THT : la contestation de compétence jugée irrecevable

Un point supplémentaire marqué par les opposants à la ligne THT. Ouest France jeudi 25 octobre 2012

Un point supplémentaire marqué par les opposants à la ligne THT.

Ouest-France

Une trentaine d’arbres ont été abattus sans autorisation par RTE à Saint-Martin-d’Aubigny afin d’installer un pylône de la ligne THT.

Le juge des référés était alors saisi par la famille Paingt, propriétaire de ces arbres, pour atteinte au droit de propriété.

Le préfet de la Manche, aux côtés de RTE, a déposé un premier déclinatoire de compétence, puis un second, hier, mercredi 24 octobre.

Déclinatoires de compétence considérés comme irrecevables par le juge, ce jeudi.

L’affaire est renvoyée au jeudi 22 novembre.

THT Cotentin-Maine : violence d’Etat contre vigilance citoyenne

Depuis des années, certains de nos concitoyens font la douloureuse expérience de ce qu’on appelle « la violence légitime » d’Etat en s’opposant à la construction de la ligne THT (très haute tension), dite ligne Cotentin-Maine. Longue de 163 kilomètres, cette ligne de 400 000 volts doit acheminer l’électricité produite par le futur réacteur nucléaire EPR de Flamanville. Tribune Rue 89 18 10 2012

Agriculteurs mis à bas de leur tracteur, menottés puis placés en garde à vue, propriétaires expulsés de leur terrain par la force, survol d’hélicoptères, présence permanente de vigiles de Réseau de transport de l’électricité (RTE), procès en cascade, affrontements entre opposants et forces de l’ordre, contrôles et fouilles systématiques des voitures… : c’est un climat répressif et délétère qui accompagne la construction de cette ligne, réactualisant la peur du gendarme.

Alors que le chantier de l’EPR a pris quatre années de retard, doublant son coût qui s’élève désormais à 7 milliards d’euros et, alors même que les recours contre la déclaration d’utilité publique n’ont pas encore été étudiés, aucune urgence ne fonde l’empressement de RTE.

Au grand dam du collectif d’élus opposés au projet, la filiale d’EDF avance tel un bulldozer, au mépris du droit et de la protection des biens privés et communaux.

Des opposants, pas des terroristes

Dans la Manche, le tribunal de Coutances vient d’ailleurs de donner raison à Yves Larsonneur, agriculteur de Montabot (Manche), en condamnant RTE à quitter sa propriété sous peine de 5 000 euros d’astreinte par jour de retard. Il avait été interpellé et placé en garde à vue pour s’être opposé physiquement aux travaux.

Au Chefresne, le maire a également été interpellé. La démission du conseil municipal, unanime, n’a pas changé la donne. En Ille-et-Vilaine, à Vitré, un projet de pylône à proximité d’un drain alimentant en eau la ville suscite de vives inquiétudes.

Même l’agence régionale de santé, qui avait initialement émis un avis négatif, est bien vite rentrée dans le rang. A Québriac, les habitants ont découvert, presque par inadvertance, un projet de méga-transformateur lié à la ligne THT. Au lendemain d’une réunion publique, l’un d’eux est « sollicité » par la gendarmerie afin de donner le nom des élus présents dans l’assistance.

Les opposants à la THT ne sont pourtant pas des terroristes. Ces citoyens, élus, paysans, militants antinucléaires, défenseurs de l’environnement mènent un combat d’importance. Il concerne les 350 000 personnes vivant à proximité d’une ligne THT sans qu’aucune étude épidémiologique sur les conséquences sanitaires des champs magnétiques n’ait jamais été réalisée.

La nécessité d’un débat serein

Ce harcèlement, cette répression violente n’ont qu’un but : décourager toute opposition. Car derrière la ligne Cotentin-Maine se profile le débat sur l’EPR de Flamanville et sur notre modèle énergétique pour demain.

Au delà de divergences de vue sur la question du nucléaire, cette ligne soulève aussi une question démocratique cruciale : est-il acceptable que l’Etat se mette au service d’intérêts privés au détriment de l’intérêt général et de la santé des citoyens ?

Le changement en France passe aujourd’hui par une rupture claire avec la geste brutale et musclée de l’ère Sarkozy. La production et l’acheminement d’électricité en France nécessitent un débat serein, à l’aune des données objectives dont nous disposons aujourd’hui.

L’action citoyenne, garante de la vitalité démocratique de notre pays, doit être considérée avec respect. Les conséquences des champs électromagnétiques induits par les THT sont une question sanitaire qui mérite l’intérêt du gouvernement et non la répression policière. Nous voulons croire qu’il n’est pas trop tard pour que celui-ci en prenne la mesure.

Yannick Jadot, député européen EELV
Gaëlle Rougier, conseillère régionale EELV Bretagne
François Dufour, conseiller régional EELV Basse Normandie
Michel Perrier, conseiller régional EELV Pays de la Loire

Mardi 9 octobre 2012, à 10 h, tribunal de Cherbourg, procès des inculpés de Valognes

Trois militants ont été inculpés suite aux évènements perturbant le passage d’un train CASTOR (transport de déchets nucléaires hautement radioactifs) en provenance de l’usine de la Hague et à destination du site de stockage de déchets de Gorleben, en Allemagne. Ils sont convoqués le 9 octobre 2012 à 10 heures au tribunal de Cherbourg pour les chefs d’inculpation suivants :

  • Complicité de destruction de biens d’autrui par l’effet d’un moyen dangereux pour les personnes.
  • Incitations directes ayant provoqué un attroupement de plusieurs centaines de personnes dont certaines étaient armées.
  • Organisation d’une manifestation sur la voie publique ayant été interdite.

En réalité le pouvoir a choisi de poursuivre ceux qui se sont exprimés devant la Presse en les faisant passer pour des organisateurs et donc les responsables.

Dans cette histoire,  la SNCF veut se voir rembourser 163 000 euros de dégâts sur une ligne. L’État français – producteur et exportateur d’énergie nucléaire à l’échelle mondiale – voudrait retrouver le calme et la soumission qui accompagnent d’ordinaire son florissant commerce notamment dans le Cotentin qui est une des régions les plus nucléarisées du monde, 

L’enjeu de l’audience du 9 octobre à Cherbourg est important: l’Etat sous Hollande et Valls veut faire taire toute opposition antinucléaire et anti THT dans la Fukushimanche .

Les récents jugements de Coutances et de Laval montrent une Justice aux ordres et inflexible:

  • A Coutances  un « déboulonneur symbolique » de plylone,  responsable d’une organisation paysanne a pris des peines d’amendes et autres .
  • A Coutances un étudiant a pris 3 mois fermes suite à la Bataille de Montabot sans que les faits ne soient prouvés à son encontre.
  • A  Laval un jeune a pris 300 euros d’amende avec sursis alors qu’il manifestait sa simple volonté de ne pas vouloir quitter le terrain privé où il était invité ! La salle a exprimé sa totale réprobation suite à cette condamnation.

Pour couronner le tout, le Préfet de la Manche vient de demander au TGI de Coutances de se déclarer incompétent ( au profit de la Justice administrative ) dans une affaire opposant RTE et une propriétaire qui refuse l’installation de pylônes sur son terrain?

L’idée est d’anéantir toute volonté de contentieux des propriétaires et militants  contre RTE afin que rien ne s’oppose à la réalisation de la THT.

Sous le régime de Hollande et de Valls nous entrons peu à peu dans une république bananière où  Fukushimanche est une province administrée en direct par l’Etat, EDF, RTE et AREVA.

Dans ce contexte inadmissible et anti démocratique, Jeudi sera présent mardi matin à Cherbourg pour soutenir pacifiquement les 3 inculpés.

Il invite ceux qui se reconnaissent dans les valeurs de la République à le rejoindre.

http://www.acdn.net/spip/breve.php3?id_breve=1241&lang=fr

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Fukushimanche

c’est le doux pays du ministre des affaires européennes, député AREVA indéfectible, défenseur du lobby nucléaire dans le Cotentin.

Le Cotentin est une des régions les plus nucléarisées du monde : à La Hague, une usine de retraitement des catastrophes quotidiennes qui stocke le combustible d’une soixantaine de réacteurs ; à Flamanville, un EPR, étendard mondial et déjà mité des centrales nucléaires françaises ; à Cherbourg, un arsenal militaire consacré à la terreur atomique mondiale ; à Digulleville, un centre de stockage de déchets radioactifs qui contaminent la nappe phréatique ; partout autour, ces territoires quadrillés, assujettis et balafrés par ces lignes « très haute tension » (THT) destinées à alimenter le marché concurrentiel et international de l’énergie.

Si le Cotentin a accueilli Bernard Cazeneuve pour lui offrir Cherbourg, sa communauté urbaine et sa circonscription PS, elle a confié son destin à un nucléocrate indéfectible  C’est lui qu’AREVA appela en pleine discussion entre les Verts et le PS sur la question de l’EPR et du MOX.

En quelques mois, le nouveau gouvernement socialiste aura nommé Cazeneuve ministre, relancé la recherche sur le surgénérateur Astrid de quatrième génération, acté le maintien du parc nucléaire actuel, annoncé l’ouverture de la plus grande mine d’uranium du monde à Imouraren au Niger, validé le développement de l’EPR en France et à l’international, poursuivi la construction de la ligne THT Cotentin-Maine, etc.

On ne pouvait sacrifier Fukushimanche sur l’autel de l’écologie….

THT: Le Prefet et RTE affirment que le courant passera à la fin de l’année

RTE a fait le point hier à Saint-Lô lors d’un comité de suivi interdépartemental. La ligne Cotentin-Maine de 400 000 volts pourrait être opérationnelle avant l’hiver. Ouest France  – 6 10 2012 Info Percysoustension

Si le courant passe, RTE passera avant avec l’argent qu’il faut pour … Les nucléocrates sont confiants et la Justice n’a plus qu’à bien se tenir « on va être intelligent » dit RTE … Et pour cause le Préfet a  demandé il y a peu au TGI de Coutances de se déclarer incompétent dans une nouvelle affaire d’implantation illégale de pylônes.   Jeudi s’est renseigné ce matin: nous sommes toujours dans un Etat de droit garanti  par un régime socialiste. Il parait même qu’ une loi viendra protéger les lanceurs d’alerte. Mais attention pas question de contrarier les nucléocrates de tout poil… Tout va bien.?! comme le disait Hervé Kempf il y a peu..

80 %
La construction des 163 km de la ligne Très haute tension (400 000 volts) reliant les postes de Taute (dans la Manche) et de l’Oudon (dans la Mayenne) est globalement réalisée à 80 %. Dans le détail, 35 % des câbles ont été déroulés. Sur les 420 pylônes, 361 ont été levés, notamment grâce à deux hélicoptères Puma acquis spécialement par RTE pour l’opération.
Avant l’hiver. Philippe Rémy, directeur du projet pour RTE, est confiant : « La mise en service est prévue d’ici la fin 2012. L’idéal serait de pouvoir bénéficier de la ligne avant les pics de consommation de l’hiver. »

Compensations, indemnisations. Sur les 124 maisons dans la bande des 100 m, 53 rachats ont déjà été effectués par RTE (dont 43 dans la Manche), « sur la base de l’estimation de France domaines, augmentée de 10 % », souligne Philippe Rémy. Une commission de préjudice visuel a été créée : 175 sollicitations de riverains situés au-delà de la bande des 200 m ont été déposées. Une autre commission est en cours de constitution pour se pencher sur le préjudice économique. « Elle n’était pas prévue à l’origine », reconnaît Philippe Rémy.

30 000 € par exploitation
La convention agricole consacre entre autres dispositions 30 000 € pour la mise aux normes électriques de chaque exploitation concernée par la ligne : sur 149 recensées, 90 ont été équipées. Il y aura trois fermes témoins : deux dans la Manche (à Feugères et Les Cresnays), une en Mayenne.

Mesures et suivi
Avant et après la mise en service de la ligne, les champs électriques et le bruit (particulièrement par temps de brouillard), vont être mesurés dans 35 habitations situées dans la bande des 100 m. Dans la Manche, 25 personnes se sont portées volontaires pour un suivi médical sur 5 ans.

Il reste des sous dans le PAP
Les 20 millions d’euros du PAP (Plan d’accompagnement du projet) peinent en revanche à trouver preneur : il reste encore près de 8 millions d’euros dans l’enveloppe initiale de 11 millions alloués au département de la Manche. S’il reste des sous deux ans après la mise en service de la ligne, ils seront réaffectés aux diverses activités de RTE. « Si c’était le cas, je considérerais ça comme un échec », estime le préfet Adolphe Colrat qui encourage les collectivités à déposer des projets.

Apaisement
Les travaux seront suspendus à Saint-Martin-d’Aubigny en attendant l’issue du recours en référé, l’audience ayant été reportée à jeudi 11. « On va être intelligent », concède Philippe Rémy. « Il y a du travail à faire ailleurs », conclut Adolphe Colrat.

Voir : Lignes THT : le référé reporté au 11 octobre

Jeudi 4, le juge devait examiner une requête similaire d’Hélène Paingt, 82 ans, à Saint-Martin d’Aubigny (Manche), où RTE avait commencé des travaux le 26 septembre sans l’arrêté préfectoral en question.

Il a reporté l’audience au 11 octobre car le préfet a estimé que cette affaire relevait du tribunal administratif et non du judicaire, selon l’avocat des opposants et RTE.

« C’est scandaleux. L’Etat et RTE méprisent la justice », a déclaré l’avocat des opposants à la THT, Me Gervais Marie-Doutressoulle.

Voir: Hervé Kempf: Tout va bien 

Lignes THT : le référé reporté au 11 octobre

C’est RTE qui demande un délai d’une semaine supplémentaire pour préparer son dossier. Par Catherine Berra Publié le 04/10/2012 

Cette procédure en référé devant le tribunal de Coutances faisait suite aux incidents de Saint Martin d’Aubigny, dans la Manche, commune où RTE abattait des arbres sans autorisation fin septembre dans le cadre du chantier de construction de la future ligne électrique Cotentin-Maine.

De son côté, la préfecture de la Manche a déposé ce matin une demande « déclinatrice de compétence ».
Autrement dit, elle estime que le TGI de Coutances n’est pas compétent sur ce dossier sensible et préfèrerait que ce soit un tribunal administratif qui s’en charge.

Un nouvel élément fort intéressant si on se souvient que le tribunal de Coutances a condamné RTE une première fois pour « voie de fait » en septembre dans une affaire similaire à Montabot.

 Le juge des référés de Coutances a repoussé jeudi d’une semaine l’examen d’une requête contre RTE, filiale d’EDF, d’une retraitée opposée à la construction sur ses terres de pylônes de la ligne à très haute tension (THT) du futur EPR de Flamanville (Manche), selon le greffe. AFP 04/10/2012

Le juge des référés de Coutances a repoussé jeudi d'une semaine l'examen d'une requête contre RTE, filiale d'EDF, d'une retraitée opposée à la construction sur ses terres de pylônes de la ligne à très haute tension (THT) du futur EPR de Flamanville (Manche), selon le greffe.Il s’agit d’un dossier similaire à celui qui avait abouti le 13 septembre à la première condamnation de RTE, filiale d’EDF qui gère les réseaux, au sujet de la ligne à 400.000 volts qui doit acheminer l’électricité du futur réacteur nucléaire EPR.

Cette ligne dite Cotentin-Maine a fait l’objet de plus 75 procès, selon RTE.

Le 13 septembre, RTE a été condamné à cesser les travaux de construction de la THT sur la parcelle d’un agriculteur, n’ayant obtenu ni un arrêté préfectoral d’occupation temporaire de la propriété, ni l’accord préalable des propriétaires ou à défaut l’autorisation d’un juge.

Jeudi, le juge devait examiner une requête similaire d’Hélène Paingt, 82 ans, à Saint-Martin d’Aubigny (Manche), où RTE avait commencé des travaux le 26 septembre sans l’arrêté préfectoral en question.

Il a reporté l’audience au 11 octobre car le préfet a estimé que cette affaire relevait du tribunal administratif et non du judicaire, selon l’avocat des opposants et RTE.

« C’est scandaleux. L’Etat et RTE méprisent la justice », a déclaré l’avocat des opposants à la THT, Me Gervais Marie-Doutressoulle.

Interrogé à ce sujet par l’AFP, RTE a répondu qu’un juge de Laval avait dans un dossier similaire pris une décision contraire à celle du juge de Coutances le 30 juillet.

Mercredi une douzaine d’opposants ont investi le chantier sur la parcelle de Mme Paingt, a constaté un photographe de l’AFP. L’action s’est poursuivie jeudi.

Le tribunal administratif de Caen a en outre annoncé jeudi avoir débouté quatre communes de la Manche qui demandaient l’annulation de permis de construire pour la THT, accordés par le préfet de la Manche, sur leurs territoires respectifs.

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Nouveau face à face entre RTE et des opposants à la THT à Saint-Martin-d’Aubigny

L’incident remonte à mercredi. Une équipe de chantier de RTE est intervenue sur une propriété à Saint-Martin-d’Aubigny pour y abattre des arbres, après y avoir posé les fondations d’un pylône pour la ligne très haute tension (THT). Ouest France  jeudi 27 septembre 2012

Or, la propriétaire de la parcelle n’avait pas donné son autorisation à RTE. Gervais Marie-Doutressoulle, avocat des anti-THT était sur place et s’est opposé à la poursuite du chantier. L’avocat veut déposer un recours pour voie de fait devant le tribunal de Coutances, RTE s’estime dans son droit grâce à un arrêté de servitude par le préfet. Le chantier a été arrêté mais RTE veut le reprendre dès que possible.

 

Gervais Marie-Doutressoulle, avocat des anti-THT, va déposer un recours pour voie de fait devant le tribunal de Coutances.

Gervais Marie-Doutressoulle, avocat des anti-THT, va déposer un recours pour voie de fait devant le tribunal de Coutances.

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Ligne à très haute tension de l’EPR: la résistance d’irréductibles éleveurs

Le Chefresne (Manche) – Du haut de leurs tracteurs et à l’aide de recours juridiques, d’irréductibles agriculteurs normands se battent contre la ligne à très haute tension (THT) en construction dans le bocage manchois et dénoncent le mépris d’EDF qu’ils viennent de faire condamner. AFP 18 09 2012 

Je ne suis pas violent, même si je peux l’être verbalement. Je suis le petit paysan du fond de la campagne qui a gagné contre le mastodonte RTE, la filiale de l’opérateur visée, confie Yves Larsonneur, 52 ans, éleveur au Chefresne.

Héros, invincible gaulois, pot de terre contre le pot de fer selon ses pairs, l’agriculteur a fait condamner RTE à arrêter les travaux dans ses champs. Le juge des référés de Coutances a estimé la semaine dernière que l’entreprise était entrée illégalement chez lui pour y construire deux pylônes.

Une victoire pour cet éleveur sûr que sa ferme sera invendable lorsque la ligne à 400.000 volts passera au dessus de ses vaches, mais aussi pour tous les opposants à cette ligne de 163 km liée au projet d’EPR à Flamanville (Manche).

Selon RTE, environ 5% des 1.343 propriétaires concernés par la THT ont refusé de signer une convention amiable avec l’entreprise, qui souligne que c’est le premier procès qu’elle perd sur 75 intentés.

La THT, déclarée d’utilité publique, est vivement contestée par les anti-nucléaires et des élus locaux inquiets des risques que ces lignes sont soupçonnées de faire peser sur la santé humaine et sur celle des animaux, dans cet important département laitier, déjà traversé par une THT.

La mobilisation marque cependant le pas chez les élus, qui ne sont plus qu’une poignée à se battre encore, contre 35 au départ. Leur leader, l’ancien maire du Chefresne, est parti en Bolivie après avoir démissionné à la suite d’une garde à vue.

Une machine à broyer

Mais les agriculteurs sont plus que jamais mobilisés et les opposants à la nouvelle THT peuvent de plus en plus compter sur le soutien -et les témoignages- de leurs confrères concernés par la ligne déjà existante.

On n’est pas anti-THT. On se bat pour notre outil de travail, explique Martine Leroy, 53 ans, une frêle exploitante voisine de M. Larsonneur, qui estime ridicules les dédommagements proposés par RTE.

Les éleveurs affirment n’avoir suivi que de loin les heurts qui, le 24 juin, ont fait trois blessés graves chez les manifestants et deux légers côté gendarmes. C’était à Montabot, commune jouxtant le Chefresne.

Mais ils n’en sont pas moins en guerre avec RTE. Le 31 juillet, lorsque l’entreprise est arrivée chez lui, Yves Larsonneur a passé dix heures en garde à vue après une interpellation musclée. Et on est censé être en démocratie. Si j’avais été chez Poutine, je serais mort!, lâche le paysan.

Sa compagne s’est vu de son côté prescrire 21 jours d’interdiction temporaire de travail après avoir été renversée par une grue du chantier en août.

Sur leur exploitation, la tension est palpable. Les deux pylônes sont entourés de grillage et gardés par des vigiles peu accueillants. Les agriculteurs admettent se moquer d’eux de temps à autre avec leur tonne à lisier, notre seule arme, selon une éleveuse.

Ils racontent avoir chassé de chez eux des individus soupçonnés de prendre des mesures discrètement, avoir vu débarquer des dizaines de gendarmes armés jusqu’aux dents accompagnant RTE pour les relevés topographiques officiels. Ils parlent de contrôles d’identité parfois matin et soir, de fouilles de voitures, d’hélicoptères.

C’est une machine à broyer qu’on a en face, pense Mme Leroy, Mais les gens commencent à parler.

(©AFP / 18 septembre 2012 12h41) 

Moins d’électricité nucléaire, plus d’EPR ?

Voici un très intéressant article du site dissident-media qui est un site consacré au nucléaire. Il calcule simplement ce que signifie de faire passer la part du nucléaire à 50% en France pour la production d’électricité. Et au bout du compte, on s’aperçoit que pour « sortir du nucléaire » comme le prétend EELV, il faut… du nucléaire en plus! Il y aura ainsi des centrales construites pour « sortir » du nucléaire, puis finalement plus de sortie du tout! 17 sept, 2012

Question à 1 000 euros : que signifie pour EELV 50% de nucléaire en 2025 ? Aujourd’hui, en fait depuis une quinzaine d’année, la part atomique injectée sur le Réseau de transport d’électricité (RTE) tourne autour de 75% de la production nette d’électricité en France.

François Hollande s’est engagé à faire baisser cette proportion d’un tiers d’ici 2025, soit d’ici 13 ans.

La production annuelle d’électricité atomique (données RTE) s’est stabilisée autour de 420 TWh depuis une dizaine d’années, tandis que la consommation, pertes en ligne comprises, augmente en tendance d’un peu plus de 1,2% par an depuis une douzaine d’années. Durant cette période, le solde export – import a fluctué entre 7 et 15% (moyenne = 12%) de la production nette.

La crise a eu pour effet de tasser offre et demande. Le taux moyen d’augmentation de la consommation de 1,2% durant ces 12 dernières années en a été affecté. On peut donc raisonnablement tabler sur un maintien de ce taux, qui conjuguerait, reprise d’un côté, et effort de maîtrise de l’autre, d’ici 2025. Par ailleurs, le programme de développement des énergies renouvelables devrait, comme cela a été le cas du Danemark, conduire à au moins maintenir le niveau moyen du solde export – import.

À partir de ces hypothèses, la production d’électricité devrait atteindre 675 TWh en 2025, dont 595 TWh pour la consommation intérieure. La part nette de la fission de l’atome dans la production d’électricité s’établirait donc à 337 TWh en 2025.
_ Certains ont pu croire que la réduction d’un tiers de la proportion (de 75% à 50%) signifiait une réduction d’un tiers de la production. La réalité sera différente : moins de 20%

Le plus significatif vient maintenant. D’ici 2025, 31 réacteurs auront dépassé 40 ans d’exploitation). Ils font partie d’un ensemble de 34 réacteurs qui ne satisfait pas des exigences de sûreté considérées depuis longtemps comme élémentaires, notamment celle de disposer d’une enceinte de confinement double.

Sachant que l’ASN ne se montrera pas plus exigeante sur ce point précis qu’elle ne l’a été dans le passé, on suppose que seuls ces 31 réacteurs auront été mis hors service une fois atteinte la limite d’âge de 40 ans. L’expérience montre que le taux de charge tend à diminuer (il était de 66% pour les 19 réacteurs ayant atteint ou dépassé 30 ans de service en 2009) lorsque les centrales vieillissent.

On tablera sur le maintien de ces 66% jusqu’à l’âge de 40 ans. L’arrêt de ces 31 tranches entraînera donc une perte de production annuelle de l’ordre de 160 TWh. Avec en perspective proche le remplacement des 3 dernières tranches de 900 MWh et des 8 tranches de 1300 MWh, une perte de production d’au moins 67 TWh est à prévoir entre 2025 et 2030 (vraiment “au moins” car 9 tranches supplémentaires auront dépassé 40 années d’exploitation en 2030…).

Calendrier de construction des centrales nucléaires françaises (1970-2000)

Deux et deux font quatre, n’est-ce pas ? Si on soustrait 160 de 420 on trouve 260. Puis si on soustrait encore 67 de 260, on trouve 193.
Question : combien d’EPR de 1600 MW électriques faut-il construire pour produire la différence entre 335 et 260 TWh, puis entre plus de 335 et 193 TWh ? On va généreusement leur accorder un taux de charge effectif de 80 % (une performance que les centrales d’EDF n’atteignent pas). Chaque EPR produirait alors 11,2 Twh/an.

L’administration Hollande doit donc engager un programme industriel visant la construction d’au moins 5 EPR avant 2025 (en sus des 2 déjà engagés) et la mise en service d’au moins 6 EPR supplémentaires d’ici 2030.
La construction de ces machines dure au moins 7 ans. Il faudra donc décider le lancement de la construction d’un EPR/an d’ici 2025, compris les deux déjà programmés.
Si l’administration Hollande dure deux mandats, et si aucune catastrophe atomique ne frappe l’Europe d’ici là, elle aura mis à son actif 8 EPR !
Le 4 juillet, le leader du groupe EELV à l’Assemblée nationale a déclaré au nom de ses amis partager avec le gouvernement la « première étape » de « baisse programmée et résolue de la production d’électricité d’origine nucléaire », tout en étant partisan à long terme « de la sortie du nucléaire ».
Les écologistes ont une connaissance des questions d’énergie atomique très supérieure à celle des autres politiciens du pays.
Ils savent donc que les EPR sont conçus pour une durée d’exploitation supérieure au demi siècle. En appuyant solennellement sur ce point la déclaration de politique générale du Premier Ministre, ils se sont donc prononcés pour la stratégie de remplacement du parc existant par des EPR. Ils soutiennent ainsi formellement la poursuite indéfinie de la production d’électricité atomique dans notre pays.
Voilà le prix réel, ou du moins une part certaine du prix à payer, de la présence d’un groupe EELV à l’Assemblée Nationale !
Allez, courage, encore un effort pour ne plus être du tout écologiste !
Comment vont réagir les collègues Verts élus au Parlement Européen ?

THT. Un agriculteur de la Manche fait stopper la construction

La société RTE, filiale d’EDF, a été condamnée ce jeudi à arrêter laconstruction de la ligne à très haute tension, sur le terrain d’un agriculteur de Montabot (Manche). Pour Gervais Marie-Doutressoulle, l’avocat des militants anti-THT, cette décision est une première victoire. Ouest France  jeudi 13 septembre 2012 Video FR3

Pour Gervais Marie-Doutressoulle, l'avocat des militants anti-THT, cette décision est une première victoire.

« C’est une grande satisfaction. Une première victoire. » Depuis fin 2008, Gervais Marie-Doutressoulle, l’avocat des militants anti-THT multiplie les actions contre RTE, filiale d’EDF.

Jeudi matin, le juge des référés et président du TGI de Coutances a ordonné à RTE de quitter la parcelle d’Yves Larsonneur, agriculteur à Montabot (Manche) et par là même, à cesser les travaux de construction sur cette même parcelle de la ligne à Très haute tension, liée à la construction de l’EPR de Flamanville.

Garde à vue

Le 31 juillet dernier, alors qu’il s’opposait avec sa compagne, à la venue de RTE sur son terrain, Yves Larsonneur, exploitant agricole, avait été mis en garde à vue.

« Quand il a regagné son domicile, il a été mis devant le fait accompli, raconte l’avocat. Les ouvriers avaient bien avancé le travail. Il a été humilié. Aujourd’hui, RTE connaît l’effet boomerang. Cette décision du juge des référés est une vraie réparation. Et une preuve de l’indépendance du juge. »

Le juge des référés estimé que RTE a commis une voie de fait en l’absence d’arrêté préfectoral d’occupation temporaire des Larsonneur.

Six autres propriétaires sont également susceptibles d’agir en référé.
Video de FR3 Normandie

THT: RTE (EDF) condamné à arrêter des travaux chez un plaignant.RTE ferait appel

La société RTE, filiale d’EDF, a été condamnée jeudi en référé à Coutances (Manche) à cesser, sur la parcelle d’un agriculteur placé en garde à vue en juillet, les travaux de construction de la ligne à très haute tension (THT) liée au réacteur EPR en chantier à Flamanville (Manche). AFP 13 sept 2012 

RTE a commis une voie de fait en n’ayant pas obtenu un arrêté préfectoral d’occupation temporaire de la propriété et en entrant sur la propriété sans avoir obtenu l’accord préalable des propriétaires et à défaut l’autorisation d’un juge », a dit à l’AFP Eric Minnegheer, juge des référés à Coutances.

Le juge était saisi par les propriétaires des terres, Sylvie Hubert et Yves Larsonneur. Ce dernier avait passé une dizaine d’heures en garde à vue le 31 juillet pour avoir « bloqué physiquement un chantier déclaré d’utilité publique », selon la préfecture de la Manche.

M. Larsonneur dit qu’il était simplement en train de travailler sur son tracteur dans son champ lorsqu’il a été arrêté le 31 juillet. Il a dénoncé les conditions de cette interpellation, affirmant que son fils de 17 ans avait été comme lui plaqué au sol et s’était vu prescrire en conséquence 10 jours d’interdiction temporaire de travailler (ITT).

M. Minnegheer, qui est aussi président du tribunal de grande instance de Coutances, a ordonné à RTE de quitter les lieux et d’arrêter les travaux sur cette exploitation située à Montabot (Manche), sous peine d’une astreinte de 5.000 euros par jour de retard.

RTE a fini de construire deux pylônes sur cette exploitation mais doit encore installer les câbles.

Le juge a en outre ordonné une « expertise pour faire évaluer » d’ici quatre mois « les conséquences dommageables » de cette voie de fait.

Dans une décision distincte, M. Minnegheer a fait droit à la demande d’expertise de Mme Hubert qui « se plaint d’avoir été renversée » mi-août par une grue conduite par un employé d’un sous-traitant de RTE. Mais il a rejeté la demande d’indemnisation par RTE, qui n’est pas l’employeur direct.

Mme Hubert, qui a par ailleurs déposé une plainte au pénal pour ces faits, dit avoir écopé de 21 jours d’ITT.

« On a vu qu’ils avaient des difficultés avec une grue qui s’est renversée. On est allé voir, ça nous a fait rire. Lui n’arrivait pas à redémarrer une autre grue. Quand il y est arrivé, il m’a foncé dessus », avait raconté la compagne de M. Larsonneur à l’AFP.

L’avocat du couple, Me Gervais Marie-Doutressoulle, interrogé par l’AFP, a salué une « victoire totale ». « Après l’humiliation faite par RTE à M. Larsonneur, d’une certaine façon c’est M. Larsonneur qui humilie RTE qui doit dégager le terrain », a-t-il dit.

Cette décision « protège » potentiellement tous les propriétaires concernés par cette THT qui n’ont pas passé d’accord à l’amiable avec RTE, a-t-il ajouté. Selon lui, RTE ne dispose nulle part de l’arrêté préfectoral d’occupation provisoire.

En janvier, RTE avait indiqué que 15% des propriétaires concernés par les pylônes ou les surplombs n’avaient pas signé un accord à l’amiable.

L’avocat de RTE attendait à la mi-journée le feu vert de sa cliente pour communiquer.

La THT dite Cotentin-Maine, qui doit sur 163 km acheminer l’électricité du futur réacteur EPR de Flamanville, doit entrer en service en 2013. Elle est vivement contestée car des soupçons pèsent sur les répercussions des THT sur la santé.

« RTE doit changer de méthode » ( info tendance Ouest ) 

RTE va faire appel du jugement a fait savoir, en fin d’après midi, l’avocat de la filiale d’EDF et va réclamer au préfet les arrêtés jugés nécessaires par le juge du tribunal de Coutances et « si le préfet va vite », ce jugement n’entraînera « aucun retard  sur les travaux ».

La décision du tribunal « protège » potentiellement tous les propriétaires concernés par cette THT qui n’ont pas passés d’accord à l’amiable avec  RTE selon Maître Gervais Marie-Doutressoulle l’avocat des agriculteurs manchois a écouter ci dessous.

De son côté,  François Dufour, vice-président du Conseil régional de Basse-Normandie affirme que « RTE doit changer de méthode. Vu que le chantier de l’EPR est suspendu, il n’y a absolument aucune urgence à construire la ligne. Il est donc temps de stopper ce chantier pour au moins mener à bien la concertation et la conduite d’une étude épidémiologique qui serait seule à même de prouver l’innocuité de cette ligne Très Haute Tension. »