OGM : les ex ministres de l’Ecologie plaident pour Séralini

Le 27 novembre, Lepage, Voynet , Jouanno, Royal et Koziusko-Morizet soutiendront publiquement l’auteur de l’étude sur la toxicité du maïs OGM.Par   Nouvel Obs 22-11-2012 

Mardi 27 Novembre, à 17h30, au Marché des Enfants-Rouge, dans le Marais à Paris, cinq anciennes ministres de l’Ecologie Corinne Lepage, Dominique Voynet , Chantal Jouanno,Ségolène Royal et Nathalie Koziusko-Morizet viendront soutenir la démarche du chercheur en biologie moléculaire Gilles-Eric Seralini et exiger une refonte de l’évaluation des plantes agricoles génétiquement modifiées.

Il y a un mois, Ségolène Royal, Dominique Voynet et Corinne Lepage sont déjà montées au créneau pour réclamer, dans unetribune parue dans le journal « 20 minutes », une révision des autorisations de mise sur le marché du maïs Monsanto K603 et du Round Up.

Cette mobilisation des anciennes ministres fait suite à la polémique née de l’étude du professeur Séralini.   

Dans ce texte, elles déclaraient se réjouir « de la volonté exprimée par le gouvernement (…) de remettre à plat les systèmes d’évaluation des OGM et des pesticides » après la polémique née de l’étude du professeur Gilles-Eric Séralini. « En attendant que soient réalisées les nouvelles études et afin de s’assurer de la protection de la santé humaine, en l’absence de mesure de suspension du NK603 et du Round Up, nous demandons que soient revues, comme le permettent les textes communautaires et nationaux, les études qui ont permis (leur) autorisation de mise sur le marché », écrivaient-elles.

Guillaume Malaurie

Ségolène Royal et Corine Lepage, le 14 septembre 2012. (MOUSSE-POOL/SIPA)

Ségolène Royal et Corine Lepage, le 14 septembre 2012. (MOUSSE-POOL/SIPA)

OGM : la guerre secrète pour décrédibiliser l’étude Séralini

Pour décrédibiliser définitivement l’étude controversée du professeur Gilles-Eric Séralini tendant à démontrer la nocivité potentielle des OGM, il y aurait un moyen simple : obtenir de la très sérieuse revue Food and Chemicals Toxicology (FCT) qui l’a publiée, qu’elle se rétracte et « retire » l’étude de la liste de ses publications.

C’est à quoi s’emploient de nombreux experts, dans une bataille qui ressemble à un mouvement orchestré. Une véritable guerre de relations publiques où tous les coups sont permis. Benjamin Sourice Journaliste pigiste Le Monde 12/11/2012 

La revue scientifique a reçu de nombreuses lettres de détracteurs. Elle en a publié une vingtaine, ainsi qu’une « réponse aux critiques »que l’équipe Séralini à également mises en ligne. Débat scientifique légitime, me diriez-vous ? Pourtant, derrière la cohorte des titres universitaires affichés, se dessine une « biotech-sphère » où s’entremêlent chercheurs en biotechnologie, spécialistes en politique de régulation et représentants de l’industrie.

Ces partisans de la biotechnologie dénoncent la « mauvaise science » (« junk science ») de ces « chercheurs-militants » systématiquement présentés comme des « activistes liés à la cause écologiste » et « animés d’intérêts personnels ».

Un réseau international

L’une des premières lettres publiées est collective. Elle est signée par 26 personnes, pour la plupart des scientifiques, dont le détracteur national de Séralini : Marc Fellous de l’Association française pour les biotechnologie végétale.

L’AFBV est également derrière le communiqué vengeur des Académies [PDF] dénonçant l’« orchestration de la réputation d’un scientifique […] pour répandre des peurs » ou insistant sur le profil « militant » de Gilles-Eric Séralini.

Nombre des co-signataires, aux côtés de Marc Fellous, sont liés au groupe pro-OGM Agricultural biotechnology world (AgBioWorld) animé par le généticien C.S Prakash, lui-même signataire de la lettre collective.

Prakash et son organisation sont également les auteurs de deux pétitions [la première recueille 57 signatures  ; la seconde 731] pour réclamer « la diffusion des données brutes » de Gille-Eric Séralini. Etonnamment, les premières signatures de chaque pétition correspondent aux mandataires de lettres envoyées à la revue FCT.

Campagnes virales et diffamation

En 2002, le quotidien britannique The Guardian révélaitqu’AgBioWorld avait joué un rôle majeur dans une « campagne virale » de diffamation contre le lanceur d’alerte Ignacio Chapelaaprès qu’il eu découvert la pollution génétique du maïs mexicain.

L’enquête indique que le site de l’association était hébergé par le cabinet de communication Bivings, mandaté par Monsanto et dirigé par un certain Jay Byrne.

Celui-ci utilisait de fausses identités (« Mary Murphy et Andura Smetacek ») pour parler au nom « de la communauté scientifique » et insister sur les liens de Chapela avec les écologistes, assimilés à des « terroristes » et des « vandales ».

La société Bivings a été dissoute en décembre 2011 suite à une cyber-attaque des Anonymous dans la cadre de l’opération « End Monsanto ». Mais Byrne a depuis repris ses quartiers à Saint Louis (Illinois, USA), où siège Monsanto, avec sa nouvelle société V-fluence.

C’est le même type de stratégie de diffamation que suit Henry Miller, signataire du courrier collectif à FCT, référent « régulation sanitaire » d’AgBioWorld et membre du think-tank néoconservateurHoover Institution.

Dans une série d’articles publiée par Forbes, il qualifie l’étude Séralini de « frauduleuse » et dénonce les « profiteurs de peur » issus d’une « industrie de la protestation financée par les intérêts du bio ».

Or, cette tribune au vitriol est cosignée… par Jay Byrne. Le magazinea dû révéler a-posteriori son CV de responsable de la communication virale pour Monsanto (1997-2001).

Le CV de Henry Miller est tout aussi intéressant puisqu’il s’agit du « père fondateur » (1989-1994) de la réglementation des OGM au sein de l’Agence fédérale américaine des produits alimentaires et médicamenteux (Food and drug administration). Il est l’architecte, avec l’ancien avocat de Monsanto Michael Taylor, du fameux« principe d’équivalence en substance », la pierre angulaire de la réglementation des OGM dans le monde entier.

Des conflits d’intérêts masqués

Autre tactique saisissante parmi les détracteurs de Séralini : dissimuler leur lien avec l’industrie en se présentant systématiquement comme des scientifiques rattachés à des universités ou des centres de recherche.

Il en va ainsi pour Anthony Trewavas et Bruce Chassy, référents « biologie » et « OGM » d’AgBioWorld. Tous deux auteurs de courrier réclamant la rétractation de Food and Chemicals Toxicilogy.

Se présentant comme professeur émérite en sécurité alimentaire à l’université de l’Illinois, Chassy est un lobbyiste ayant participé à la rédaction de travaux pour Dow Chemicals, autre géant des biotech, afin de simplifier, voir supprimer, les réglementations sanitaires sur les OGM. Il est également le directeur de publication, avec un salarié de Monsanto, de deux rapports d’orientation [2004, PDF ; 2008, PDF] sur la réglementation des OGM pour l’International life science institute (ILSI), le principal lobby sur les questions scientifiques touchant à l’agroalimentaire.

A noter que deux dirigeants du panel OGM de l’Agence européenne de sécurité alimentaire (EFSA), Harry Kuiper, qui l’a dirigé pendant près de dix ans (2003-2012) et Gijs Kleter, son actuel vice-président, ont travaillé sur ces documents stratégiques de l’ILSI sous la direction de Chassy.

Par ailleurs, si trois auteurs de lettres spécifient ouvertement leur lien contractuel avec Monsanto, le Dr. Andrew Cockburn se présente modestement comme « toxicologiste à l’université de Newcastle ». Pourtant, jusqu’en 2003, M. Cockburn était Directeur Scientifique pour Monsanto Europe/Afrique avant de monter sa société de lobbying Toxico-Logical Consulting Ltd

Et puisque ce monde est petit, le Dr. Cockburn est égalementdirecteur du Groupe d’Experts de l’ILSI sur l’évaluation des aliments contenant des nano-matériaux…

Un lobby à 13 milliards de dollars

La litanie des conflits d’intérêts et autres positionnements pro-biotech de la cinquantaine de détracteurs publics de l’étude Séralini pourrait se poursuivre sur des pages. On croise des représentants de syndicats indiens de promotion des biotechnologie, d’autres souhaitant stopper la faim dans le monde avec une ration d’OGM, ou encore des spécialistes de la communication pro-OGM (David Tribe) et autres lobbyistes travaillant entre São Paulo (Lucia de Souza), Washington et Bruxelles, le triangle d’or des OGM…

Un monde clos qui réagit de façon épidermique à l’étude Séralini, celle-ci menaçant la stratégie commerciale bien huilée d’une industrie des semences OGM engrangeant 13 milliards de dollars en 2011. Face au poids de ce lobby, déterminé à enterrer toute voix discordante, la revue Food and Chemicals Toxicology pourra-t-elle résister ?

OGM : le Haut conseil des biotechnologies réfute les conclusions de Séralini

L’étude de Gilles-Eric Séralini est de nouveau remise en question. Lundi 22 octobre, le Haut conseil des biotechnologies (HCB) a réfuté les conclusions du biologiste de l’université de Caen sur la toxicité d’un maïs génétiquement modifié, mais il a recommandé une étude « indépendante » de long terme sur ce maïs. Le Monde.fr avec AFP  22.10.2012 

Bof, on s’attendait à cette position du lobby agrochimique. Comme en matière nucléaire ces gens veulent faire  la loi. 

Maïs génétiquement modifié au Mexique.

Le HCB, mandaté par le gouvernement pour examiner, pendant un mois, l’étude controversée, estime qu’il n’y a « pas de causalité entre les événements observés et la consommation de maïs NK603, traité ou non avec l’herbicide Roundup ». Selon cette étude, la consommation du maïs transgénique NK603 et d’un herbicide contenant du glyphosate (Roundup) de Monsanto par des rats était associée à un risque accru de tumeurs.

« Le dispositif expérimental mis en œuvre est inadapté aux objectifs de l’étude », juge également le HCB. Et de relever « un nombre de rats par groupe insuffisant (…) pour pouvoir conclure à des effets statistiquement significatifs ». L’organisme relève en outre une « présentation des résultats parcellaire et imprécise ».

Lire :  Le protocole d’étude de M. Séralini présente des lacunes rédhibitoires et OGM : les vrais et faux arguments du Pr Séralini

« Les conclusions d’effets délétères de la consommation de maïs NK603 ne sont pas soutenues par l’analyse des résultats présentés dans l’article », publié dans la revue scientifique Food and Chemical Toxicology le 19 septembre, conclut le HCB. L’organisme estime donc que « cet article ne remet pas en question les conclusions des évaluations précédentes sur cet OGM ».

MENER UNE ÉTUDE « INDÉPENDANTE »

 

Le biologiste Gilles-Eric Séralini (au centre), dans son laboratoire, à Caen, en septembre 2012.

 

Le HCB recommande toutefois qu’une « étude de long terme, indépendante et contradictoire soit entreprise sous l’égide des pouvoirs publics quant à la sécurité sanitaire du maïs NK603 ». Tout en jugeant que l’article du Pr Séralini« n’est pas conclusif », le Haut conseil veut néanmoins « répondre aux interrogations de la société » sur l’innocuité de ce maïs OGM.

Gilles-Eric Séralini avait estimé, la semaine dernière, avoir été « extrêmement mal reçu » au HCB. « Je ne comprends pas cette agressivité de la part d’agences, si ce n’est que mon travail démontre leur laxisme », a-t-il déclaré. Le Pr Séralini a reconnu que son étude avait « des limites statistiques, comme toutes les études faites avec dix rats » par groupe étudié. « Mais l’EFSA [l’agence européenne] a autorisé des maïs transgéniques sur la foi d’études avec 5 ou 6 rats, des travaux produits par l’industriel lui-même qui ne communique pas les données brutes de l’étude », déplore le biologiste.

Lire : OGM : Séralini appelle à mettre fin à quinze ans de ‘débat stérile’

FEU DE CRITIQUES

Depuis la publication de son étude, le travail du chercheur a été sous le feu des nombreuses critiques de la communauté scientifique. Vendredi, fait rare, six académies nationales (agriculture, médecine, pharmacie, sciences, technologies et vétérinaire) ont publié un texte commun dans lequel elles se montrent très sévères avec l’étude en question : « un non-événement scientifique » dont « les nombreuses insuffisances » ne permettent « aucune conclusion fiable ». Plusieurs aspects de son étude sont visés : la taille des échantillons, le type de rats utilisés pour l’expérience (connu pour développer des tumeurs), le manque de précisions sur la composition des menus administrés aux rats, la faiblesse des modèles statistiques.

Lire : OGM : six académies pointent les insuffisances » de l’étude Séralini »

L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) avait également estimé que l’étude de M. Séralini était « inadéquate » et « insuffisante » pour remettre en question l’innocuité de ce maïs. L’agence sanitaire allemande est allée dans le même sens.

Lire : L’étude sur les OGM de M. Séralini rejetée par les experts européens

L’agence sanitaire française (Anses) doit rendre son avis cet après-midi. Le ministre de l’agriculture Stéphane Le Foll attend pour prendre position sur le dossier, mais il a indiqué que, « quoi qu’il arrive », il souhaite « poser la question globale des protocoles d’autorisation sur les OGM ». La France, comme d’autres pays (Autriche, Hongrie, Grèce, Luxembourg, Roumanie, Bulgarie), a déjà pris ses distances avec certaines décisions européennes sur les OGM, comme sur le maïs MON810 de Monsanto, dont elle interdit la culture.

EXCLUSIF OGM : Séralini répond à ses détracteurs

A en croire ses contradicteurs, dont beaucoup sont liés à l’industrie agro-alimentaire, M. Séralini aurait réalisé une étude sans aucune valeur. Il était temps de lui redonner la parole. C’est ce que Reporterre a fait, calmement, pour comprendre les arguments scientifiques et revenir à un débat réfléchi. Reporterre – 4 octobre 2012
 

 


Le professeur Gilles-Eric Séralini et son équipe scientifique ont publié le 19 septembre dans la revue Food and Chemical Toxicogology une étude concluant à la dangerosité d’un régime alimentaire comprenant un maïs transgénique résistant au pesticide Roundup.

Accompagnée d’une vaste opération de communication (film et livre grand-public lancés au même moment), cette publication a suscité un fort émoi public. Très rapidement se sont déclenchés des contrefeux vigoureux : lescritiques se sont multipliées, contestant la valeur scientifique de l’étude. Si certaines émanent de chercheurs honnêtes, avec qui Reporterre est en relation, beaucoup sont mises en scène par le lobby agro-industriel, tandis que des censeurs parmi les plus virulents sont nettement liés à l’industrie chimique.

Dans cette polémique, l’enjeu de la véracité des faits étudiés tend à se perdre. C’est pourquoi il a paru nécessaire à Reporterre de redonner la parole à Gilles-Eric Séralini, calmement, pour connaître ses réponses aux arguments, légitimes mais pas définitifs, que lui opposent ses contradicteurs.

Voici ses réponses :

M. Séralini explique d’abord les grandes lignes de l’étude qu’il a dirigée.

Première question : le contrôle de micotoxines dans la nourriture des animaux étudiés n’est pas détaillé dans l’article publié. A-t-il été bien mené ?

M. Séralini répond que l’expérience a suivi toutes les règles relatives aux« bonnes pratiques de laboratoire » suivies par les établissements d’expérimentation. La composition de la nourriture et la présence des mycotoxines et autres éléments étaient précisément contrôlées. Mais il n’était pas possible d’indiquer tous ces détails dans l’article princeps, c’est-à-dire principal.

Celui-ci devrait être suivi, si l’on comprend bien, d’autres articles détaillant les conditions de l’expérience.

Deuxième question : les groupes témoins de rats mâles et femelles étaient trop restreints dans l’étude, ne comportant que dix animaux. Cela n’enlève-t-il pas la valeur des résultats trouvés ?

M. Séralini répond qu’on peut toujours faire mieux. L’idéal aurait été d’avoir soixante-cinq rats par groupe. Mais c’est impossible [en raison du coût que cela représente, comprenons-nous]. Toutes les études se font habituellement avec des groupes de dix rats. M. Séralini souligne qu’il n’a pas mené une étude de cancérogenèse [c’est-à-dire visant à vérifier si le produit étudié provoque des tumeurs cancéreuses], mais une étude de toxicologie [étudiant des effets toxiques, qu’elle qu’en soit la nature], qui est « la première étape » avant une étude de cancérogenèse. Les normes OCDE pour ces études demandent qu’il y ait dix rats par groupe.

Troisième question : sur dix individus par groupe, la valeur statistique des résultats observés sur les groupes est très faible.

M. Séralini répond que l’on peut dire cela de toutes les études. Il affirme que 98 % des études toxicologiques de recherche portent sur trois à quatre rats par groupe. Et que les études réglementaires sur les OGM, qui ne durent que trois mois [alors que son étude a suivi les animaux pendant deux ans], comprennent dix rats par groupe. C’est d’ailleurs, dit-il, un reproche qu’ont émis les agences réglementaires à l’égard d’un test présenté par la société Monsanto ; mais elles n’ont pas exigé le retrait du maïs transgénique concerné.

Quatrième question : la souche de rats utilisée, Sprague-Dawley, présente des spontanément des tumeurs cancéreuses.

M. Séralini répond que cette souche de rats est utilisée dans presque tous les tests, et c’est en particulier la souche qui a servi pour homologuer tous les OGM. L’étude de M. Séralini a duré plus longtemps, et il est exact que des tumeurs se développent en fin d’expérience. Mais ce qui compte, « c’est le différentiel par rapport au [groupe] contrôle ». Et il faut aussi une souche« suffisamment sensible aux tumeurs pour représenter quelque chose de proche de l’humain ». Ici, l’étude a montré les perturbations hormonales [induites par l’alimentation comprenant un OGM et le pesticide Roundup].

Par ailleurs, il y a de nombreuses observations sur chaque rat, donc de nombreuses valeurs qui, par des méthodes statistiques complexes, ont permis de mettre en évidence diverses corrélations. Les observations ont été de plusieurs types : anatomo-pathologiques, biochimiques, micro-biologiques, et comportementales.

Cinquième question : d’autres études ont été menées avec des animaux nourris aux OGM sur de longues durées. L’étude dirigée par le professeur Séralini ne serait donc pas exceptionnelle. L’intervieweur produit trois études.

M. Séralini répond que ces trois études ne sont pas toxicologiques. Il précise que l’étude qu’il a dirigé est la plus longue, « vie entière », sur cet OGM, le maïs NK 603. Il souligne qu’il n’existe pas, par ailleurs, d’étude à longue durée sur l’exposition au pesticide Roundup, qui est le plus répandu dans le monde. Des études existent sur son composant principal, le glyphosate, mais pas sur le Roundup en tant que tel.

Sixième question : si les OGM ont des effets aussi néfastes que semble l’indiquer l’étude de M. Séralini, pourquoi ne les observe-t-on sur les animaux et les populations qui consomment des OGM, notamment aux Etats-Unis, depuis plus de dix ans ?

M. Séralini répond qu’il n’y a pas de traçabilité dans ce pays sur les OGM, et que l’on ne peut donc pas y mener une étude épidémiologique sur les aliments transgéniques. Il se trouve qu’on observe énormément de pathologies hépato-rénales. On ne peut pas les attribuer aux OGM et au Roundup, mais les produits mal évalués pour la santé peuvent en être responsables.

Septième question : que se passe-t-il en Argentine et au Brésil qui cultivent à grande échelle les produits transgéniques.

M. Séralini répond qu’il est dommage que seule une petite équipe comme celle qu’il dirige à Caen étudie les effets du pesticide Roundup. Il y a un vrai doute sur la manière dont on évalue les maladies chroniques. Le système hormonal semble perturbé par ces produits. Il est anormal qu’il n’y ait pas d’études à long terme sur ce type de produits.

Propos recueillis par Eduardo Febbro et Hervé Kempf


 

Source : Reporterre

Photo : nouvelobs.com

Cette interview a été reprise sur Rue 89 en amicale association

 

OGM : Séralini « Nous n’attendons rien de l’Efsa »

Le chercheur Gilles-Eric Séralini répond à l’autorité européenne de sécurité alimentaire, qui juge son étude « insuffisante » et réclame des précisions. Par  04-10-2012 

Gilles-Eric Séralini dénonce les conditions d'opacité dans lesquelles ont été réalisées les évaluations de l'Efsa. (JACQUES DEMARTHON / AFP)

Gilles-Eric Séralini dénonce les conditions d’opacité dans lesquelles ont été réalisées les évaluations de l’Efsa. (JACQUES DEMARTHON / AF

Le chercheur français Gilles-Eric Séralini a répondu jeudi 4 octobre à l’Efsa (Autorité européenne de sécurité des aliments) qui a jugé son étude insuffisante. 

Le professeur de l’université de Caen, qui a dirigé une étude choc sur un maïs OGM de Monsanto, a indiqué au « Nouvel Observateur » : « Nous n’attendons rien de l’Efsa, lourdement mise en cause pour conflits d’intérêts sur les OGM, comme je l’écris dans mon livre. De plus, l’agence est juge et partie en ayant autorisé les produits que nous avons évalués à long terme et dont nous avons publié les résultats dans l’une des meilleures revues mondiales de toxicologie ». 

Gilles-Eric Séralini dénonce les conditions d’opacité dans lesquelles ont été réalisées les évaluations de l’Efsa : « L’Efsa, pour autoriser ces mêmes produits, a travaillé de manière laxiste à très court terme, avec les données problématiques et très très ‘insuffisantes’ de Monsanto, qu’elle garde anormalement secrètes. Nous demandons immédiatement un accès public sur internet à ces données ». Pour l’heure, il maintient qu’il ne donnera aucune donnée supplémentaire à l’Efsa. 

Une étude « insuffisante »

L’EFSA a jugé « insuffisante » l’étude du chercheur français sur la toxicité du maïs NK 603 du groupe Monsanto et lui a demandé de fournir davantage d’informations sous peine de la rejeter. « Sans ces éléments, il est peu probable que l’étude se révèle fiable, valide et de bonne qualité », indique l’EFSA dans un communiqué. L’examen préliminaire publié jeudi « constitue la première étape d’un processus qui se déroulera en deux phases. Une seconde analyse, plus complète, sera publiée d’ici la fin octobre », précise l’EFSA. (> Lire notre dossier ici

L’avis préliminaire est la conclusion d’une analyse de l’article publié par le chercheur français dans la revue Food and Chemical Toxicology. Les résultats de cette étude choc sur l’alimentation d’un groupes de rats avec le NK 603, publiés par « Le Nouvel Observateur », établissaient la toxicité du maïs OGM. 

Avec agences

SUR LE MÊME SUJET

L’auteur d’une étude choc sur un OGM se dit attaqué par des lobbies

Le professeur Gilles-Eric Séralini, qui a dirigé une étude choc sur la toxicité d’un OGM, en cours d’examen par les autorités sanitaires, s’est dit lundi attaqué de manière extrêmement malhonnête par des lobbies en réponse aux critiques sur son étude dévoilée mercredi. AFP 24 09 12. Voir en bas  » Vive les controverses » par Guillaume Malaurie (Nouvel Obs)

Je suis attaqué de manière extrêmement malhonnête par des lobbies qui se font passer pour la communauté

scientifique. C’est le même lobby qui a permis l’autorisation de ces produits et qui est activé par les entreprises de biotechnologies, a estimé l’universitaire de Caen interrogé par l’AFP.

C’est une entreprise de salissement de l’individu pour essayer de discréditer son travail parce que la conséquence, ce
serait qu’on les (les entreprises de biotechnologies, ndlr) oblige à faire des études à long terme, a ajouté M. Séralini, répétant qu’il venait de publier l’étude la plus longue et détaillée jamais faite sur un OGM.

Cette étude du maïs NK 603 et du Round Up, produits par Monsanto et importés en Europe, menée sur 200 rats pendant deux ans, a été publiée dans la revue Food and Chemical Toxicology, qui a aussi publié par le passé des travaux favorables aux OGM.

Il est en particulier reproché à cette étude de porter sur un trop petit nombre de rats: des groupes de 10 rats soumis à des traitements
différents, et sur une race de rats qui a tendance plus que d’autres à développer des tumeurs.

Toutes les études du monde sont faites là-dessus (des échantillons de 10, ndlr). Le NK 603 a été autorisé sur cette base. Si on ne peut pas tirer de conclusions il faut aussi tout de suite interdire tous les OGM, répond le professeur qui ajoute que la pomme de terre OGM de BASF a été autorisée avec des tests sur cinq rats.

Tout ceux qui ont aboyé (contre l’étude) sont à l’origine de l’autorisation de ces produits, et ils l’ont fait sur la base de tests sur la même souche rat, avec des échantillons de 10 rats pendant seulement trois mois et avec pas avec autant de tests, ajoute M.
Séralini, c’est ridicule.

Le professeur se dit conscient que son étude a ses limites et je l’ai dit dans mon livre (à paraître mercredi). On pourrait faire (des groupes de) 50 rats mais c’est aux pouvoirs publics de financer, ça ne peut plus être un laboratoire indépendant qui finance 20 millions d’euros, a-t-il ajouté.

Dans son étude les groupes de rats traités meurent plus tôt sauf un, qui présente des problèmes rénaux graves, insiste le chercheur qui a observé chez les rats traités une explosion des tumeurs ou des affections des reins et du foie au 11e et 12e mois, qui correspond à l’âge de 35/40 ans chez l’homme.

Et on ne se base pas que sur ces courbes de mortalité ou de tumeurs. C’est corroboré statistiquement par la biochimie et par l’observation d’organes et de tumeurs sur 200 rats. On sait de quoi les rats sont morts, ajoute M. Séralini qui réaffirme que son étude conclut clairement que la toxicité de cet OGM est prouvée.

L’étude a coûté plus de 3 millions d’euros, financés notamment par les fondations Ceres et la Fondation Charles Leopold Meyer pour le progrès pour l’homme. Auchan et Carrefour l’ont également aidée.

Les fonds ont été gérés par le Comité de recherche et d’information indépendantes sur le génie génétique (Criigen), indépendant des compagnies de biotechnologies et dont M. Séralini préside le conseil scientifique.

Afp

 

Point de départ de cette affaire:

OGM : gros dégâts chez les rats

Une étude inédite par sa durée et inquiétante par ses résultats prouve la dangerosité d’un maïs transgénique de la firme Monsanto.

 

Puis suit:

OGM : l’auteur de l’étude refuse une contre-expertise de l’agence européenne des aliments

Selon le professeur Séralini, l’EFSA se mettrait en conflit d’intérêt, puisque c’est elle-même qui a autorisé la mise en vente du maïs transgénique incriminé.

 Voir aussi

 http://planete.blogs.nouvelobs.com/archive/2012/09/24/ogm-vive-les-controverses.html

« S’agissant de la santé publique, ça valait bien sept pages dans un hebdomadaire national. Et nous invitons nos lecteurs à suivre la controverse qui va se poursuivre sur le site du « Nouvel Obs ». 

Guillaume Malaurie

OGM: TOUS COBAYES ?

Le Film La bande annonce http://www.touscobayes-lefilm.com

De 2009 à 2011, et dans le secret le plus absolu, le Professeur Gilles-Éric Séralini a mené au sein du *CRIIGEN, une expérience aux conséquences insoupçonnables.
Il s’agit de la plus complète et de la plus longue étude de consommation d’un *OGM agricole avec le pesticide Roundup faite sur des rats de laboratoire. Les conclusions sont édifiantes…
Après le terrible accident de Tchernobyl en avril 1986, l’invisible radioactivité a resurgit avec l’explosion de la centrale de Fukushima en mars 2011, causant des dégâts matériels, humaines et écologiques innommables.
OGM, Nucléaire : L’Homme s’est approprié ces technologies sans faire de tests sanitaires ni environnementaux approfondis alors que la contamination irréversible du vivant est réelle.
Serions-nous tous des cobayes ?
*Comité de Recherche et d’Information Indépendantes sur le génie Génétique.
*Le Maïs NK 603 de Monsanto, cultivé sur 80% du sol américain, importé en Europe avec le pesticide Roundup