OGM : Séralini « Nous n’attendons rien de l’Efsa »

Le chercheur Gilles-Eric Séralini répond à l’autorité européenne de sécurité alimentaire, qui juge son étude « insuffisante » et réclame des précisions. Par  04-10-2012 

Gilles-Eric Séralini dénonce les conditions d'opacité dans lesquelles ont été réalisées les évaluations de l'Efsa. (JACQUES DEMARTHON / AFP)

Gilles-Eric Séralini dénonce les conditions d’opacité dans lesquelles ont été réalisées les évaluations de l’Efsa. (JACQUES DEMARTHON / AF

Le chercheur français Gilles-Eric Séralini a répondu jeudi 4 octobre à l’Efsa (Autorité européenne de sécurité des aliments) qui a jugé son étude insuffisante. 

Le professeur de l’université de Caen, qui a dirigé une étude choc sur un maïs OGM de Monsanto, a indiqué au « Nouvel Observateur » : « Nous n’attendons rien de l’Efsa, lourdement mise en cause pour conflits d’intérêts sur les OGM, comme je l’écris dans mon livre. De plus, l’agence est juge et partie en ayant autorisé les produits que nous avons évalués à long terme et dont nous avons publié les résultats dans l’une des meilleures revues mondiales de toxicologie ». 

Gilles-Eric Séralini dénonce les conditions d’opacité dans lesquelles ont été réalisées les évaluations de l’Efsa : « L’Efsa, pour autoriser ces mêmes produits, a travaillé de manière laxiste à très court terme, avec les données problématiques et très très ‘insuffisantes’ de Monsanto, qu’elle garde anormalement secrètes. Nous demandons immédiatement un accès public sur internet à ces données ». Pour l’heure, il maintient qu’il ne donnera aucune donnée supplémentaire à l’Efsa. 

Une étude « insuffisante »

L’EFSA a jugé « insuffisante » l’étude du chercheur français sur la toxicité du maïs NK 603 du groupe Monsanto et lui a demandé de fournir davantage d’informations sous peine de la rejeter. « Sans ces éléments, il est peu probable que l’étude se révèle fiable, valide et de bonne qualité », indique l’EFSA dans un communiqué. L’examen préliminaire publié jeudi « constitue la première étape d’un processus qui se déroulera en deux phases. Une seconde analyse, plus complète, sera publiée d’ici la fin octobre », précise l’EFSA. (> Lire notre dossier ici

L’avis préliminaire est la conclusion d’une analyse de l’article publié par le chercheur français dans la revue Food and Chemical Toxicology. Les résultats de cette étude choc sur l’alimentation d’un groupes de rats avec le NK 603, publiés par « Le Nouvel Observateur », établissaient la toxicité du maïs OGM. 

Avec agences

SUR LE MÊME SUJET
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Japon radioactif : Quand l’exposition aux radiations offre de nombreuses opportunités “éducatives” aux enfants…

Exactement un et demi an depuis le début de l’accident nucléaire du 11 mars 2011, c’est là où en est le Japon. Toute l’hypocrisie sur le « fait de protéger les enfants » ou « les enfants sont notre avenir » eh bien, est bien de l’hypocrisie. Info Bistrobarblog, traduction d’un article d’Ultraman par Caralmera, lundi 10 septembre 2012

Le maire d’une grande ville dans la Préfecture Kanagawa déclare que la nourriture contenant du césium radioactif dans les déjeuners scolaires fait partie de l’éducation des enfants. Une grande ville dans la Préfecture Fukushima dans la région Nakadori hautement contaminée (le tiers médian) refuse d’installer des systèmes de climatisation dans les écoles publiques de la ville parce que les enfants ne devraient pas manquer l’opportunité d’apprendre le réchauffement du globe. Une ville à Tokyo vient de commencer à nourrir des enfants avec le lait de Fukushima dans leur menu de déjeuner scolaire. Un professeur dans un collège de la Préfecture Shizuoka avec un doctorat de tourisme envoie ses étudiants à Fukushima pour acheter des produits et marchandises de Fukushima pour dissiper « les rumeurs sans fondement ».

C’est pire que le pire que le Professeur Kunihiko Takeda de l’Université Chubu n’avait craint il y a exactement un an, avec sa prose poétique courte intitulée « une fille ne parle pas »; il avait supplié les enseignants et les éducateurs de faire tout ce qu’ils pourraient pour protéger les enfants. Son appel est tombé dans des oreilles complètement sourdes et nous y voilà. Cela doit être la fin. 
D’abord, pour Takao Abe, le Maire de Ville Kawasaki dans la Préfecture de Kanagawa, le fait de faire manger aux enfants de  la nourriture qui a été prouvée contenir du césium radioactif d’origine de Fukushima est rien de plus qu’extrêmement éducatif et les parents devraient juste se taire (Tokyo Shinbun le 9/5/2012) :

Le maire Takao Abe a dit lors de sa conférence de presse régulière le 4 septembre que c’était important pour les enfants d’apprendre qu’ils vivaient au milieu de dangers et qu’il continuerait d’utiliser les oranges congelées de Kanagawa et les pommes en conserves d’Yamagata qui ont été reconnues contaminées au césium radioactif  pour les déjeuners scolaires dans les écoles primaires de la Ville de Kawasaki, en accentuant l’aspect éducatif d’utiliser la nourriture [reconnue pour être contaminée avec le césium radioactif].
Selon l’inspection de la ville, 9.1 Bq/kg de césium radioactif ont été trouvés dans les oranges congelées [de Kanagawa] et 1.6 Bq/kg dans les pommes en conserve [d’Aomori]. Pourtant, puisque les niveaux sont au-dessous de la limite de la sécurité nationale (100 Bq/kg) la ville a servi les oranges congelées dans les déjeuners scolaires depuis avril de cette année. La ville commencera à utiliser les pommes en conserve en septembre.

Quand on demande pourquoi les villes d’Yokohama et de Kamakura n’utilisent pas les oranges congelées, le Maire Abe répond, « c’est une faute d’apprendre aux enfants à avoir peur d’un niveau si banal [de césium radioactif]. » Il commente ensuite, « Sur la route, il y a un danger d’être frappé par une voiture. Un étranger peut vous poignarder. Apprenez-vous aux enfants à ne pas marcher devant un étranger ? »
Il y a des parents qui ne sont pas convaincus, mais à eux, le maire répond, « Ne soyez pas des poules mouillés »
Le maire Abe est né et a été élevé à Fukushima, à propos. Mais cela n’a rien à voir avec ça, n’est ce pas ?
La Ville de Koriyama dans la région hautement irradiée de Nakadori dans la Préfecture de Fukushima a refusé d’installer des systèmes de climatisation dans les écoles de la ville parce que c’était important pour les enfants de souffrir pour apprendre « l’écologie »(le tweet d’un de mes followers, à propos d’une émission de NHK sur le sujet) :
Ils ne permettent pas l’installation de systèmes de climatisation dans les écoles dans la ville de  Koriyama. On en a parlé à la réunion avec TEPCO en juin. Le Conseil de la ville d’Éducation de la ville a aussi dit [aux parents], « Nous voulons que les enfants apprennent l’écologie. »De la vidéo. L’Assemblée de la ville Koriyama, TEPCO et le Conseil d’Éducation tous ont rejeté la pétition des parents qui se sont inquiétés au sujet de leurs enfants au milieu de la contamination de radiation et de la forte chaleur de l’été.
Quand les Japonais disent « l’écologie », tout ce qu’ils veulent dire c’est « l’économie d’énergie pour prévenir le réchauffement climatique ». Réchauffement climatique.
Alors, c’est plus important pour la ville de Fuchu à l’ouest de Tokyo d’aider Fukushima à se rétablir des « rumeurs sans fondement » que de protéger les enfants de la nourriture potentiellement contaminée; ou un bon deal avec un fournisseur de lait important (Snow Brand Megmilk) ne peut pas être abandonné (le lien va à une page avec la documentation du Conseil d’Éducation). Le dernier, mieux. Ainsi dès le 10 septembre, le lait de la ville Fuchu de Snow Brand Megmilk contiendra du lait de Fukushima, en plus de celui de  Kanagawa, Chiba, Tochigi, Gunma, Iwate, Miyagi, Yamagata, Aomori. Quand le vin est tiré, il faut le boire, ou littéralement, « Mange du poison, et lèche le plat qui sert le poison ».

Et enfin, le Professeur Akane Okubo a eu son doctorat dans le tourisme (je n’ai jamais entendu une telle chose avant que je n’aie vérifié sa  bio) et enseigne à Fuji Tokoha à l’Université de la Préfecture Shizuoka alors qu’elle continue de travailler pour l’institut de recherche d’Agences de voyages du Japon (JTB), un des plus grands opérateurs au Japon. Dans le passé, elle a travaillé pour un autre opérateur du tourisme (Jalan). Comment instruit-elle ses étudiants ? En les expulsant à Fukushima pour acheter en bloc des produits et des marchandises de Fukushima pour contrecarrer « les rumeurs sans fondement ». Elle doit avoir reçu une subvention lucrative du gouvernement national pour sa « recherche ». De Yomiuri Shinbun (9/10/2012) :

Le professeur Okubo a dit, « c’est important pour l’étudiant d’écouter la population locale et de réfléchir à ce qu’ils peuvent faire. Nous voudrions faire n’importe quelle petite chose pour aider à dissiper des rumeurs sans fondement ».

C’est involontairement drôle : « Etudiants universitaires japonais « et « réfléchir » ne vont pas vraiment ensemble. 

Le rythme de descente dans la folie de plus en plus profonde semble s’accélérer au Japon. Peut-être est-ce ce que les gens ont du ressentir au cours des années 1930, juste avant la dernière guerre mondiale.

http://bistrobarblog.blogspot.fr/2012/09/message-du-10-septembre-2012-sur-le.html#comment-form

 

Les effets des radionucléides sur le comportement animal.

Rev Environ Contam Toxicol. 2011;210:35-58.
Gagnaire B, Adam-Guillermin C, Bouron A, Lestaevel P.
Laboratoire de Radioécologie et d’Ecotoxicologie, IRSN, Centre de Cadarache, Bat 186, 13115, Saint-Paul-Lez-
Durance Cedex, France. beatrice.gagnaire@irsn.fr

Résumé
Parallèlement à l’expansion de l’industrie nucléaire, la concentration de plusieurs polluants, radioactifs ou non, y compris l’uranium, le césium, le cadmium et le cobalt, a augmenté au cours des dernières décennies. Ces éléments polluants existent dans l’environnement et constituent une menace pour de nombreux organismes. Le comportement représente l’intégration de tous les processus d’adaptation
anatomiques et physiologiques qui se produisent dans un organisme. Par rapport à d’autres paramètres biologiques, les effets des polluants sur le comportement animal ont été l’objet de quelques études seulement. Cependant, les changements de comportement semblent être idéaux pour évaluer les effets des polluants sur les populations animales, parce que le comportement relie les fonctions physiologiques aux
processus écologiques. L’altération des réponses comportementales peut avoir de graves implications pour la
survie des individus et de la population de certaines espèces. Des perturbations comportementales peuvent découler de plusieurs mécanismes sous-jacents: perturbation de l’activité neuro-sensorielle et des glandes endocrines, ou perturbations des mécanismes oxydatifs et métaboliques.
Dans cette revue, nous avons présenté un aperçu de la littérature actuelle, dans lequel sont pris en compte les effets des polluants radioactifs sur le comportement chez les humains, les rongeurs, les poissons et les espèces sauvages. Lorsque c’était possible, nous avons également indiqué les mécanismes sous-jacents potentiels des modifications des comportements et les paramètres mesurés.

La contamination chronique à l’uranium est associée à des altérations du comportement et troubles mentaux chez l’homme, et des déficits cognitifs chez les rats. Des études comparatives sur les effets de l’uranium appauvri et enrichi chez les rats ont montré que les activités chimiques et radiologiques de ce métal induisent des effets négatifs sur plusieurs paramètres comportementaux et produisent également un stress oxydant sur le cerveau. L’exposition à l’uranium modifie également le comportement alimentaire des bivalves et le comportement de reproduction des poissons. Les études des effets de l’accident de Tchernobyl montrent que l’irradiation chronique par le 137Cs induit des maladies du système nerveux et des troubles mentaux chez les humains conduisant à une augmentation des suicides, ainsi que la modification des sites de nidification préférés, une baisse du succès de la couvaison et de la fécondité chez les oiseaux qui vivent dans la zone de Tchernobyl.

Aucun effet significatif de l’exposition au césium n’a été montré dans des expériences de laboratoire avec des rats, mais peu d’études ont été menées. Les données sur le cadmium radioactif ne sont pas disponibles dans la littérature, mais les effets de sa forme métallique ont été bien étudiés. Le cadmium provoque un retard mental et des altérations psychomotrices dans les populations exposées et augmente l’anxiété chez les rats, conduisant à la dépression. 

L’exposition au cadmium se traduit également par des effets bien documentés sur l’alimentation et le creusement des terriers chez plusieurs espèces d’invertébrés (crustacés, gastéropodes, les annélides, bivalves) et sur différents types de comportement des poissons (activité de nage, fast-start réponse , comportement antiprédateur).

Le cobalt induit un déficit de mémoire chez les humains et peut être impliqué dans la maladie d’Alzheimer; l’irradiation gamma par le cobalt diminue également la fécondité et modifie le comportement de reproduction chez les insectes.

Collectivement, les données font défaut ou sont maigres sur les radionucléides polluants, et une meilleure connaissance de leurs actions sur les mécanismes cellulaires et moléculaires qui contrôlent le comportement des animaux est nécessaire.

http://radionucleide.free.fr/Radionucleides_comportement.pdf

Japon : la peur au ventre

Un an et demi après l’accident de Fukushima près de la moitié des aliments seraient contaminés par la radioactivité. Le poisson, le riz, les légumes, aliments de base des japonais ne sont plus sûrs.  Un reportage de Mathilde Pasinetti et Vivien Roussel. France 2. 6 septembre

Des centres de tests se sont ouverts un peu partout sur le territoire mais contrôler l’ensemble de la chaîne alimentaire est un travail titanesque, et une illusion. Aujourd’hui les pêcheurs de Fukushima ne pêchent plus sauf pour réaliser des tests, les agriculteurs ne vendent plus leurs produits même bradés et les consommateurs s’inquiètent, ils tentent de trouver des solutions …  Comment les Japonais vivent-ils cette chasse aux Becquerels ?

http://envoye-special.france2.fr/les-reportages-en-video/japon-la-peur-au-ventre-6-septembre-2012-4587.html

Fukushima : des médecins dénoncent désinformation et risques minimisés

L’association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire (IPPNW) s’est tenue à Hiroshima du 24 au 26 août derniers. À cette occasion elle a envoyé une délégation de 30 médecins de différentes nationalités sur le site de Fukushima le 28 août pour rencontrer des médecins locaux, et fait part de son constat et de ses recommandations pour protéger la santé des Japonais après la catastrophe. ddmagazine  LE 03 SEPTEMBRE 2012

L’IPPNW rappelle en premier lieu que le nucléaire civil et le nucléaire militaire sont inextricablement liés, extrêmement dangereux pour la santé à tous les stades, risquent de rejeter des quantités catastrophiques de radiations, et représentent le danger le plus important pour la santé de l’humanité (ici le document original en anglais ).

Les médecins rappellent que les désastres nucléaires comme Fukushima ont des conséquences graves sur le long terme ; que les contaminations se propagent via l’océan et l’atmosphère à toute la planète avec des impacts sur la santé de ses habitants. Ils rappellent également qu’il n’existent pas de traitement approprié pour guérir des effets catastrophiques sur la santé de l’explosion d’une bombe atomique ou d’un accident comme Fukushima.

L’IPPNW s’inquiète de la santé de plus de 20 000 employés qui ont travaillé sur le site de Fukushima depuis la catastrophe et de ceux, très nombreux, qui viendront encore y travailler pendant des décennies. L’association souligne de nombreux cas rapportés de protection insuffisante des travailleurs, de résultats de mesures falsifiés à la baisse, de mauvaises informations diffusées par les dirigeants, et via le système scolaire, tendant à minimiser le risque des radiations.

L’IPPNW avait déjà tenu a faire part de ses recommandations au gouvernement japonais. Dans un courrier au Premier ministre Japonais Nato Kan l’association internationale de médecins avait rappelé que dès les premiers jours après la catastrophe de Fukushima elle avait exprimé ses regrets que les populations locales et la communauté internationale n’aient pas été complètement informées de la nature et de l’étendue des émissions radioactives, que les zones d’évacuation n’aient pas été plus larges, que les valeurs limites d’exposition semblaient inadéquates à la protection de la population, en particulier des femmes enceintes et des enfants.

L’association rappelle qu’elle est perturbée par des rapports récents mettant en causes les agences gouvernementales en charge de la sûreté nucléaire, parce qu’elles auraient fait passer l’intérêt économique et politiques avant celui de la santé publique.

Une situation encore instable

Les médecins s’inquiètent de l’instabilité actuelle de la situation (faisant certainement référence aux piscines de combustibles usés du réacteur N° 4, ndlr) et des risques liés à un éventuels prochains séismes (le réacteurs 4 en ruines pourrait s’effondrer). Dans cette éventualité, Ils invitent le gouvernement à mettre en place des mesures d’évacuations rapides d’une zone de 80 à 100 km autour de la centrale.

Des doses inacceptables

Les médecins de L’IPPNW considèrent que la limite de dose autorisée actuelle pour la population de 20 mSv (20 millisievert) est inacceptable. Plus concrètement l’association appelle à : indiquer de façon détaillée les zones contaminées ; gérer les populations sur la base des contaminations externes et internes (via la respiration des poussières et l’alimentation, ndlr) exacts, et non sur la simple mesure de la distance à la centrale nucléaire ; mettre en place un système de suivi de la santé des populations qui soit transparent, partagé avec la communauté internationale, vérifiable par des scientifiques indépendants ; remettre le maximum de doses admissible par la population à 1 mSV (insistant encore sur la prise en compte de l’exposition interne, celle qui se fixe dans les organes comme les poumons, le foie, ou les os, ndlr) et sur la nécessité d’appliquer cette mesure immédiatement aux enfants et aux femmes enceintes ; informer largement les citoyens sur les moyens de se protéger des retombées radioactives liées à la catastrophe.  

http://www.ddmagazine.com/201209032496/Actualites-du-developpement-durable/Fukushima-des-medecins-denoncent-desinformation-et-risques-minimises.html

Fukushima : des médecins dénoncent désinformation et risques minimisés | FUKUSHIMA INFORMATIONS | Scoop.it

Une étude souligne les effets néfastes du cannabis sur le cerveau des adolescents

Fumer du cannabis régulièrement à l’adolescence peut provoquer une baisse des capacités intellectuelles à l’âge adulte, montre une étude publiée lundi 27 août par une revue scientifique américaine. La recherche effectuée sur mille Néo-Zélandais de Dunedin, prenant en compte une période de vingt-cinq ans, a permis de comparer leur quotient intellectuel (QI) à 13 ans puis à 38 ans, les uns étant des consommateurs réguliers de cannabis, y compris après 20 ans ou 30 ans, les autres pas.Le Monde.fr  28.08.2012 

Au bout de la période, un écart de huit points s’est creusé entre les fumeurs et les non-fumeurs, affirme Madeline H. Meier, psychologue à l’université Duke, en Caroline du Nord, et autrice principale de cette étude menée en collaboration avec le King’s College, à Londres, et publiée dans Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America, les Actes de l’Académie américaine des sciences.

« LE QI EST CENSÉ ÊTRE STABLE »

Or, « le QI est censé être stable » à mesure que l’on vieillit, dit-elle. Le QI des personnes n’ayant jamais fumé de cannabis a légèrement progressé, de quelques dixièmes de point. « On sait que le QI est un élément fort déterminant pour l’accès à l’université, pour le revenu gagné tout au long de la vie, pour l’accès à l’emploi, et la performance au travail », poursuit la chercheuse.« Quelqu’un qui perd huit points de QI durant son adolescence et à la vingtaine peut se retrouver désavantagé par rapport à ses pairs du même âge pour de nombreux aspects majeurs de la vie », et ce pendant de longues années, conclut-elle, soulignant que cette importante différence ne serait pas due à d’autres facteurs (éducation, alcool, autres drogues, etc.).

Les consommateurs de marijuana ont aussi montré de plus faibles capacités de mémoire, de concentration et de vivacité d’esprit, selon l’étude. Ceux qui avait ralenti leur consommation l’année d’avant leurs 38 ans, moment du second test, n’ont pas pour autant obtenu de meilleurs résultats.

PERTURBATION DU « PROCESSUS CÉRÉBRAL NORMAL »

En revanche, les fumeurs qui ont commencé seulement à l’âge adulte ne souffraient pas d’un tel écart intellectuel avec les non-fumeurs. « L’adolescence est une période très sensible du développement du cerveau », indique Mme Meier. En utilisant des substances agissant directement sur le mental, les jeunes« peuvent perturber le processus cérébral normal », explique-t-elle.

L’étude n’évalue pas, par contre, les effets d’un arrêt ou d’un ralentissement de consommation plus tôt dans la vie, et ne précise pas non plus les quantités consommées.

FUKUSHIMA UNE BOMBE SANITAIRE A RETARDEMENT

Selon les déclarations d’un médecin à la retraite de 95 ans dans le Japan times online  les résidents près de la centrale nucléaire de Fukushima n ° 1  commencent à  développer des symptômes semblables à ceux qui ont touché les survivants  des attaques nucléaires d’ Hiroshima  et de Nagasaki en 1945 , et qu’il a traités durant des décennies. 12 070 2012

Après plus d’un an que la crise nucléaire ait éclaté à Fukushima , Shuntaro Hida c’est occupé à donner des conférences et des interviews afin de faire prendre conscience aux gents des dangers d’ inhaler, de boire ou de manger des substances radioactives.

Hida Shuntaro déclare qu’il a reçu des appels téléphoniques de résidents autour de l’usine de Fukushima qui se plaingnent de fatigue inexpliquée et la diarrhée ainsi que de perte de leurs cheveux, symptômes qu’il suspectes d’ avoir été causés par des expositions internes aux rayonnements.

Il ne sait pas si ces problèmes de santé sont liés à la libération de quantités massives de matières radioactives de la centrale de Fukushima. Mais Hida se sent concerné.

«Je suis inquiet parce que j’ai reçu beaucoup d’appels et plus tôt que je m’y attendais,» dit-il.

La somme  de la recherche et des connaissances du public au sujet de l’exposition interne aux rayonnements est encore limitée  parce que les Etats-Unis ont « caché » les informations sur ce problème pendant une très longue période après avoir largué des bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki en 1945, dit il .

Natif d’Hiroshima, il servait en tant que médecin de l’armée là quand il a été exposé aux rayonnements de la bombe atomique. Depuis, il a traité plus de 6.000 survivants et a travaillé comme directeur du centre d’orientation à la Confédération japonaise des A et des organisations malades du H-Bomb.

Une fois que les radionucléides  pénètrent dans le corps humain,  ils conduisent à une exposition prolongée à de faibles doses de rayonnement, dit-il. Mais cela pourrait poser un plus grand risque pour la santé humaine, tels que les développements de cancers et endommager le système immunitaire, qu’une exposition à un niveau plus élevé de rayonnement à court terme.

Hida dit que, grâce à ses efforts pour partager ses expériences avec les jeunes générations, il est amené  à penser que de nombreuses personnes au Japon,  vont  rejeter maintenant , non seulement les armes nucléaires, mais aussi de l’énergie nucléaire comme «seule façon« d’éviter le risque d’irradiation.

« Il est crucial d’impliquer les gens qui sont encore indifférents, ainsi que ceux qui n’ont pas pris de mesures dans le mouvement pour mettre fin à la production d’énergie nucléaire », a dit Hida, qui a pris sa retraite en 2009 et vit maintenant à Saitama.

Il a passé une grande partie de sa vie à effectuer des recherches sur la fatigue inexpliquée appelé maladie de Bura Bura  dont il croit qu’elle est causée par l’exposition aux rayonnements, et il pense que certaines personnes pourraient commencer à montrer des symptômes « dans un à trois ans » après la catastrophe de Fukushima.

La maladie hante des milliers de survivants des bombes atomiques  y compris ceux qui ont échappé à  l’explosion directe,  mais qui ont  inhalé , bu ou mangé des substances radioactives, Ceux qui présentaient des symptômes se sentait trop fatigué pour travailler ou même se tenir debout, mais les médecins ne pouvaient pas établir clairement qu’ils étaient malades. Les patients ont perdu confiance dans la société comme ils ont été considérés par certains comme faisant semblant d’être malade ou ont été tout simplement être paresseux.

« Beaucoup d’entre eux se sont  suicidés, » dit Hida. Il s’inquiète du fait que quelque chose de semblable pourrait être répété à Fukushima parce que la médecine actuelle ne peut toujours pas établir un lien entre la fatigue et l’exposition aux rayonnements.

« Il s’agit d’une lutte pour changer la mentalité de chaque personne  » dit Hida , rappelant ses décennies de luttes pour rendre les gens conscients du danger de l’exposition interne aux rayonnements au milieu d’un manque de données scientifiques.

Sous l’ occupation jusqu’ au  début des années 1950, les gens ont été interdit de « parler, d’enregistrer ou de faire des recherches sur les symptômes affectant les survivants des bombes atomiques », dit-il. «J’ai été traqué par la police militaire, quand je parlais de ce que j’ai vu à Hiroshima», et plusieurs fois arrêté par les forces d’occupation pour « ne pas respecter leur politique d’occupation. »

Hida, en tant que représentant d’un groupe de professionnels de la santé a appelé la Fédération japonaise des institutions démocratiques médicaux, a exhorté le Secrétaire général U Thant en 1975 d’organiser une conférence internationale sur les effets des rayonnements sur les hibakusha, qui ont été réalisé deux ans plus tard.

«C’est la colère qui a tenu ma parole à ce jour. Comment pourrais-je garder le silence même 67 ans après les attentats à la bombe? »  déclare Hida .

ndlr :  Comme le dit Hida Shuntaro sous l’ occupation jusqu’ au ce début des années 1950, les gens ont été interdit de « parler, d’enregistrer ou de faire des recherches sur les symptômes affectant les survivants des bombes atomiques.

Ainsi dans Wikipédia peut on lire :

Effets médicaux à long terme de l’irradiation:

  • Les leucémies : À partir de 1947, une augmentation de l’incidence des leucémiesa été observée parmi les survivants irradiés. Un maximum fut atteint en 1951, ensuite cette incidence a décliné pour disparaitre en 1985. Sur 49 204 survivants irradiés suivis de 1950 à 2000, il a été observé 94 cas de leucémies mortelles attribuables aux radiations
  • ndlr : ( on a donc attendu 5 ans que les gents meurent avant de commencer l’   » étude » )
  • Les cancers « solides » : Le suivi des survivants irradiés a montré, à partir de la fin des années 1950, une augmentation progressive de l’incidence des cancers, en particulier ceux du poumon, du tube digestif et du sein. Sur 44 635 survivants irradiés suivis de 1958 à 1998, il a été observé 848 cas de cancers mortels attribuables aux radiations.
  • ndlr : (Treize longues années avant un suivi des cancers !)  cela donne un nouvel éclairage sur cette  » Etude  » publiée dans La Radioactivité.com
  • Effets médicaux autres que les cancers chez les survivants irradiés : survenue de cataractes, de stérilité (souvent réversible chez l’homme), d’une augmentation de la fréquence des maladies (non cancéreuses) pulmonaires, cardiaques ou digestives avec une possible diminution de la durée de vie. Le nombre de ces décès semble égal au nombre ou à la moitié du nombre de ceux dus aux cancers et leucémies (soit environ de 0,5 % à 1 %).
Le nombre des morts dus aux effets à long terme des bombardements nucléaires est, d’après ces chiffres, dérisoires par rapport à celui des victimes des premiers mois. En mars 2007 au Japon, près de 252 000 personnes encore vivantes sont considérées « hibakusha » (survivants de la bombe). Mais, de ce nombre, moins de 1 % (2 242 exactement) sont reconnues comme souffrant d’une maladie causée par les radiations.

ndlr : Compte tenu du début tardif des études respectivement 5 et 12 ans , aucune conclusion sérieuse ne peut être tiré , à l’exception d’une seule qui se résume au fait qu’on aurait attendu que les gents soient mort pour commencer à faire une étude qu’on ne s’y serait pas pris autrement !

Tabac: la liste des 93 produits toxiques de la fumée de cigarette

Aux Etats-Unis, les fabricants de tabac doivent rendre des compte à partir de juin sur 93 substances nocives présentes dans la fumée du tabac. Retrouvez la liste de ces composants, de l’ammoniac au formaldéhyde, en passant par le benzène et le toluène. Sciences et Avenir Par 25-05-2012.

On y trouve des substances radioactives…?!

 (VIDAL/SIPA)

(VIDAL/SIPA)

Combien de microgrammes d’ammoniac dans la fumée d’une Marlboro rouge? Ou de formaldéhyde (forme volatile du formol) dans celle d’une Camel? Aux Etats-Unis, cette information devra être clairement portée à la connaissance du grand public d’ici à 2013. C’est l’un des effets de la loi sur le tabac (The Family smoking prevention and Tobacco Control Act) votée en 2009 par l’administration Obama.

L’autorité de régulation sanitaire américaine, la FDA (Food and Drug Administration), a identifié 93 composants « dangereux ou potentiellement dangereux » pour la santé humaine dans la fumée de cigarette. Les fabricants vont devoir s’expliquer sur ces composants d’ici 2013. Les premières explications sont attendues pour le mois de juin.

Voici la liste de ces 93 produits, qui se forment par combustion et pyrolyse. Les pictos ci-contre permettent de connaître leurs effets.
Personne, pas même les industriels, ne semble capable d’expliquer à partir de quel ingrédient ou additif se forme un composé comme l’acrylonitrile, un liquide inflammable par ailleurs employé dans l’industrie chimique pour produire des caoutchoucs synthétiques.

« Retrouvez notre dossier complet sur le tabac dans le dernier numéro de Sciences et Avenir (juin 2012), en particulier notre enquête sur la nocivité des additifs. Le menthol et les sucres, entre autres, augmentent la toxicité des cigarettes. C’est ce que révèle une étude choc qui dénonce les mensonges des industriels. »

tabac les additifs

(Iconographie Sciences et Avenir)

Tous radioactifs!

La fumée de cigarette contient plusieurs isotopes radioactifs dont les deux principaux, le polonium 210 et le plomb 210, viennent en droite ligne de l’uranium 238.

.

Le graphique ci-dessus vous montre la relation entre l’uranium 238, le plomb 210 et le polonium 210.

Le polonium 210 constitue l’un des premiers radioéléments mis à jour à la toute fin du 19 ème siècle, quand Pierre et Marie Curie ont découvert la radioactivité (d’où le nom de polonium, en l’honneur de la Pologne, pays d’origine de Marie).

Marie est morte d’une leucémie, conséquence d’expositions répétées et sans protection aux radiations.

Sa fille Irène, elle aussi prix Nobel, est morte d’une « maladie des radiations », pour des raisons similaires.

De nombreux chercheurs manipulant et respirant des matières radioactives sans protection ont souffert des maladies qui touchent les fumeurs. Idem pour les premiers radiologues.

L’une des première étude sur le cancer des poumons date de 1913. En autriche, des mineurs exposés au radon et à d’autres produits radioactifs mourraient très souvent avant 45 ans de cancer des poumons.

Il existe 4 types de rayonnements « ionisants »: alpha, bêta, gamma et X. A courte très courte distance, les rayonnements alpha, les plus énergétiques, causent le plus de dégâts aux cellules.

Les rayons alpha ne constituent pas un danger tant que le produit émetteur se trouve en dehors du corps.

Malheureusement, en fumant, on introduit du plomb 210, qui donne du polonium 210 directement dans les bronches.

A cause de modifications dûes à l’irritation des bronches par la fumée de cigarette, le plomb n’est pas évacué des poumons et se transforme tranquillement en polonium 210.

D’après certains chercheurs, le polonium 210 et le plomb 210 contenu dans la fumée de cigarette constitue le principal facteur de déclenchement des cancers des poumons.

Comme le polonium circule dans le corps, il irradie de l’intérieur tous les organes, ce qui peut expliquer certains cancers dûs au tabac (reins, leucémie…). En fumant quotidiennement 30 cigarettes par jour, un fumeur expose ses poumons à une irradiation équivalente à 300 radios des poumons par an.

Pourquoi y-a-t’il des produits radioactifs dans le tabac?

  • Les feuilles de tabac sont bordées de trycomes (orthographe?), de petites glandes collantes. Sur cette colle, les poussières radioactives se concentrent dans le tabac, jusqu’à ce que vous le fumiez.
  • Les poussières radioactives proviennent des traitements appliquées au tabac par les éleveurs (les phosphates contiennent un peu d’uranium), des retombées d’essais nucléaires ainsi que de poussières naturellement présentes dans le sol et l’atmosphère.

Ces informations proviennent en partie du CDC Atlanta.

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Quand fumer devient bon pour la santé

LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | 01.06.2012 

Par D. Lp et S. Fo.

 Le colloque s’intitule « Le plaisir est-il en danger ? ». Il est organisé, en janvier 1997 à Paris, par Associates for Research into the Science of Enjoyment (Arise, Scientifiques associés pour l’étude du plaisir), une association internationale « de scientifiques et d’universitaires qui débattent de questions liées aux plaisirs légaux ». Environ 25 journalistes se déplacent pour écouter psychiatres, professeurs d’université, chercheurs et écrivains en vue discourir« du rôle du plaisir pour réduire le stress et promouvoir la santé ». L’historien Jean-Louis Flandrin, alors directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (Ehess), intervient par exemple sur le thème : « La table et le sexe en France, du Moyen Age à nos jours ».

« Une journaliste très connue a couvert la conférence pour France Inter en concluant qu' »un morceau de chocolat, un verre de vin, une bonne cigarette, ne vous gênez pas ! Au lieu d’être obsédé par la santé, tout le monde devrait être obsédé par le plaisir, qui induit une bonne santé » », précise un mémo de Philip Morris que Le Monde a exhumé des « tobacco documents ». Il ajoute : « Le Parisien a également couvert la conférence dans un long article de fond intitulé « Le plaisir, un bon médicament ». D’autres papiers suivront dans les nombreux mensuels présents à la conférence. »

Le plan secret des industriels du tabac a parfaitement fonctionné. Les journalistes sont tombés dans le panneau. Car les cigarettiers n’ont pas seulement financé des recherches qui leur étaient favorables dont les résultats ont inondé la littérature scientifique. Ils ont aussi réussi le tour de force de faire publier des centaines d’articles positifs pour l’industrie dans les médias. Au moins 846 rien que sur Arise entre 1989 et 2005, dans la presse européenne, australienne et américaine, selon une étude d’Elizabeth Smith (professeure de sciences sociales et comportementales à l’université de Californie à San Francisco) publiée en 2006 dans European Journal of Public Health.

« PETITS PLAISIRS »

Arise était la riposte des cigarettiers au rapport des autorités sanitaires fédérales américaines de mai 1988 affirmant que la nicotine peut créer une dépendance aussi forte que l’héroïne et la cocaïne. Dès que le rapport sort, Philip Morris et Rothmans demandent à David Warburton, professeur de psychopharmacologie à l’université de Reading (Royaume-Uni) et consultant de l’industrie du tabac, de rassembler un groupe international de sociologues, psychologues, éthiciens et scientifiques, dont la mission sera précisément de briser ce lien entre nicotine et drogues dures. L’idée ? Positionner la cigarette sur le même plan que d’autres « petits plaisirs » qui soulagent le stress, comme le chocolat, le café, le vin ou les bonbons.

Arise s’efforcera même de populariser l’idée – biaisée – que le plaisir éprouvé en fumant une cigarette renforce l’immunité puisque fumer soulage le stress, qui, lui, a un effet négatif sur le système immunitaire. Bref, fumer – première cause de mortalité évitable dans le monde – aurait ainsi un effet positif sur la santé : le retournement de réalité est digne d’un roman de George Orwell…

L’organisation de colloques internationaux (Venise, Rome, Amsterdam, Kyoto…), de tables rondes, de sondages d’opinion, et la publication de trois livres offriront ainsi une belle visibilité médiatique à Arise durant les années 1990. Financée par Philip Morris, British American Tobacco, RJ Reynolds, Rothmans et Gallaher, l’association se présente pourtant publiquement comme« indépendante ». En 1994, année où elle s’ouvre à l’industrie agroalimentaire, son budget annuel dépasse les 386 000 dollars (414 000 euros courants).

Les archives du tabac révèlent que le sociologue français Claude Fischler, directeur de recherches au CNRS, paraît avoir été instrumentalisé par l’industrie du tabac. En 1993, il est repéré par Hélène Bourgois, la directrice du Groupement de fournisseurs communautaires de cigarettes (GFCC, qui regroupe les majors américains, britanniques et français), qui fait circuler un de ses articles intitulé « L’addiction, un concept à utiliser avec modération ? » au sein de la Confédération des fabricants de cigarettes de la Communauté européenne (CECCM, principal lobby européen du tabac basé à Bruxelles).

« AUX FRAIS DE LA PRINCESSE »

En avril 1997, Claude Fischler est invité par Arise – « aux frais de la princesse »,se souvient-il aujourd’hui – pour intervenir à un colloque international de quatre jours à Rome sur le thème : « La valeur des plaisirs et la question de la culpabilité ». L’événement se clôture par un cocktail et un dîner de gala à la villa Monte Mario, qui offre l’un des plus beaux panoramas sur la Ville éternelle.

« Cette conférence positionne le tabac comme étant similaire à la nourriture, dont la consommation peut être parfois « risquée », mais qui est essentielle à la vie, contrairement au tabac », commente Elizabeth Smith. L’intervention du sociologue porte notamment sur les « jugements moraux binaires » qui souvent condamnent les aliments pour « le décès éventuel de celui qui les mange » :« M. Fischler perpétue l’argument de l' »inévitabilité » – « les gens qui mangent meurent » – selon lequel il n’y a aucune raison d’éviter de tels produits puisque de toute façon nous mourrons tous. Cela sans se poser la question de savoir comment – paisiblement ou dans la douleur, à la suite d’un cancer du poumon ou d’un diabète ? – ou quand – à 80 ans ou à 60 ans ? », note-t-elle.

Le sociologue se focalise aussi sur les « croyances » concernant ces produits, et sur leur image, plutôt que sur leurs véritables effets sur la santé, « ce qui tend à normaliser leur consommation, poursuit la chercheuse. Enfin, il se focalise sur les consommateurs – le mangeur de sucre solitaire, le fumeur – et leur stigmatisation supposée plutôt que sur les industries qui promeuvent ces produits. »

Selon sa déclaration d’intérêts à l’Agence européenne de sécurité des aliments (EFSA), M. Fischler est actuellement consultant pour Nestlé, Barilla et l’Institut Benjamin-Delessert (créé par le Centre d’études et de documentation du sucre, Cedus, financé par l’industrie sucrière). « Je n’ai jamais été consultant pour l’industrie du tabac et n’ai pas eu de ‘collaboration’ particulière avec Arise. J’ai juste été invité par David Warburton à parler à un colloque, par l’intermédiaire d’un collègue américain, se souvient le sociologue. J’ignorais que les cigarettiers finançaient l’événement, mais j’avais trouvé bizarre qu’un groupe de gens fume aussi ostensiblement lors des pauses. Je n’avais jamais vu ça à un colloque… »

D. Lp et S. Fo.

Akiko Ida porte les paroles des enfants de Fukushima

Au Japon, des adultes proches des enfants de par leur métier se sont engagés dans l’aide à la libération de la parole des enfants concernés par la catastrophe de Fukushima.  Akiko Ida doctorante à l’EHESS a réuni la parole des enfants dans un cahier.

Télécharger   Les paroles des enfants de Fukushima


« Quand j’ai entendu que je pouvais être irradiée, je me suis demandée si je serais paralysée (à cause d’une maladie déclenchée par la radioactivité) et perdrais mes cheveux comme Gen d’Hiroshima, ou si j’allais mourir. Puis, j’avais peur. J’ai cru que je ne voulais pas mourir alors que j’avais seulement huit ans.»  « J’ai peur de la radioactivité. J’ai peur d’être atteinte des maladies comme le cancer. » 

Ce document est présenté par Hélios  qui suit quotidiennement l’actualité du Japon. L’auteure nous autorisant à le publier, Jeudi a entrepris de l’illustrer avec des vignettes réalisées par Misato Yugi, dessinatrice japonaise.

Fukushima, un an après: «Les cancers de la thyroïde mettent au moins cinq ans à apparaître»

Les conséquences sanitaires de la catastrophe ne pourront être établies avant de nombreuses années, le temps que les maladies se déclarent… 20Minutes 8 mars2012

Quelques années d’angoisse s’annoncent pour les Japonais exposés, de près ou de loin, à la radioactivité. Après la catastrophe de Fukushima, les éléments radioactifs qui se sont propagés dans l’atmosphère ont mis en danger la population, qui a ensuite cohabité avec les dépôts qui se sont formés dans les sols. Sans compter les doses radioactives qui ont pu être absorbées via les aliments et qui n’ont pas été prises en compte par l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) qui a présenté, fin février, un bilan sanitaire de la catastrophe.

Un suivi médical pendant trente ans

Selon les données de l’IRSN, une dose efficace de 10 millisievert (mSv) aurait pu être reçue jusqu’à 40km au sud de la centrale de Fukushima pendant la période de rejets, quelques jours après le tsunami. C’est déjà dix fois plus que la dose maximale admissible en France, et les émissions régulières de petites doses de radioactivité pendant les mois qui ont suivi n’ont pas été comptabilisées. A l’intérieur de la zone évacuée de 20km autour de la centrale, la dose serait montée à 50mSv. Mais «en dessous de 100mSv, nous n’avons pas de preuve d’un lien de cause à effet avec les maladies», affirme Jean-René Jourdain, adjoint à la direction de la protection de l’homme à l’IRSN.

Depuis juin 2011, les autorités japonaises ont mis en place des études épidémiologiques pour évaluer l’état de santé des personnes qui ont été exposées aux radiations dans la région de Fukushima. A la lumière des suites de Tchernobyl, les médecins savent que certaines pathologies sont susceptibles de se déclarer: cancers, en particulier de la thyroïde, leucémies, troubles rénaux, diabètes… «Les cancers de la thyroïde mettent au moins cinq ans à apparaître», précise Jean-René Jourdain. Un suivi médical et psychologique sera assuré pendant trente ans pour les populations exposées.

Maladies génétiques et cancers sous surveillance

Les deux millions de personnes qui se trouvaient dans la préfecture de Fukushima en mars 2011 seront interrogées pour évaluer leur état de santé et les doses qu’elles ont reçues. Les 210.000 personnes évacuées seront soumises à des bilans médicaux spécifiques, biologiques et psychologiques et les enfants des quelque 20.000 femmes qui étaient enceintes au moment de la catastrophe feront l’objet d’un suivi particulier afin de détecter des anomalies génétiques et congénitales. Enfin, les 360.000 enfants vivant dans la préfecture de Fukushima passeront des échographies de la thyroïde, tous les deux ans jusqu’à leurs 20 ans, puis tous les cinq ans. «Le but est de pouvoir diagnostiquer les cancers le plus tôt possible pour les traiter», explique Jean-René Jourdain.

Pour les travailleurs de la centrale en revanche, pas besoin d’attendre si longtemps, même si l’IRSN se refuse à établir un lien de cause à effet entre l’exposition à la radioactivité et les six décès qui ont eu lieu. Sur les six personnes décédées, Tepco, l’exploitant de la centrale, affirme que deux ont péri pendant le tsunami, deux d’arrêt cardiaque (en mai 2011 et janvier 2012), une de leucémie aigüe en août 2011 et la dernière d’un choc septique en octobre 2011. «La leucémie aigüe ne peut pas être attribuée à l’accident, car elle serait arrivée plus tard, soutient Jean-René Jourdain. Seul le choc septique peut être lié à un effondrement des défenses immunitaires dû à la radioactivité.» Les associations de familles de Fukushima n’ont pas fini de se battre pour faire reconnaître leurs souffrances.

 Audrey Chauvet