propos hier : le nucléaire, c’est 500 000 emplois en France.