Près de Nantes, au cœur du bocage anti-aéroport

Un mois après les premières interventions de centaines de gendarmes mobiles et de CRS, on se serre les coudes à Notre-Dame-des-Landes. Opposants de longue date à l’aéroport, paysans, militants politiques, squatters, préparent une manifestation de réoccupation de la zone, samedi. Rencontres. Ouest France mardi 13 novembre 2012

  • Sylvain Fresneau (à droite) a mis son hangar agricole à disposition des expulsés et de ceux qui affrontent les forces de l'ordre.

    Sylvain Fresneau (à droite) a mis son hangar agricole à disposition des expulsés et de ceux qui affrontent les forces de l’ordre.

    Photo : Jérôme FOUQUET

Permanence des opposants à l’aéroport, devant la mairie de Notre-Dame-des-Landes. Une délégation venue de Dinan-Saint-Malo se présente avec pâtes, riz, fruits secs, et crêpes dentelles.

Mais Julien Durand et Michel Tarin, paysans retraités et piliers de la contestation, doivent d’abord régler une urgence : négocier avec une poignée de jeunes. Fraîchement débarqués, ceux-ci barrent une route départementale. Pas besoin d’en rajouter, alors qu’aucune force de l’ordre n’est signalée dans le secteur.

Surtout que des riverains expriment leur lassitude. Comme cette jeune femme, qui a appelé notre rédaction, racontant ses difficultés quotidiennes de déplacement, pour cause de routes défoncées, de barricades en feu, et de barrages de gendarmerie…

Direction la Vache-Rit, hangar agricole devenu base de vie et centre opérationnel des occupants de la ZAD (comprendre « zone à défendre »). L’ancien docker nazairien Gilles Denigot y a installé une grande marmite récupérée chez un copain charcutier bio. « On peut y préparer à manger pour 300 personnes. »

Expulsés des maisons vides qu’ils squattaient, délogés de constructions en bois et en terre, les militants anti-aéroport viennent ici se réchauffer, se nourrir, changer de vêtements avant de repartir harceler gendarmes mobiles et CRS.

Une partie du hangar est envahie par des collines de vêtements secs, des forêts de bottes, déposés par des soutiens extérieurs. Un couple de Carquefou est venu chercher des vêtements boueux, et les a lavés. Plus loin, l’espace nourriture. « Une fois par semaine j’apporte des légumes », témoigne Thérèse, une retraitée de Guenrouët.

La vache-Rit est sur le terrain de Sylvain Fresneau, 50 ans, cinquième génération de paysans. Son Gaec des Pommiers, 90 vaches laitières, est en cours d’expropriation. Le paysan a mis le hangar à disposition de ceux qu’il appelle « les jeunes ». Il déteste le mot « squatters ».

« Les CRS nous ont rapprochés »

« Sans eux, nous serions restés bien seuls dans la lutte. Les premiers sont arrivés il y a trois ans. Des relations se sont nouées. On se rend service. Aujourd’hui, certains vont m’aider à collecter les ficelles de bottes de paille et les bâches d’ensilage. » Au Liminbout, autre exploitation condamnée, Sylvie Thébault, exploitante de 46 ans, confirme. Elle avait aidé « les nouveaux habitants » qui retapaient Les Planchettes, une maison vide, rasée mi-octobre. « Quand mon mari a fait la grève de la faim, ils ont assuré la traite du soir ».

Alain Bretesché, lui, vit à la Rolandière depuis vingt ans, dans une maison désormais propriété d’Aéroports du Grand Ouest. Un sursis, obtenu par les grévistes de la faim du printemps, protège temporairement le couple de l’expulsion. Il a recueilli chez lui une éducatrice allemande et ses trois enfants, restés sur zone après un rassemblement anti-aéroport.

Aux Fosses noires, Élisabeth, 53 ans, locataire elle aussi bénéficiaire du sursis, a ouvert ses dépendances aux expulsés. Damien, 30 ans, y prépare une fournée. Venu « lutter contre l’aéroport, et expérimenter un autre mode de vie », le boulanger vivait aux 100 Chênes. « On avait des ruches, un jardin, on était autonomes ». Il a eu le temps de démonter son four avant l’arrivée des pelleteuses.

Camille, jeune maraîcher diplômé en environnement, avait été installé sur le terrain du Sabot par le mouvement international Reclaim the fields(Récupérons les champs). « On produisait des légumes pour les occupants de la zone. On nourrissait les antinucléaires, et les opposants aux lignes très haute tension. » Il ne reste rien du Sabot.

Un tracteur passe, la remorque chargée de matériaux de récupération. Samedi, les opposants appellent à une manifestation dite de« réoccupation ». Avec en point d’orgue la construction d’un bâtiment collectif.

D’autres abris sont déja en construction sur des terres mises à disposition par des propriétaires pas encore expulsables. Déjà ça trie, dépointe, préassemble. Par le passé, les occupants de la zone et les opposants historiques ont pu diverger dans leurs stratégies. « L’attaque des CRS a rapproché tout le monde », résume Alain Godin, paysan bio de 63 ans, un des pionniers de l’opposition à l’aéroport.

Marc LE DUC.

THT : la contestation de compétence jugée irrecevable

Un point supplémentaire marqué par les opposants à la ligne THT. Ouest France jeudi 25 octobre 2012

Un point supplémentaire marqué par les opposants à la ligne THT.

Ouest-France

Une trentaine d’arbres ont été abattus sans autorisation par RTE à Saint-Martin-d’Aubigny afin d’installer un pylône de la ligne THT.

Le juge des référés était alors saisi par la famille Paingt, propriétaire de ces arbres, pour atteinte au droit de propriété.

Le préfet de la Manche, aux côtés de RTE, a déposé un premier déclinatoire de compétence, puis un second, hier, mercredi 24 octobre.

Déclinatoires de compétence considérés comme irrecevables par le juge, ce jeudi.

L’affaire est renvoyée au jeudi 22 novembre.

THT: Le Prefet et RTE affirment que le courant passera à la fin de l’année

RTE a fait le point hier à Saint-Lô lors d’un comité de suivi interdépartemental. La ligne Cotentin-Maine de 400 000 volts pourrait être opérationnelle avant l’hiver. Ouest France  – 6 10 2012 Info Percysoustension

Si le courant passe, RTE passera avant avec l’argent qu’il faut pour … Les nucléocrates sont confiants et la Justice n’a plus qu’à bien se tenir « on va être intelligent » dit RTE … Et pour cause le Préfet a  demandé il y a peu au TGI de Coutances de se déclarer incompétent dans une nouvelle affaire d’implantation illégale de pylônes.   Jeudi s’est renseigné ce matin: nous sommes toujours dans un Etat de droit garanti  par un régime socialiste. Il parait même qu’ une loi viendra protéger les lanceurs d’alerte. Mais attention pas question de contrarier les nucléocrates de tout poil… Tout va bien.?! comme le disait Hervé Kempf il y a peu..

80 %
La construction des 163 km de la ligne Très haute tension (400 000 volts) reliant les postes de Taute (dans la Manche) et de l’Oudon (dans la Mayenne) est globalement réalisée à 80 %. Dans le détail, 35 % des câbles ont été déroulés. Sur les 420 pylônes, 361 ont été levés, notamment grâce à deux hélicoptères Puma acquis spécialement par RTE pour l’opération.
Avant l’hiver. Philippe Rémy, directeur du projet pour RTE, est confiant : « La mise en service est prévue d’ici la fin 2012. L’idéal serait de pouvoir bénéficier de la ligne avant les pics de consommation de l’hiver. »

Compensations, indemnisations. Sur les 124 maisons dans la bande des 100 m, 53 rachats ont déjà été effectués par RTE (dont 43 dans la Manche), « sur la base de l’estimation de France domaines, augmentée de 10 % », souligne Philippe Rémy. Une commission de préjudice visuel a été créée : 175 sollicitations de riverains situés au-delà de la bande des 200 m ont été déposées. Une autre commission est en cours de constitution pour se pencher sur le préjudice économique. « Elle n’était pas prévue à l’origine », reconnaît Philippe Rémy.

30 000 € par exploitation
La convention agricole consacre entre autres dispositions 30 000 € pour la mise aux normes électriques de chaque exploitation concernée par la ligne : sur 149 recensées, 90 ont été équipées. Il y aura trois fermes témoins : deux dans la Manche (à Feugères et Les Cresnays), une en Mayenne.

Mesures et suivi
Avant et après la mise en service de la ligne, les champs électriques et le bruit (particulièrement par temps de brouillard), vont être mesurés dans 35 habitations situées dans la bande des 100 m. Dans la Manche, 25 personnes se sont portées volontaires pour un suivi médical sur 5 ans.

Il reste des sous dans le PAP
Les 20 millions d’euros du PAP (Plan d’accompagnement du projet) peinent en revanche à trouver preneur : il reste encore près de 8 millions d’euros dans l’enveloppe initiale de 11 millions alloués au département de la Manche. S’il reste des sous deux ans après la mise en service de la ligne, ils seront réaffectés aux diverses activités de RTE. « Si c’était le cas, je considérerais ça comme un échec », estime le préfet Adolphe Colrat qui encourage les collectivités à déposer des projets.

Apaisement
Les travaux seront suspendus à Saint-Martin-d’Aubigny en attendant l’issue du recours en référé, l’audience ayant été reportée à jeudi 11. « On va être intelligent », concède Philippe Rémy. « Il y a du travail à faire ailleurs », conclut Adolphe Colrat.

Voir : Lignes THT : le référé reporté au 11 octobre

Jeudi 4, le juge devait examiner une requête similaire d’Hélène Paingt, 82 ans, à Saint-Martin d’Aubigny (Manche), où RTE avait commencé des travaux le 26 septembre sans l’arrêté préfectoral en question.

Il a reporté l’audience au 11 octobre car le préfet a estimé que cette affaire relevait du tribunal administratif et non du judicaire, selon l’avocat des opposants et RTE.

« C’est scandaleux. L’Etat et RTE méprisent la justice », a déclaré l’avocat des opposants à la THT, Me Gervais Marie-Doutressoulle.

Voir: Hervé Kempf: Tout va bien 

THT. Un agriculteur de la Manche fait stopper la construction

La société RTE, filiale d’EDF, a été condamnée ce jeudi à arrêter laconstruction de la ligne à très haute tension, sur le terrain d’un agriculteur de Montabot (Manche). Pour Gervais Marie-Doutressoulle, l’avocat des militants anti-THT, cette décision est une première victoire. Ouest France  jeudi 13 septembre 2012 Video FR3

Pour Gervais Marie-Doutressoulle, l'avocat des militants anti-THT, cette décision est une première victoire.

« C’est une grande satisfaction. Une première victoire. » Depuis fin 2008, Gervais Marie-Doutressoulle, l’avocat des militants anti-THT multiplie les actions contre RTE, filiale d’EDF.

Jeudi matin, le juge des référés et président du TGI de Coutances a ordonné à RTE de quitter la parcelle d’Yves Larsonneur, agriculteur à Montabot (Manche) et par là même, à cesser les travaux de construction sur cette même parcelle de la ligne à Très haute tension, liée à la construction de l’EPR de Flamanville.

Garde à vue

Le 31 juillet dernier, alors qu’il s’opposait avec sa compagne, à la venue de RTE sur son terrain, Yves Larsonneur, exploitant agricole, avait été mis en garde à vue.

« Quand il a regagné son domicile, il a été mis devant le fait accompli, raconte l’avocat. Les ouvriers avaient bien avancé le travail. Il a été humilié. Aujourd’hui, RTE connaît l’effet boomerang. Cette décision du juge des référés est une vraie réparation. Et une preuve de l’indépendance du juge. »

Le juge des référés estimé que RTE a commis une voie de fait en l’absence d’arrêté préfectoral d’occupation temporaire des Larsonneur.

Six autres propriétaires sont également susceptibles d’agir en référé.
Video de FR3 Normandie

Ligne THT : le secrétaire national des Verts était ce vendredi à Saint-Pierre-des-Landes

Le secrétaire national d’Europe écologie Les Verts, Pascal Durand, s’est rendu ce matin à Saint-Pierre-des-Landes à la ferme de Marcel Hameau, traversée par la ligne THT. « C’est scandaleux qu’EDF et Réseau de transport d’électricité passent ainsi en force sans concertation avec les populations locales, a fustigé le remplaçant de Cécile Duflot. Leur stratégie est toujours la même : installer au plus vite les pylônes, alors qu’il n’y a pas d’urgence, afin de mettre les riverains devant le fait accompli. Ceci malgré les recours en justice qui ne sont pas suspensifs. Ce dernier point est un vrai problème ». Ouest-France, le 7/09/2012

Le porte-parole d’Europe écologie les Verts (EELV), avant de poursuivre son déplacement à Notre-Dame-des-Landes (projet de futur aéroport), s’est insurgé « contre le non-respect du principe de précaution, pourtant un droit constitutionnel ».

Source: Ouest  France et  Percy sous tension

Dégagement de fumée à la centrale de Flamanville

Ce matin à 10 h 30, un dégagement de fumée a été constaté sur un diesel de secours, installé dans l’unité N° 2 de la centrale de Flamanville. Trois véhicules de pompiers ont été dépêchés sur place. Ce dégagement n’a provoqué aucun dommage, ni pour les personnes, ni pour la sécurité. Le diesel en question était en essai périodique quand l’incident s’est produit. La machine n’est pas située en zone nucléaire. Les raisons de cet incident sont en cours d’analyse. Ouest France jeudi 06 septembre 2012

Nucléaire, Gaz de schiste: EELV et le gouvernement pourraient « divorcer »

Le divorce entre Europe Ecologie Les Verts (EELV) et socialistes arrivera « vite » si le gouvernement prend le chemin du « conservatisme productiviste », a déclaré vendredi l’eurodéputé écologiste Yannick Jadot. OUEST FRANCE – Thomas BREGARDIS vendredi 31 août 2012

Quand Laurence Rossignol ( PS) déclare que « Toute cette agitation est sans fondement réel et concret.*  » , qu’elle aille dire ça aux victimes de tchernobyl et de Fukushima….( Voir article du Monde ci-dessous)

Ouest France: Le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg a créé la polémique dimanche chez les écologistes en qualifiant le nucléaire de « filière d’avenir ». Des propos soutenus par la ministre de l’écologie Delphine Batho qui a estimé jeudi que la France avait « durablement besoin du nucléaire »

Le gaz de schiste

Un débat a également émergé au sein de la majorité au sujet de l’exploitation des gaz de schiste. La France a banni en 2011 l’usage de la technique de fracturation hydraulique, mais le Premier ministre Jean-Marc Ayrault n’a pas exclu un feu vert à l’exploitation des gaz de schiste avec une technique moins polluante.

 « Si ce gouvernement, qui se veut un gouvernement du redressement productif, devient un gouvernement du conservatisme productiviste, (le divorce) va arriver vite », a déclaré Yannick Jadot sur France Info. « Si la politique énergétique décidée par ce gouvernement devait être la réouverture du dossier des gaz de schistes, poursuivre l’investissement sur le nucléaire, il est évident que ça poserait la question de notre participation », a-t-il ajouté, estimant toutefois que les déclarations de certains ministres étaient à ce jour « isolées ».

Après la conférence environnementale des 14 et 15 septembre prochains, un grand débat sera ouvert à l’automne sur l’énergie.

 Programme de transition énergétique

Le gouvernement souhaite une loi de programmation sur la transition énergétique pour le premier trimestre 2013. Dans le cadre des élections législatives de juin dernier, le Parti socialiste et EELV ont signé un accord qui prévoit, entre autres, la réduction de la part du nucléaire dans la production d’électricité française de 75 % à 50 % d’ici à 2025.

Grâce à cet accord, les écologistes, qui appartiennent à la majorité gouvernementale, ont obtenu un groupe à l’Assemblée nationale. La formation a également gagné deux portefeuilles au sein du gouvernement de Jean-Marc Ayrault avec Cécile Duflot au Logement et Pascal Canfin au Développement.

Les écologistes sous pression au gouvernement LE MONDE | 01.09.2012 à 09h41 

Par Raphaëlle Besse Desmoulières et David Revault d’Allonnes

Nucléaire, gaz de schiste, traité européen : en une semaine, le climat s’est nettement rafraîchi entre les deux principaux partenaires de la majorité.

Au point que le député européen écologiste Yannick Jadot, interrogé vendredi 31 août sur France Info, s’est résolu à envisager un « divorce » dans la majorité :« Si ce gouvernement qui se veut un gouvernement du redressement productif devient le gouvernement du conservatisme productiviste, ça va arriver vite. »

L’objet de l’ire de M. Jadot : les propos tenus, après ceux d’Arnaud Montebourg, par la ministre de l’écologie, Delphine Batho, jeudi, à l’université d’été du Medef, à Jouy-en-Josas. Mme Batho y déclarait, devant un parterre de chefs d’entreprise, que « la France a durablement besoin du nucléaire » et devait développer les énergies renouvelables en parallèle. Le tout en restant dans les engagements de François Hollande de diminuer de 75 % à 50 % la part du nucléaire dans la production d’électricité d’ici à 2025.

La ministre de l’écologie, pour sa part, assure n’avoir fait que son devoir : « La politique de la France est parfaitement claire : on a besoin durablement du nucléaire mais on doit réduire sa part dans la production d’électricité », répète Mme Batho au Monde.

Et la ministre d’évacuer la polémique : « Les choses ont été parfaitement exposées lors de la campagne, elles ont d’ailleurs donné lieu à un débat. François Hollande a tranché. Il n’y a pas matière à entretenir des doutes sur des engagements qui seront tenus. »

NOËL MAMÈRE ÉVOQUE UNE « ACTION CONCERTÉE »

« En observation » depuis le départ du ministère de Nicole Bricq, désavouée sur la question des forages en haute mer, la nouvelle ministre de l’écologie a rappelé récemment son soutien au projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), auquel est farouchement opposé Europe Ecologie-Les Verts (EELV). « C’est un peu décevant », note le président du groupe écologiste à l’Assemblée nationale, François de Rugy, qui juge qu’elle est « dans le conformisme traditionnel le plus absolu ».

Noël Mamère va plus loin, qui pointe une « action concertée ». « Les déclarations de Montebourg ne peuvent plus être considérées comme isolées, juge le député de la Gironde. C’est d’autant plus inquiétant qu’elles viennent d’un tandem formé par le ministre de l’industrie et celle de l’écologie. »

A quelques jours de la conférence environnementale, les 14 et 15 septembre, cela passe mal. « Mme Batho va être la garante de l’impartialité des débats. Faire ces déclarations, c’est au minimum maladroit et au pire provocateur », dit-il, lui qui juge que « les socialistes tiennent un discours qui ressemble assez furieusement à celui du précédent gouvernement ».

Côté PS, on feint de s’étonner de l’attitude des écologistes. « Il y a dans ce débat beaucoup de postures, note la sénatrice Laurence Rossignol, secrétaire nationale du PS à l’environnement. EELV a signé l’accord concernant les 50 % de nucléaire dans le mix de production électrique. Ils savaient donc bien que le nucléaire allait rester majoritaire. »

Mais il s’agit aussi pour les écologistes, au sein de l’équipe Ayrault, de défendre leur existence et leur place dans la majorité. Aux yeux de Philippe Martin, vice-président PS de l’Assemblée et spécialiste de l’environnement, le rapport de forces issu des dernières élections et la pression de la crise rendent l’enjeu écologique moins pressant : « Les Verts auraient dû se douter que les choses allaient se passer comme ça au vu des résultats de la présidentielle. Les Français n’ont pas eu un élan massif envers la candidate Verte. Et les urgences sociales et économiques mettent une telle pression sur les ministres que la recherche d’un autre modèle de consommation devient moins prioritaire. »

« PETITES PHRASES PROVOCATRICES »

Voilà pourquoi les écologistes, qui, outre le nucléaire et le projet de Notre-Dame-des-Landes, se démarquent des socialistes sur les gaz de schiste et sur le traité budgétaire européen, accentuent la pression. « Sur la fermeture de la centrale de Fessenheim, je dis « quand et comment ? », interroge Jean-Vincent Placé, président du groupe écologiste au Sénat. Idem sur la feuille de route sur le nucléaire pour aller de 75 % à 50 %… »

Leur participation gouvernementale n’est pour l’heure pas remise en cause. Mais le ton se fait plus menaçant. « On commence tous à être très inquiets des prises de positions de différents membres du gouvernement, confirme Pascal Durand, secrétaire national d’EELV. Ces petites phrases provocatrices ne sont pas dignes d’un débat constructif. » Voilà au moins un point sur lequel socialistes et écologistes sont d’accord.

« Il faut que les ministres qui parlent de nucléaire soient très précautionneux, et en même temps il faut faire attention à ce qu’on ne rediscute pas tout le temps de tout, estime Laurence Rossignol. Toute cette agitation est sans fondement réel et concret.*  » 

Raphaëlle Besse Desmoulières et David Revault d’Allonnes

* Jeudi: Qu’elle aille dire ça aux victimes de tchernobyl et de Fukushima….

Voir:

EPR, PS-EELV: pas d’accord politique pour un plat de lentilles….

François Hollande s’assoit sur l’accord PS/Verts et rassure les salariés d’AREVA

Le Procureur de la République de Coutances et la THT

Entretien exclusif avec le Procureur de Coutances. Ouest France mardi 28 août 2012

Le procureur de la République auprès du tribunal de Coutances, Renaud Gaudeul, a accepté de répondre aux questions de Ouest-France sur le dossier de la ligne THT Cotentin-Maine. Il revient sur les premières condamnations prononcées à l’encontre de deux opposants, mardi dernier. Il évoque également le rôle du parquet dans un dossier jugé « sensible ».

À lire également dans nos colonnes, les vives réactions de Pascal Ferey, président de la FDSEA 50, après la fin de non-recevoir adressée par RTE. Le syndicaliste souhaitait rencontrer le président du directoire de la filiale d’EDF, Domnique Maillard. Une rencontre qui n’a pas eu lieu et provoqué la colère du représentant de la FDSEA dans la Manche.

A lire sur le journal Ouest France

 

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Anti-THT. Un dernier pique-nique avant la « rentrée »

Une soixantaine de militants anti-THT étaient réunis samedi 25 août à Notre-dame-de-cenilly. Ouest France samedi 25 Aout 2012
Différents membres d’associations militantes du département se sont retrouvés pour un pique-nique pacifiste dans la propriété de Gerard Lacroix, situé à 150 m d’un des pylônes de la ligne Cotentin-Maine. Comme souvent lors des pique-niques militants, les discussions ont tournées autour de la ligne à haute tension.

« Nous sommes déçus », explique Geraldine Tallec, présidente de l’association des riverains, à propos des récentes condamnations de militants anti-THT par le tribunal de Coutances. « Mais on ne peut pas s’arrêter, nous sommes toujours en résistance », continue Gerard Lacroix.

Les forces de l’ordre (patrouilles de gendarmerie incessantes, survol d’hélicoptères) présentes autour de la propriété depuis plusieurs mois, ont laissé le pique-nique se dérouler dans le calme.

http://www.ouest-france.fr/ofdernmin_-Anti-THT.-Un-dernier-pique-nique-avant-la-rentree-_6346-2106995-fils-15_filDMA.Htm

Notre-Dame-de-Cenilly : le pique-nique est resté pacifiste chez les anti-THT

« Entrée privée interdite à la gendarmerie », le panneau fait mouche dans l’entrée de La Tullière, situé à 150 m d’un pylône. Gérard Lacroix, militant anti-THT et propriétaire des lieux, l’a installé il y a trois semaines :
« Depuis trois mois, les gendarmes rentraient dans le chemin de la maison, faisaient le tour et repartaient. Ils se justifiaient en disant que leur plan pour accéder aux pylônes était mauvais. Depuis je n’ai plus aucune visite », explique-t-il avec d’humour. Pour accentuer le cynisme, Gérard a également installé une pancarte fléchée :« Accès aux pylônes ».
Sa propriété était le lieu de rendez-vous d’une soixantaine de militants, samedi. Ils ont organisé un pique-nique pacifiste, sans confrontation, sans présence massive de forces de gendarmerie, où les militants des différentes associations ont pu discuter en cassant la croûte. L’occasion de revenir sur une semaine chargée.
« On est très déçu des décisions rendues cette semaine, explique étonnée Géraldine Tallec, présidente de l’Association des riverains à propos des deux militants condamnés à Coutances et à Laval. Mais on ne peut pas arrêter de se battre ». « Nous sommes toujours en résistance, on doit leur faire comprendre qu’on ne partage pas leurs manières non-démocratiques », continue Gérard.
Damien Sineux, médecin urgentiste et militant anti-THT, parle de « vraie résistance et de relance du problème »cette semaine. Les histoires d’atteintes à la propriété privée ont, pour lui, plus sensibilisé le public que les revendications écologiques.
La bataille n’est pas finie et les militants anti-THT n’ont pas dit leur dernier mot : « Ils ont fait de nous des révoltés, on est pourtant plus Gandhi que Malcom X ».

Claire PRUDHOMME
Ouest-France, le 26/08/2012

source:  http://percysoustension.pagesperso-orange.fr/epr_et_tht/archives/cenilly_02.html

THT: Le village survolté refuse la ligne de 400 000 volts

320 pylônes sur 160 km entre Saint-Sébastien-de-Raids (Manche) et Beaulieu-sur-Oudon (Mayenne). La ligne très haute tension (THT) taille sa route dans la campagne où elle plante ses chandeliers. Il y a un os. Un os en forme de village : Le Chefresne. François Simon Ouest France samedi 25 août 2012

Claude Osmond et Martine Leroy, chez eux, au Chefresne. En toile de fond, le pylône monté à quelques mètres de leur exploitation.

Claude Osmond et Martine Leroy, chez eux, au Chefresne. En toile de fond, le pylône monté à quelques mètres de leur exploitation. Photo : Joël LE GALL

Le coin est bossu et touffu. Il n’y a rien de plat au Chefresne : « Ici c’est trois vallées, point barre. » Tout a du relief : les paysages, les gens. Les gens sont même du genre haut perché.

Dans le bois de la Bévinière, d’intrépides alpinistes campent à 8 m sur des plateformes dans les arbres, pour protester contre la THT. Et attendent de pied ferme qu’on vienne les en déloger. Ils ont essuyé un printemps glacial, un été humide mais campent toujours. Ils sont coriaces, les jeunes écureuils.

Coriace aussi Martine Leroy. Haut perchée pareillement : l’agricultrice passe une partie de ses journées au bout de la fourche déployée de son tracteur. La THT surplombera sa ferme sur 1 km : « On me saccage mon outil de travail qui devient invendable. » Martine Leroy, déterminée à ne pas vivre sous 400 000 volts, avec ses vaches, sous le futur pylône 227. Le terrain reste donc inaccessible aux constructeurs de pylônes.

Claude Osmond, son compagnon, y a lâché un taureau noir irascible et sanguin qui fonce sur tout ce qui bouge. Au Chefresne, engraisse le seul taureau à meugler « Mort aux vaches ! ». Tous les jours, des connaissances passent voir la courageuse Martine. Quand ils s’en vont, ils envoient un texto énigmatique aux copains : « Cendrillon toujours dans son godet. » Comprendre : toujours dans son tracteur.

Ainsi va la vie au Chefresne, 305 habitants, tête d’épingle d’une Normandie de carte postale, à la verdure grassouillette, aux collines peignées comme un tweed anglais, le damier de haies vives dessinant une marqueterie chlorophyllée. Pourquoi la ligne THT (rebaptisée par des ricaneurs en « ligne t’es acheté ») bute-t-elle ici ? RTE, la filiale d’EDF, a pourtant mis le paquet. Jamais, dans l’histoire de l’énergie, on avait autant accompagné financièrement un tel ouvrage. Le chantier de 350 millions d’euros arrose généreusement. Et achète même les maisons situées à moins de 100 m du passage de la ligne.

Le Chefresne dispose ainsi d’une coquette promesse de dotation de 197 518 €. Que la commune, au modeste budget de 150 000 €, refuse tout net : « Pas d’argent de la corruption chez nous. »

« Cendrillon toujours dans son godet »

C’est là où il faut faire connaissance avec Jean-Claude Bossard. Bossard le trublion, l’ancien boulanger-pâtissier au sourire en forme de croissant. Bossard, l’original, le non violent, l’inflexible, le voyageur parti à 14 ans, revenu au pays, élu maire à la surprise générale en 2001. Et qui s’y révèle un écologiste « plein d’idées, de bon sens, cohérent ». Il interdit les pesticides, les OGM. Il recouvre le toit de l’église de panneaux solaires :« EDF nous achète 12 000 € de courant chaque année. Je ne me contente pas de refuser la ligne qui part de l’EPR de Flamanville. Je ne suis même pas client. »

Pour le rouleau compresseur nucléaire, habitué à plus de docilité en Manche, le département français le plus atomisé de France, l’adversaire est redoutable car ingérable, insaisissable, inventif. Il a de la moelle, de l’instinct et des nerfs. Début juin, voyant débarquer sept voitures de gendarmerie, Bossard se voit emmener manu militari pour une nuit de garde à vue, ceint de son écharpe tricolore. C’était le 6 juin.

Le 6 juin, d’ordinaire en Normandie, on débarque. Lui, il est embarqué. Il en rit encore. Mais un peu jaune : « La France donne des leçons de démocratie au monde entier ? Moi, j’ai vu que notre démocratie est bien malade. J’en ai démissionné. Comme un joueur de foot qui quitte le terrain parce que l’arbitre triche. »

Depuis, Le Chefresne ne compte plus qu’un élu en place. Des élections sont prévues le 9 septembre mais il n’y a aucun candidat déclaré. Le 9 septembre, Jean-Claude Bossard sera aux abonnés absents : « Je serai en Bolivie, sans téléphone portable. » Il a en tête un tour du monde lent et curieux. Il disparaît du paysage. Ce qui chagrine un peu Laurent Lhermitte, le précieux correspondant d’Ouest-France, en poste depuis 48 ans : « C’est un peu mon fonds de commerce qui s’en va. »

Quand on quitte Le Chefresne, on croise d’étranges et belles ruines : un temple protestant. Oui, en 1553, le seigneur des lieux avait été conquis par les idées nouvelles et épousé la religion protestante. Protestants, au sens civil du mot, ils le sont restés un peu, beaucoup…

François SIMON.