Japon radioactif : Quand l’exposition aux radiations offre de nombreuses opportunités “éducatives” aux enfants…

Exactement un et demi an depuis le début de l’accident nucléaire du 11 mars 2011, c’est là où en est le Japon. Toute l’hypocrisie sur le « fait de protéger les enfants » ou « les enfants sont notre avenir » eh bien, est bien de l’hypocrisie. Info Bistrobarblog, traduction d’un article d’Ultraman par Caralmera, lundi 10 septembre 2012

Le maire d’une grande ville dans la Préfecture Kanagawa déclare que la nourriture contenant du césium radioactif dans les déjeuners scolaires fait partie de l’éducation des enfants. Une grande ville dans la Préfecture Fukushima dans la région Nakadori hautement contaminée (le tiers médian) refuse d’installer des systèmes de climatisation dans les écoles publiques de la ville parce que les enfants ne devraient pas manquer l’opportunité d’apprendre le réchauffement du globe. Une ville à Tokyo vient de commencer à nourrir des enfants avec le lait de Fukushima dans leur menu de déjeuner scolaire. Un professeur dans un collège de la Préfecture Shizuoka avec un doctorat de tourisme envoie ses étudiants à Fukushima pour acheter des produits et marchandises de Fukushima pour dissiper « les rumeurs sans fondement ».

C’est pire que le pire que le Professeur Kunihiko Takeda de l’Université Chubu n’avait craint il y a exactement un an, avec sa prose poétique courte intitulée « une fille ne parle pas »; il avait supplié les enseignants et les éducateurs de faire tout ce qu’ils pourraient pour protéger les enfants. Son appel est tombé dans des oreilles complètement sourdes et nous y voilà. Cela doit être la fin. 
D’abord, pour Takao Abe, le Maire de Ville Kawasaki dans la Préfecture de Kanagawa, le fait de faire manger aux enfants de  la nourriture qui a été prouvée contenir du césium radioactif d’origine de Fukushima est rien de plus qu’extrêmement éducatif et les parents devraient juste se taire (Tokyo Shinbun le 9/5/2012) :

Le maire Takao Abe a dit lors de sa conférence de presse régulière le 4 septembre que c’était important pour les enfants d’apprendre qu’ils vivaient au milieu de dangers et qu’il continuerait d’utiliser les oranges congelées de Kanagawa et les pommes en conserves d’Yamagata qui ont été reconnues contaminées au césium radioactif  pour les déjeuners scolaires dans les écoles primaires de la Ville de Kawasaki, en accentuant l’aspect éducatif d’utiliser la nourriture [reconnue pour être contaminée avec le césium radioactif].
Selon l’inspection de la ville, 9.1 Bq/kg de césium radioactif ont été trouvés dans les oranges congelées [de Kanagawa] et 1.6 Bq/kg dans les pommes en conserve [d’Aomori]. Pourtant, puisque les niveaux sont au-dessous de la limite de la sécurité nationale (100 Bq/kg) la ville a servi les oranges congelées dans les déjeuners scolaires depuis avril de cette année. La ville commencera à utiliser les pommes en conserve en septembre.

Quand on demande pourquoi les villes d’Yokohama et de Kamakura n’utilisent pas les oranges congelées, le Maire Abe répond, « c’est une faute d’apprendre aux enfants à avoir peur d’un niveau si banal [de césium radioactif]. » Il commente ensuite, « Sur la route, il y a un danger d’être frappé par une voiture. Un étranger peut vous poignarder. Apprenez-vous aux enfants à ne pas marcher devant un étranger ? »
Il y a des parents qui ne sont pas convaincus, mais à eux, le maire répond, « Ne soyez pas des poules mouillés »
Le maire Abe est né et a été élevé à Fukushima, à propos. Mais cela n’a rien à voir avec ça, n’est ce pas ?
La Ville de Koriyama dans la région hautement irradiée de Nakadori dans la Préfecture de Fukushima a refusé d’installer des systèmes de climatisation dans les écoles de la ville parce que c’était important pour les enfants de souffrir pour apprendre « l’écologie »(le tweet d’un de mes followers, à propos d’une émission de NHK sur le sujet) :
Ils ne permettent pas l’installation de systèmes de climatisation dans les écoles dans la ville de  Koriyama. On en a parlé à la réunion avec TEPCO en juin. Le Conseil de la ville d’Éducation de la ville a aussi dit [aux parents], « Nous voulons que les enfants apprennent l’écologie. »De la vidéo. L’Assemblée de la ville Koriyama, TEPCO et le Conseil d’Éducation tous ont rejeté la pétition des parents qui se sont inquiétés au sujet de leurs enfants au milieu de la contamination de radiation et de la forte chaleur de l’été.
Quand les Japonais disent « l’écologie », tout ce qu’ils veulent dire c’est « l’économie d’énergie pour prévenir le réchauffement climatique ». Réchauffement climatique.
Alors, c’est plus important pour la ville de Fuchu à l’ouest de Tokyo d’aider Fukushima à se rétablir des « rumeurs sans fondement » que de protéger les enfants de la nourriture potentiellement contaminée; ou un bon deal avec un fournisseur de lait important (Snow Brand Megmilk) ne peut pas être abandonné (le lien va à une page avec la documentation du Conseil d’Éducation). Le dernier, mieux. Ainsi dès le 10 septembre, le lait de la ville Fuchu de Snow Brand Megmilk contiendra du lait de Fukushima, en plus de celui de  Kanagawa, Chiba, Tochigi, Gunma, Iwate, Miyagi, Yamagata, Aomori. Quand le vin est tiré, il faut le boire, ou littéralement, « Mange du poison, et lèche le plat qui sert le poison ».

Et enfin, le Professeur Akane Okubo a eu son doctorat dans le tourisme (je n’ai jamais entendu une telle chose avant que je n’aie vérifié sa  bio) et enseigne à Fuji Tokoha à l’Université de la Préfecture Shizuoka alors qu’elle continue de travailler pour l’institut de recherche d’Agences de voyages du Japon (JTB), un des plus grands opérateurs au Japon. Dans le passé, elle a travaillé pour un autre opérateur du tourisme (Jalan). Comment instruit-elle ses étudiants ? En les expulsant à Fukushima pour acheter en bloc des produits et des marchandises de Fukushima pour contrecarrer « les rumeurs sans fondement ». Elle doit avoir reçu une subvention lucrative du gouvernement national pour sa « recherche ». De Yomiuri Shinbun (9/10/2012) :

Le professeur Okubo a dit, « c’est important pour l’étudiant d’écouter la population locale et de réfléchir à ce qu’ils peuvent faire. Nous voudrions faire n’importe quelle petite chose pour aider à dissiper des rumeurs sans fondement ».

C’est involontairement drôle : « Etudiants universitaires japonais « et « réfléchir » ne vont pas vraiment ensemble. 

Le rythme de descente dans la folie de plus en plus profonde semble s’accélérer au Japon. Peut-être est-ce ce que les gens ont du ressentir au cours des années 1930, juste avant la dernière guerre mondiale.

http://bistrobarblog.blogspot.fr/2012/09/message-du-10-septembre-2012-sur-le.html#comment-form

 

En confinement: les habitants de Minamisoma,15 mois après la fusion

On m’a dit que les gens de Fukushima ne pouvaient pas souscrire d’assurance-vie. Je ne peux pas croire que ça soit vrai. Mais un agent d’assurance m’a dit que c’était possible. Spécialement les assurances contre le cancer. Je suppose qu’ils sont inquiets de couvrir des gens qui ont un haut risque d’attraper un cancer de la thyroïde. Et certaines personnes n’épouseront pas quelqu’un de Fukushima.

La camarade de classe de ma fille a dit qu’elle ne se marierait jamais. Depuis le 11 Mars elle a peur d’avoir des enfants, car elle ne peut même pas être sûre de leur propre avenir. C’est une adolescente qui parle. Elle a 18 ans, et va au lycée.

J’ai été choquée quand elle a dit cela. J’ai une fille. 12 ans. Elle a été ici tout le temps, alors je suis inquiète pour elle. Elle a eu un examen médical officiel pour déterminer l’exposition aux radiations internes. Mais j’ai du mal à croire aux résultats. Elle va peut-être bien maintenant, mais qu’en sera-t-il dans le futur ? Aussi longtemps que nous vivrons ici, nous serons inquiets. Même s’ils décontaminent les écoles, la radioactivité est encore partout ailleurs. Oui, je suis inquiet du fait d’avoir des enfants. Si je devais avoir des enfants, seraient-ils vraiment en bonne santé ? Le gouvernement ne nous a donné aucune réponse directe. Et s’il y a des problèmes avec nos enfants, le gouvernement ne nous a pas dit comment il nous aiderait. Je veux que le gouvernement s’exprime clairement à propos de notre sécurité. C’est ce dont nous avons vraiment besoin maintenant. Mon ami et moi avons parlé d’évacuer quand nous aurons des enfants.

Vous partirez pour avoir des enfants ?

Bien que plus d’un an soit passé, nous souffrons encore. Nos cœurs sont angoissés par des problèmes comme celui de l’augmentation des avortements. Avorter leurs bébés ou qu’elles puissent simplement se marier ?! Les femmes ne doivent pas avoir à penser à de telles choses qui vous brisent le cœur ! Nous sommes confrontés à un problème qui nous a enlevé notre droit fondamental à la poursuite du bonheur.

Je suis grandement reconnaissant pour cette chance de dire ce qui nous arrive réellement. Les gens dans les autres parties du Japon doivent comprendre ce que nous traversons à Fukushima. Ils ont aussi des centrales nucléaires à proximité, donc cela peut un jour leur arriver. Donc je veux qu’ils agissent ! Mais d’abord, ils doivent comprendre ce qui nous arrive.

En écho à ces témoignages bouleversants, Akiko Ida a recueilli les paroles des enfants de Fukushima : Livret téléchargeable gratuitement sur ce blog.

Vidéo:

Director/editor Ian Thomas Ash
Producer/camera Koji Fujita
Published on Jul 2, 2012
Published by DocumentingIan

 

 

Partie 2 HISTOIRE: Avant de se rendre dans la zone d’évacuation pour procéder à une inspection, Junichiro Koizumi, membre de la Diète Nationale et fils de l’ancien Premier ministre Japonais, visite les magasins temporaires mis en place pour les personnes évacuées suite à la catastrophe du 11 Mars, où il affiche une attitude douteuse à l’égard des victimes. Plus tard, la personne évacuée qui a été choisie pour donner des fleurs à Koizumi lors de sa visite et a fait les frais de sa marque d’humour, lui offre des conseils sur le fait d’être un politicien. Enfin, Hiroshi, habitant de Minamisoma, se prépare à conduire Ian dans la zone d’évacuation.

40 millions de japonais en extrême danger par empoisonnement aux radiations, évacuations de masse probables

Un texte de NaturalNews du 17 mai, dont une partie du contenu sera à confirmer par d’autres articles, qui engage une action de pétition auprès des Nations-Unies concernant le réacteur 4 (traduction de NaturalNews par Chantalouette et Helios22)

Des officiels japonais sont actuellement engagés dans des pourparlers avec des diplomates russes sur la possible délocalisation de dizaines de millions de japonais dans le cas très probable d’un effondrement total de l’unité 4 de Fukushima Daiichi. Selon un rapport récent de EUTimes,net, les autorités japonaises ont indiqué qu’au moins 40 millions de japonais sont en  »extrême danger » d’empoisonnement radioactif, et que de nombreuses villes de l’est, y compris Tokyo, peuvent devoir être évacuées dans les prochaines semaines ou mois pour éviter un empoisonnement à des radiations extrêmes.

Comme nous continuons de le rapporter, la situation à Fukushima est désespérée, c’est peu de le dire. Le réacteur 4 est sur le point de s’effondrer complètement, ce qui enverrait dans l’atmosphère du combustible provenant de milliers de barres. Ces barres, après tout, sont déjà exposées à l’air libre, mais la libération de leur combustible causerait non seulement une catastrophe régionale, mais aussi un holocauste mondial.

Le Mainichi Daily a récemment rapporté :  »Un rapport publié en février par la commission indépendante d’investigation sur l’accident a déclaré que la piscine de stockage du réacteur 4 était le maillon faible dans les crises de réaction en chaîne de la catastrophe nucléaire ».

 »Le scénario du pire établi par le gouvernement inclut non seulement l’effondrement de la piscine du réacteur 4, mais aussi la désintégration des barres de combustible de tous les autres réacteurs de la centrale. Si ceci devait arriver, les habitants de la zone métropolitaine de Tokyo seraient obligés d’évacuer. »

Pour mettre en place des solutions pour les japonais les plus proches du danger, les autorités envisagent de reloger des dizaines de millions de japonais dans les îles Kouriles, situées dans la région de Sakhaline, ou même en Chine, où des centaines d’habitations de villes fantômes non utilisées pourraient abriter au moins 64 millions de réfugiés. Si cette délocalisation devait se produire, le Japon deviendrait en grande partie une friche stérile.

Une  »vague » de déchets hautement radioactifs se dirigerait vers la côte ouest des US 

Pour les japonais, la catastrophe de Fukushima représente une disparition complète de leur nation, alors que pratiquement rien n’est fait pour contenir les milliers de barres de combustible exposées qui pourraient exploser avec la chute du réacteur 4. Mais les conséquences de tout ceci ne sont pas limitées seulement au Japon, car le reste du monde, y compris les US, supporteront le poids de cette bombe nucléaire aussi. Nous souffrons déjà, en fait, des conséquences de cette guerre nucléaire qui n’est pas une guerre.

À la fin de l’année dernière, par exemple, il a été rapporté que des officiels américains ont ordonné à TEPCO de relâcher 10 millions de litres de déchets radioactifs dans l’océan Pacifique. Aujourd’hui, selon The Intel Hub, ces déchets arriveront bientôt sur les grèves de la côte ouest, à l’insu de millions d’américains vivant dans cette région, qui y seront exposés.

Cette nouvelle  »vague » de radiations est, bien sûr, en supplément de vagues plus anciennes qui ont déjà tué des milliers de gens, beaucoup d’entre eux étant des enfants, et provoqué une augmentation considérable de cas de cancers. Et avec le temps de plus en plus de gens vivant en Amérique vont commencer à développer des maladies chroniques en résultat d’un empoisonnement perpétuel par Fukushima et beaucoup mourront, alors que les médias de masse restent volontairement silencieux sur le problème.

Et le gouvernement fédéral a toujours su que la catastrophe devenait la plus mondialement sévère de l’histoire, comme il l’a été prouvé par la récente demande d’une loi sur la liberté de l’information. Non seulement les autorités fédérales sont conscientes des extrêmes dangers venant de Fukushima depuis les premiers jours, mais elles ont aussi orchestré des campagnes de désinformation pour garder les américains et le reste du monde dans l’obscurité au sujet de la vérité.

Comme ni les US ni les gouvernements japonais semblent vouloir vraiment gérer Fukushima, et en particulier la condition du réacteur 4, NaturalNews en appelle aux Nations-Unies pour mener une action rapide. Une nouvelle pétition presse les NU d’organiser un sommet sur la sécurité nucléaire pour s’occuper du problème du réacteur 4, et établir aussi une équipe indépendante d’évaluation pour le stabiliser et empêcher son combustible de détruire potentiellement toute vie sur terre.

Akiko Ida porte les paroles des enfants de Fukushima

Au Japon, des adultes proches des enfants de par leur métier se sont engagés dans l’aide à la libération de la parole des enfants concernés par la catastrophe de Fukushima.  Akiko Ida doctorante à l’EHESS a réuni la parole des enfants dans un cahier.

Télécharger   Les paroles des enfants de Fukushima


« Quand j’ai entendu que je pouvais être irradiée, je me suis demandée si je serais paralysée (à cause d’une maladie déclenchée par la radioactivité) et perdrais mes cheveux comme Gen d’Hiroshima, ou si j’allais mourir. Puis, j’avais peur. J’ai cru que je ne voulais pas mourir alors que j’avais seulement huit ans.»  « J’ai peur de la radioactivité. J’ai peur d’être atteinte des maladies comme le cancer. » 

Ce document est présenté par Hélios  qui suit quotidiennement l’actualité du Japon. L’auteure nous autorisant à le publier, Jeudi a entrepris de l’illustrer avec des vignettes réalisées par Misato Yugi, dessinatrice japonaise.

CANCÉROLOGIE : Peut-on savoir si un cancer est dû à la radioactivité?

CANCÉROLOGIE : Peut-on savoir si un cancer est dû à la radioactivité? | FUKUSHIMA INFORMATIONS | Scoop.it

Un cancer radio-induit est donc le plus souvent lié à une ou plusieurs mutations aboutissant à la perte de fonction d’un ou de plusieurs gènes. C’est un premier indice. Second indice : les radiations entraînent une instabilité génomique.

On connaît mal les mécanismes en cause, mais elle a été mise en évidence in vitro aussi bien au niveau des gènes que des chromosomes(3). Comment se traduit-elle ? On observe une mutagenèse très forte, vingt à trente générations cellulaires après l’irradiation, alors que jusque-là les cellules n’avaient apparemment conservé aucune séquelle. A l’échelle chromosomique, de nombreuses fusions télomériques* se produisent, générant des chromosomes instables à deux centromères* (dicentriques), qui vont subir une succession de cassures et de fusions (fig. 3).

Celles-ci entraînent à leur tour des délétions* en séries, qui peuvent alors démasquer des mutations récessives, induites ou non par l’irradiation. On ignore si cette instabilité génomique joue un rôle direct dans l’initiation des cancers humains. Mais on a détecté une instabilité télomérique dans les cellules de sujets prédisposés au cancer, et dans les cellules de cancers en début d’évolution…./….

Lire l’article complet sur le site de la Recherche

http://www.larecherche.fr/content/recherche/article?id=18327

 (Avec l’ avancée de la science  l’industrie nucléaire se prépare une belle suite de procès … ) 

Par M Servant, Scoop It Fukushima informations 1 avril 2012

Fukushima: Akiko Ida porte les paroles des enfants

Au Japon, des adultes proches des enfants de par leur métier se sont engagés dans l’aide à la libération de la parole des enfants concernés par la catastrophe de Fukushima.  Akiko Ida doctorante à l’EHESS a réuni la parole des enfants dans un cahier.

« Quand j’ai entendu que je pouvais être irradiée, je me suis demandée si je serais paralysée (à cause d’une maladie déclenchée par la radioactivité) et perdrais mes cheveux comme Gen d’Hiroshima, ou si j’allais mourir. Puis, j’avais peur. J’ai cru que je ne voulais pas mourir alors que j’avais seulement huit ans.»  « J’ai peur de la radioactivité. J’ai peur d’être atteinte des maladies comme le cancer. » 

Ce document est présenté par Hélios  qui suit quotidiennement l’actualité du Japon. L’auteure nous autorisant à le publier, Jeudi a entrepris de l’illustrer avec des vignettes réalisées par Misato Yugi, dessinatrice japonaise.

Le  cahier illustré en libre téléchargement:

                                            —–> Les paroles des enfants de Fukushima

Jeudi  vous propose également une vidéo de Misato Yugi.

Art Red Dot rayonnement par Misato Yugi

« Si les radiations étaient visibles, si les radiations étaient des points rouges, voila ce qu’on verrait réellement. »

Ce film a été réalisé par Yugi Misato, une illustratrice de Tokyo. La musique et les textes des raps ont été composés par les élèves d’un lycée de New York, Harlem Renaissance High-school.
Dans la dernière partie, un jeune rape en français.
Les images, minimalistes, enchaînent des scènes, des paysages, tous irradiés, qui font références aux situations vécues depuis le 11 mars : pollution de l’air, de la mer, des aliments, du riz, des forêts, des champignons, de tous les êtres vivants, contrainte de consommer des produits contaminés, etc.

Apparaît une évocation de Hiroshima et de « Pluie noire » (1970), récit de Ibuse Masuji, qui raconte les conséquences de l’explosion atomique sur la vie quotidienne d’une famille, les peurs engendrées par la pluie noire radioactive tombée après la bombe et la discrimination vis à vis des victimes. De telles phénomènes ont ponctuellement surgi ces derniers mois : hôtelier qui refuse de louer une chambre à des habitants de Fukushima par exemple.

« Que toutes les grandes personnes surmontent tout et protègent toutes les vies. »

Le blog de Yugi Misato : Un jour, un dessin :  http://www.mikanblog.com/

Quand le Canada refuse l’asile aux japonais exposés aux rayonnements

Titre: évacués nucléaires du Japon a nié refuge au Canada
Source: Toronto Sun
Auteur: Tom Godfrey
Date: 18 février 2012

Une femme japonaise qui prétendait l’exposition aux rayonnements provenant de réacteurs nucléaires endommagés a été refusé le statut de réfugié au Canada […] 

Elle est parmi les ressortissants de plusieurs dizaines japonais qui ont déposé des demandes d’asile de rester au Canada après la catastrophe et est une des décisions les premiers à être atteint par la CISR.

«Le demandeur d’asile craignait les risques d’exposition aux rayonnements,« un membre de la CISR a déclaré dans une décision. »Elle n’a pas été convaincu par les assurances du gouvernement japonais de la sécurité contre les radiations. » […]

Un membre du conseil a jugé le demandeur «craint d’être victime des dangers qui émanent d’une catastrophe naturelle combinée et d’origine humaine. »

Le député a dit le risque du demandeur »est caractérisé comme étant généralisée et répandue au Japon. » […]

Elle a affirmé que sa vie était en danger de contaminants radioactifs rejetés dans l’environnement de l’usine de Fukushima. […]

Tokyo: Eviction imminente des Anti-Nucléaires qui occupent une tente pour protester en faveur de leurs enfants?!

Le camp  de protestation anti-nucléaire « Occuper Kasumigaseki »  face au  Ministère de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie est menacé d’expulsion par  par Yukio Edano. Des mères occupent ce lieu depuis 137 jours pour demander que l’on évacue Fukushima , les radiations et la contamination menaçant la vie des enfants.

Le point de la situation à Tokyo:

http://blogs.mediapart.fr/blog/uncas/270112/evacuate-fukushima-cherchez-l-erreur

http://www.citizenside.com/fr/photos/politique/2012-01-26/48623/japon-les-antinucleaires-bientot-renvoyes-dans-leurs-foyers.html

Au dernières nouvelles ( 27/01 19h) l’expulsion a pu être évitée grâce aux nombreuses pétitions. Raison de plus pour amplifier le mouvement. Evolution à suivre.

Signons la pétition AVAAZ à l’attention du Premier Ministre Japonais afin qu’il n’évacue pas les mères qui manifestent depuis 137 jours

http://www.avaaz.org/en/stand_with_fukushima_mothers/?cl=1529572677&v=12236

Radioactivité : débat sur les faibles doses

Pour une bonne part des spécialistes des radiations, les risques de développer un cancer sont proportionnels à la dose de rayonnements ionisants reçus. Nul seuil : l’effet serait essentiellement linéaire. D’où le nom de ce modèle, linéaire sans seuil (LNT, pour Linear No-Threshold en anglais). En d’autres termes, il est préférable d’éviter tout rayonnement ionisant, si faible soit-il. Ce modèle simple fut, en 2005, au centre d’une controverse entre les académies des sciences française et américaine : la première rejetait le LNT, tandis que la seconde publiait une imposante revue de la littérature scientifique concluant à sa validité.

Le Monde 16 janvier 2012. Un militant de Greenpeace, le 19 avril 2011 à Moscou.AFP/NATALIA KOLESNIKOVA

Le LNT est à nouveau au centre d’un débat enflammé avec la publication de travaux très controversés dans Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS). Selon eux, le LNT ne serait pas fondé, et la probabilité de développer un cancer après l’exposition à de faibles doses serait quasi nulle : les premiers risques n’apparaîtraient qu’après le franchissement d’un « seuil ».

L’affaire est d’autant plus sensible que d’autres travaux récents ont montré que les très faibles irradiations, lors de mammographies répétées, induisent des « cassures » dans l’ADN des cellules mammaires, dont la réparation ne semble pas forcément assurée chez des femmes jeunes ayant une prédisposition familiale àdévelopper des cancers du sein (Le Monde du 22 octobre 2011). Avec une grande prudence, les auteurs avançaient que ces « cassures » non réparées pourraient, chez une petite fraction de la population, initier l’apparition de tumeurs. Une récente étude épidémiologique suggère quant à elle une plus grande incidence des cancers du sang chez les enfants vivant près de sites nucléaires (Le Monde du 13 janvier)…

Pour chercher noise au LNT, les chercheurs américains ont utilisé une méthode d’imagerie afin de « compter » les petites ruptures qui peuvent apparaître dans l’ADN de cellules mammaires irradiées. Cette méthode permet de visualiser, dans le noyau de la cellule, de petites taches fluorescentes au microscope, interprétées comme autant de ruptures de l’ADN.

Mise au point en 2003, cette technique d’imagerie n’est pas en soi originale.« D’habitude, les radiobiologistes comptent ces petits foyers lumineux à l’oeil nu, à un instant donné – en général une demi-heure ou une heure après l’irradiation des cellules, explique Sylvain Costes, chercheur au Lawrence Berkeley National Laboratory (Californie) et premier auteur de ces travaux. Mais, en faisant cela, on « rate » une part des cassures qui se produisent, car on ne tient pas compte de la cinétique du processus. Si on regarde une demi-heure après l’irradiation, des cassures qui étaient apparues ont été réparées et ont déjà disparu, tandis que d’autres ne sont pas encore apparues. »

Les auteurs ont donc développé un modèle bio-informatique simulant cette cinétique, pour tenter d’avoir une idée plus précise du nombre total de cassures provoquées par des irradiations plus ou moins importantes… « Ce que l’on voit alors est que le nombre total de cassures n’augmente pas de manière linéaire avec la dose reçue », explique M. Costes. Plus la dose est importante, moins la radioactivité semble efficace : « A une dose de 0,1 gray, on obtient entre 35 et 50 foyers par cellule et par unité de rayonnement ; et, avec 2 grays, on obtient entre 15 et 20 foyers par cellule et par unité de rayonnement », dit M. Costes. De plus, à hautes doses, les foyers « apparaissent plus vite, sont plus lumineux et sont plus persistants », précise le biophysicien.

Comment interpréter ces résultats ? « Notre interprétation est que ces foyers lumineux ne permettent pas réellement de visualiser les cassures de l’ADN, mais des « centres de réparation » dans lesquels elles sont en cours d’assemblage, explique M. Costes. La vision conventionnelle est que lorsque l’ADN est endommagé, des protéines viennent jusqu’à la cassure pour la réparerlocalement. Notre interprétation – qui n’est qu’une interprétation – est qu’au contraire les cassures de l’ADN se regroupent dans des « centres de réparation » qui sont véritablement les foyers fluorescents que l’on voit dans nos cellules irradiées. »

Lorsque les doses de rayonnements augmentent, les dégâts sur l’ADN sont très importants et plusieurs cassures se retrouvent dans le même « centre de réparation ». Il y a donc moins de foyers à mesure que la dose augmente, mais ils sont plus intenses, apparaissent plus rapidement et persistent plus longtemps. D’où l’interprétation selon laquelle les réparations sont plus hasardeuses lorsque le même centre de réparation de l’ADN doit traiter plusieurs cassures en même temps. Ce qui augmenterait les risques de réarrangements entre deux chromosomes, phénomène précurseur de cancer. Si l’on néglige la réponse systémique de l’organisme capable d’éliminer ces erreurs, la survie de cellules avec des réparations défectueuses pourrait augmenter alors de manière non linéaire les risques de cancer, selon M. Costes.

La démonstration ne convainc pas tout le monde, tant s’en faut. « Le problème est que les marqueurs utilisés ici ne donnent pas une indication de la qualité de la réparation des dommages causés à l’ADN, or c’est probablement cette qualité de réparation qui est en cause dans l’initiation des cancers », tempère ainsi le radiobiologiste Nicolas Foray, chercheur (Inserm) au Centre de recherche en cancérologie de Lyon.

Stéphane Foucart

Leucémie : Le nucléaire fragilise les moins de 15 ans

Un « excès de cas » de leucémie chez des enfants de moins de 15 ans a été observé autour des 19 centrales nucléaires françaises sur une période de 6 ans, selon une étude de l’Inserm. Une autre étude vient en écho…

Les cas de leucémie à proximité des centrales sont plus nombreux chez les moins de 15 ans.

Les cas de leucémie à proximité des centrales sont plus nombreux chez les moins de 15 ans. SIPA
http://www.franceinfo.fr/societe-nucleaire/leucemie-plus-de-cas-quand-on-habite-pres-d-une-centrale-nucleaire-495233-2012-01-11

Dirigée par le Dr Jacqueline Clavel, responsable d’épidémiologie environnementale des cancers à l’Inserm, l’étude relève 14 cas de leucémie d’enfants dans un rayon de moins de cinq kilomètres autour des 19 sites nucléaires sur la période de 2002-2007. Les taux d’incidence nationaux prédisaient quant à eux la survenue de 7,4 cas en moyenne, soit près de 7 cas de moins. Mais, « lorsque l’on considère globalement la période 1990-2007 », déclare la spécialiste, « cet excès de risque n’est pas retrouvé ».

Le docteur estime donc que sur ce laps de temps de près de 18 ans « le lien avec les radiations ionisantes émises par les centrales en fonctionnement normal ne peut être établi ». En outre, souligne la chercheuse, « cette augmentation d’incidence limitée à la zone située à moins de 5 km des centrales n’est plus du tout observée au-delà, et concerne toutes les tranches d’âges étudiées, et pas seulement les plus jeunes (moins de 5 ans) ».

« La preuve est faite »

L’épidémiologiste observe par ailleurs que l’augmentation des leucémies n’est « pas spécifique d’une centrale particulière ou d’un type particulier de centrale ». Selon elle, ces résultats ne permettent « pas de mettre en cause un facteur spécifique » et amènent les chercheurs à recommander la poursuite des travaux pour améliorer « l’estimation des expositions » et la poursuite des recherches « sur les facteurs qui pourraient expliquer l’augmentation d’incidence observée à proximité des centrales ». Pour plus d’efficacité, note-t-elle encore, il faudrait aussi travailler à l’échelle internationale « pour avoir un plus grand nombre de cas ».

Le réseau « Sortir du nucléaire » et l’Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’ouest (ACRO) ont de leur côté salué la publication de cette étude de l’Inserm, estimant qu’elle établit une corrélation claire entre les leucémies infantiles et la proximité des centrales nucléaires. 

Pour le réseau, « la preuve est encore apportée que, même en situation non accidentelle, la technologie nucléaire n’appartient plus à un monde civilisé. »

Pour l’ACRO il est désormais « essentiel d’élargir le travail effectué ici à l’ensemble des installations nucléaires, au‐delà des seuls réacteurs, en particulier à des sites de la chaîne du combustible dont les rejets dans l’environnement sont plus importants ». 

Une étude en écho: 

Agrégats de leucémies près de la Hague et de Sellafield

Anita Seth


L’usine de retraitement de la Hague, en France, est la plus grande installation de ce type dans le monde (voir Energie et Sécurité n° 2), avec une capacité annuelle de 1650 tonnes de combustible usé. Une étude, publiée en janvier 1997 dans le British Medical Journal par deux scientifiques français, a montré un lien potentiel entre une occurrence accrue de leucémies infantiles dans la zone située autour de la Hague, et les rejets de l’usine.1 Dominique Pobel et Jean-François Viel ont mené une étude cas-témoin, couvrant une zone d’un rayon de 35 kilomètres autour de l’usine.

 http://www.ieer.org/ensec/no-4/no4frnch/agregats.html