Mix énergique, taxe carbone, lutte contre la pollution… les sujets conflictuels abondent

Quelle transition énergétique ?

Le gaz de schiste n’aurait pas dû être l’une des vedettes de la conférence environnementale puisqu’il est l’un des thèmes-clés du débat à venir sur la transition énergétique. Mais les déclarations d’Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif, suivies de celles de Jean-Marc Ayrault qui semblaient plaider pour une réouverture du dossier de cet hydrocarbure non conventionnel, ont relancé le débat et la mobilisation dans le sud-est de la France où la contestation était partie dès fin 2010.

Selon plusieurs sources, François Hollande qui inaugurera le 14 septembre la conférence, pourrait  » recadrer  » le chantier. Il y est notamment poussé par de nombreux parlementaires socialistes qui veulent fermer ce front. Le président de la République pourrait donc se prononcer pour un moratoire sur les expérimentations scientifiques, autorisées sous moult contraintes, dans la loi du 13 juillet 2011.

Le nucléaire pourrait être aussi évoqué. Ne serait-ce que pour rappeler les engagements du candidat François Hollande à savoir la réduction de la part de la production d’électricité issue de l’atome, de 74% à 50% d’ici à 2025 et la fermeture de la centrale de Fessenheim, la plus ancienne du parc français d’ici à 2017. Un nouvel incident chimique – après un départ de feu au printemps – survenu mercredi 5 septembre dans la centrale alsacienne a remobilisé les Verts qui attendent du gouvernement un calendrier plus précis sur la fermeture des deux réacteurs.

Relance de l’éolien et du solaire ?

Le secteur des énergies renouvelables attend une clarification de la stratégie des pouvoirs publics après deux années de décisions contradictoires. Les installateurs d’éoliennes espèrent une simplification des procédures réglementaires.

Les opérateurs du photovoltaïque, dont beaucoup sont en difficulté, réclament de leur côté des mesures d’urgence sur le tarif de rachat de l’électricité ainsi qu’un nouvel appel d’offres pour les centrales d’une puissance supérieure à 250 kV. Mais c’est sur le développement de l’éolien en mer que les annonces sont attendues avec le lancement d’un deuxième appel d’offres pour des sites au large du Tréport (Seine-maritime) et de l’île de Noirmoutier (Vendée).

Chantier de la rénovation thermique

Le candidat Hollande a promis la réalisation d’un million de logements basse consommation par an, moitié en neuf, moitié en ancien. La rénovation thermique des bâtiments est l’un des plus gros chantiers du gouvernement. Son objectif est triple : créer des emplois, lutter contre la précarité énergétique et réduire les émissions de CO2. Le gouvernement doit trancher deux questions : faut-il rendre obligatoire- notamment pour les ménages- cette mesure et trouver les moyens de financer le plan de réhabilitation. Une des pistes évoquées par Cécile Duflot, serait de mieux utiliser les fonds européens. Mais ce sera loin d’être suffisant.

Biodiversité

Les défenseurs de la nature n’ont rien contre une loi-cadre sur la biodiversité, dont la méthode et le calendrier devraient être précisés durant la table ronde du même nom. Mais leur urgence, reste la mise en oeuvre de la Stratégie nationale pour la biodiversité (SNB), lancée en mai 2011 par le précédent gouvernement. Car pour qu’elle soit déterminante dans les politiques publiques, tout ou presque reste à faire. A commencer par l’engagement de tous les ministères concernés. Pour coordonner et aider les décisions au plan régional et local, la création d’une Agence nationale de la biodiversité, sur le modèle de l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), est évoquée depuis 2007. Cette structure, pour laquelle une mission de préfiguration pourrait être annoncée, aurait pour tâche première d’aiguiller les élus désireux d’agir en faveur des écosystèmes. Enfin, le candidat François Hollande avait promis de rendre contraignante la création de la trame verte et bleue prévue par le Grenelle de l’environnement. La promesse sera-t-elle tenue dès ce week-end, ce serait un signal fort.

Risques sanitaires

Le dossier des perturbateurs endocriniens est représentatif des souhaits des Français, dont plus de la moitié (52 %) attend de la conférence environnementale des décisions vis-à-vis de l’impact de l’environnement sur la santé, selon un sondage Ifop pour le WWF et le Rassemblement pour la planète publié mercredi 12 septembre. Pour un nombre croissant de scientifiques, de lanceurs d’alerte et d’associations, il est urgent d’agir contre les substances comme le bisphénol A (Bpa), ou les phtalates, présentes dans l’environnement, susceptibles d’altérer le bon fonctionnement hormonal et d’avoir des répercussions sur les futures générations suivantes. Le parlement examinera prochainement un projet de loi interdisant le Bpa mais, au-delà d’un des produits en cause, les associations estiment que la conférence environnementale est l’occasion d’avancer vers une loi sur l’ensemble des perturbateurs endocriniens.

Mais la conférence devrait surtout être l’occasion de partager un constat et d’avancer sur la méthode pour mieux prendre en compte les risques sanitaires liés à l’environnement et notamment les risques émergents et les expositions professionnelles. Il sera aussi question de savoir comment prendre en compte les facteurs environnementaux dans une stratégie nationale de santé, de biosurveillance, de toxicologie. Enfin, l’épineux sujet de l’indépendance de la recherche et de l’expertise sera aussi abordé.

Pesticides

Les pesticides, sources de pathologies graves chez les agriculteurs –  » leurs premières victimes  » disent les associations environnementalistes, s’inscrivent à la fois dans le thème de la santé et dans celui de la biodiversité par leurs impacts sur les écosystèmes terrestres et aquatiques. La question des abeilles et des néonicotinoïdes, une famille très toxique de pesticides, devrait être une nouvelle fois posée. Le Rassemblement pour la planète demande que l’évaluation de ces produits ne relève plus exclusivement du ministère de l’agriculture mais dépende aussi des ministères de la santé et de l’environnement. L’ensemble des associations attendent que le gouvernement relance le plan qui prévoyait de réduire de moitié l’usage de pesticides d’ici 2018.

Dans les faits, sur le marché français, les ventes ont progressé de 1,3 % en volume en 2011. Les représentants de la profession agricole jugent que l’objectif du Grenelle est inatteignable.

Un nouveau droit

L’environnement a besoin de nouvelles règles de droit, estiment plusieurs ONG. Elles espèrent voir abroger un décret de 2011 qui limite leur représentativité auprès des instances officielles à celles d’entre elles qui comptent le plus d’adhérents, au détriment des petites associations d’experts. Par ailleurs, certaines réclament la possibilité pour des plaignants de présenter des recours collectifs devant la justice sur des questions de santé et d’atteintes à l’environnement.

Une loi inspirée du droit anglo-saxon permettrait par exemple à des victimes de pollution présentant la même pathologie d’avoir, ensemble, plus de chance de voir leurs plaintes aboutir.

La ministre de la justice, Christiane Taubira, avait formulé une proposition en ce sens début juin, mais seulement pour les préjudices en matière de consommation. Plusieurs projets de création de recours collectifs ont été rédigés sous des gouvernements précédents, sans avoir débouché.

Etalement urbain

L’étalement urbain est devenu une question écologique majeure depuis que les statistiques ont révélé la gravité de la situation : 74 000 hectares de terres agricoles sont avalés chaque année par la ville sous toutes ses formes, alors que le territoire français est déjà artificialisé à 8,5 %. L’idée d’un moratoire se répand, et Nicolas Hulot a proposé dans Le Monde l’objectif de ne pas dépasser 10 %.

Durant la préparation de la Conférence environnementale, la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles) s’est montrée volontariste sur ce sujet, à la surprise de plusieurs écologistes, peu habitués à un tel allié. La ministre du Logement, qui préside l’atelier Biodiversité, sait qu’elle joue une part de sa crédibilité écologique sur ce terrain : elle a annoncé le 5 septembre que le projet de loi sur l’urbanisme qu’elle présentera au printemps abordera l’artificialisation des terres, une des questions  » sur lesquelles il y a absolument besoin d’avancer de manière déterminante « .

Une fiscalité verte Alors que le gouvernement doit réduire le déficit budgétaire, ce pourrait être le moment de s’attaquer aux nombreuses niches fiscales défavorables à l’environnement, notamment toutes les aides aux énergies fossiles. Le total de ces dépenses atteindrait entre 21 à 33,5 milliards d’euros par an, selon les modes de calcul. Le collectif budgétaire adopté en juillet n’en a pas montré le chemin mais François Hollande s’est plusieurs fois prononcé en faveur d’une fiscalité écologique.

La Conférence environnementale doit aussi être l’occasion de remettre sur la table le débat sur la création d’une taxe-carbone abandonnée par le précédent gouvernement. Ce alors que la proposition de loi sur la tarification progressive des prix du gaz et de l’électricité est critiquée par les associations au motif, selon elles, qu’elle n’incitera pas les foyers à réaliser les travaux nécessaires à une meilleure efficacité énergétique.

D’autres propositions sont soutenues par les ONG, comme la taxation de certains produits alimentaires nocifs pour la santé. La taxe, un instant discutée lors du Grenelle de l’environnement, pour les sodas n’a jamais vu le jour. Les entreprises des secteurs polluants et énergivores vont cependant être très vigilantes à ce qu’aucune nouvelle charge ne vienne peser sur leur activité. La crise économique et l’emploi seront leur premier argument.

Service Planète Le Monde

Eté 2012: le Sénat rate la marche de la transparence sur les pesticides

Face à l’opportunité d’aller voir de plus près comment sont protégés les citoyens, que ce soit pour les rassurer ou pour alerter sur des insuffisances, les « autorités » du Sénat ont fait le choix de ne surtout pas se saisir de ce pouvoir dormant que la démocratie donne au Parlement… Par Marie Blandin Blogs Mediapart 30 juillet 2012

http://blogs.mediapart.fr/blog/marie-blandin/300712/ete-2012-le-senat-rate-la-marche-de-la-transparence-sur-les-pesticide

 

Pesticides :  » Un tabou est en train de tomber chez les agriculteurs « 

Le 4 mai dernier, un décret reconnaissait la maladie de Parkinson comme une possible maladie professionnelle chez les agriculteurs exposés à des produits phytosanitaires. En février 2012, après six années de procédure, le tribunal de grande instance de Lyon a jugé le géant américain Monsanto responsable de l’intoxication d’un agriculteur céréalier de la Charente, Paul François.
Celui-ci est président de l’association Phyto-victimes, créée l’an dernier à l’initiative de professionnels victimes de produits chimiques.
Quelles sont les conséquences de ces récentes décisions, administrative et judiciaire ?
C’est d’abord une reconnaissance morale.
Ensuite, si les indemnités reçues ne permettent pas de guérir, elles aident à mieux se soigner, car les agriculteurs ne roulent pas sur l’or.

Entretien avec Paul François, président de Phyto-victimes 
Propos recueillis par Manuel Domergue 
Alternatives Economiques n° 314 – juin 2012
couverture

 

Le député Gérard Bapt demande l’interdiction de l’insecticide Cruiser

Président du groupe santé environnementale de l’Assemblée nationale, le député PS Gérard Bapt demande dans des lettres ouvertes à Stéphane Le Foll et à Nicole Bricq, respectivement ministres de l’agriculture et de l’écologie, l’interdiction de l’insecticide Cruiser.  » Des travaux scientifiques récents, de plus en plus nombreux, montrent désormais  » que les pesticides de la famille des néonicotinoïdes, à laquelle appartient le Cruiser,  » seraient susceptibles d’effets chroniques importants sur les colonies d’abeilles à des doses largement inférieures aux doses létales prises en compte par la réglementation « , indique M. Bapt. – (AFP.)

Davantage de pesticides dans le sang des Français….

C’est bien joli de constater, mais il n’y a toujours pas de mesures pour interdire, ou limiter l’utilisation de ces produits. Faire des analyses du sang et des cheveux des Français, est certes nécessaire pour connaitre le degré du désastre, mais sans mesures énergiques, on va vers un énième constat, la mithridatisation de la population. Les moutons enragés 5 mai 2012 Posté par voltigeur sous Actualité généraleMédical et alimentation

Les Français ont plus de pesticides, de PCB et de mercure dans le sang que les Américains et les Allemands, selon les résultats du volet environnemental de l’Étude nationale nutrition santé (ENNS) réalisée en 2006-2007, que vient de publier l’InVS.

Les pesticides organophosphorés et pyréthrinoïdes sont présents dans le sang des Français à des niveaux 2 à 3 fois plus élevés que chez les Américains et les Allemands. (Lire la suite…)

Un rapport parlementaire de 2010 en faveur des pesticides !

Demandé à l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst) et conduit par le député UMP Claude Gatignol, vétérinaire, et le sénateur UMP Jean-Claude Etienne, professeur de médecine, le rapport parlementaire « Pesticides et santé » publié le 28 avril 2010 met en garde contre une diminution « trop brutale » de l’utilisation de certains pesticides en France, comme le prévoit le Grenelle de l’environnement et conseille plutôt une simplification de la réglementation ! On croit rêver !!! Autourdubio 29 avril 2010 | Rubrique : Environnement | Par : Nath. Mr Gatignol député UMP de Valognes (Manche) soutient les pesticides et le nucléaire, important à savoir avant de voter!! 

http://www.autourdubio.fr/billet-1185.html

Les rapporteurs soutiennent l’utilisation des pesticides car leur usage garantit à l’agriculteur « la sécurité de revenus stables », et au consommateur des produits « accessibles au plus grand nombre », ajoutant à propos des effets sur la santé, que « aucune étude scientifique n’est en mesure aujourd’hui de faire chez l’homme un lien entre la consommation d’aliments issus de l’agriculture conventionnelle qui utilise des produits phytopharmaceutiques et la survenue de maladies ».

Le Mouvement pour le droit et le respect des générations futures (MDRGF) a réagi par la voix de François Veillerette, estimant que « Ils passent à côté d’une grande partie du problème », s’interrogeant sur leur manque d’intérêt pour la production intégrée, qui évite au maximum les pesticides, et l’absence de prise en compte d’études montrant des effets sur la santé des populations. Pour lui, plutôt que de simplifier la réglementation, il faudrait « renforcer » la législation.

Ce rapport parlementaire relève de la désinformation et surtout, c’est la preuve encore une fois que le lobby des industries chimiques et des industries agroalimentaires fait pression auprès de nos dirigeants pour faire perdurer son business.

Semaine sans pesticides du 20 au 30 mars 2012

A l’occasion des 10 premiers jours du printemps, période de reprise des épandages de pesticides, se tient la 7ème édition de la Semaine pour les alternatives aux pesticides.

700 évènements sont programmés dans 21 pays : conférences-débats, ateliers, marches, projections de films, visites, démonstrations, animations pédagogiques, repas bio, fermes ouvertes, spectacles…

Les objectifs ? informer sur les risques des pesticides de synthèse, promouvoir les alternatives et mobiliser un public de plus en plus large pour un avenir sans pesticides. 

Dernières actualités sur le blog de la « Semaine »

Quelques morceaux choisis :

Pour plus d’informations, consulter le dossier de presse


Cinq fois plus de pesticides autorisés dans l’eau du robinet depuis février 2011 ! En toute discrétion…!

Ne le lisez pas trop fort, ça risquerait de s’ébruiter : En catimini, en février 2011, le ministère de la Santé a décidé de multiplier par 5 la concentration maximale autorisée pour les pesticides dans l’eau du robinet. Désormais à consommer avec modération…Publié le 29 février 2012 par realinfos

C’est l’association Générations Futures, ONG spécialisée dans la question des pesticides, qui a levé le lièvre le 7 février 2012, dans une indifférence médiatique totale.

Depuis 1998, un avis du Conseil Supérieur d’Hygiène Publique de France (CSHPF) tenait lieu de réglementation. Dans une transposition quelque peu olé-olé de la directive européenne 98/83, le CSHPF avait en effet décidé que l’eau ne devait “pas être utilisée, ni pour la boisson, ni pour la préparation des aliments” si un pesticide s’y trouvait à une quantité supérieure à 20% d’une valeur répondant au doux nom de “valeur sanitaire maximale” (VMax, définie par divers organismes : OMS, EFSA, AFSSA…). Une interprétation qui dépassait déjà largement les normes européennes.

Les pesticides, c’est bon… buvez-en !

La “nouveauté”, c’est qu’en février 2011, une instruction de la Direction Générale de la Santé (DGS, dépendant du ministère de la Santé), passée totalement inaperçue jusque là, a tout chamboulé. Sans tambour ni trompette, le ministère s’est donc jeté à l’eau et a décidé de porter les “seuils de potabilité” à 100% de la VMax. Soit une multiplication par 5 des seuils en vigueur ! Défoliant Décoiffant !

Autrement dit : on va tolérer dans de très nombreuses localités des quantités de pesticides dans l’eau 5 fois plus importantes qu’avant décembre 2010 !” déclare François Veillerette, porte-parole de Générations Futures. “Ainsi pour un pesticide comme le folpet, pourtant classé cancérigène probable aux Etats-Unis, on va maintenant tolérer jusqu’à 300 μg/l pendant plus d’un mois alors qu’auparavant on ne pouvait dépasser les 60 μg/l pendant la même durée !” fulmine-t-il.

Le ministère de la Santé en eaux troubles…

Autre conséquence de cette nouvelle mesure sanitaire : la baisse artificielle du nombre de personnes concernées par une présence excessive de pesticides nécessitant une restriction d’utilisation de l’eau. On est ainsi passé de 34 300 personnes touchées par ces restrictions en 2009 à une estimation de 8 939, selon les chiffres du ministère ! De la belle ouvrage…

Cette amélioration en trompe l’oeil n’est due qu’à une manipulation des valeurs de pesticides acceptées dans l’eau et pas à une véritable amélioration de la situation” proteste François Veillerette qui voit là “la preuve que les autorités publiques ont renoncé à améliorer la situation en changeant les pratiques agricoles en profondeur mais préfèrent changer les graduations du thermomètre que de faire vraiment baisser la fièvre !“…

Et bientôt, au fil de l’eau, il suffira d’arroser son jardin pour le désherber ? On n’arrête pas le progrès…

Les mots ont un sens