Tchernobyl:le Pr Pellerin innocenté, la confiance des français définitivement laminée.

Le Professeur Pierre Pellerin, ancien directeur du Service central de protection contre les rayonnements ionisants (SCPRI) à l’époque de la catastrophe de Tchernobyl, a été reconnu innocent des accusations de « tromperie et tromperie aggravée » cet après-midi par la Cour de cassation de Paris.

Celle-ci n’a pas retenu ces charges, expliquant notamment qu’il était « en l’état des connaissances scientifiques actuelles, impossible d’établir un lien de causalité certain entre les pathologies constatées et les retombées du panache radioactif de Tchernobyl ». Communiqué CRIIRAD 20 nov 2012

 

Pour Michèle RIVASI, députée européenne fondatrice de la Criirad et en première ligne pour dénoncer les agissements de Pellerin en 1986, cette décision est une fois de plus inacceptable: « Il faut se rendre compte que Pellerin avait le monopole de l’info concernant la radioactivité, l’attaquer c’était attaquer le lobby nucléaire. Depuis le début des accusations que j’avais lancées contre Pellerin, l’Etat nucléaire tout entier s’est levé pour le protéger. Des scientifiques avaient même lancé des pétitions pour le défendre à l’époque pour préserver les intérêts du nucléaire en France. Pellerin ne pouvait pas ne pas savoir qu’il mettait en danger la population française. Cette décision politique de la Cour de cassation démontre encore une fois que le nucléaire, c’est l’omerta, le mensonge ».

« Nos institutions ne répondent plus aux attentes citoyennes. Il y a une telle méfiance que l’Assemblée de Corse a commandé une étude épidémiologique indépendante, pour enfin connaître les véritables conséquences sanitaires de l’ingestion d’aliments contaminés par la radioactivité. En mai 1986, le lait de brebis consommé en Corse dépassait de plus de 10 fois les normes de radioactivité fixées par l’UE ».

Et Michèle RIVASI de conclure: « Encore une fois, je le répète, on ne peut accepter que les victimes françaises de Tchernobyl ne soient pas reconnues. Il en va de la confiance des citoyens dans nos institutions, chaque jour plus décriées. Tous ces malades de la thyroïde doivent obtenir justice, si ce n’est réparation, et ils doivent tenter de saisir la Cour Européenne des Droits de l’Homme puisque tous les recours nationaux ont été épuisés. J’enjoins vivement l’association française des maladies de la thyroïde et la Criirad à se lancer dans cet ultime recours, et je les aiderai autant que je pourrai ».

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Tchernobyl: où viviez nous au printemps 1986?

Malades de la thyroïde:  il y en a davantage à l’ Est qu’à l’ Ouest !  Quelques temps avant les vacances un nouveau groupe Facebook des malades de la thyroïde à été créé . Puis aux membres arrivés de façon totalement aléatoire,  ils leur à été demandé de se géolocaliser là où ils étaient en 1986 . 18 octobre 2012 | in ACTUALITÉS FUKUSHIMA-INFORMATIONS | by

Carte des malades de la tyroïde

Carte de contamination

En comparant ces deux cartes, la première celles des membres du groupe avec seulement une soixantaine de membres, la deuxième celle de la contamination suite à la catastrophe de Tchernobyl on peut constater que le  » hasard  » fait qu’il y a beaucoup plus de chance d’avoir un problème de thyroide a l’ Est qu’à l’ ouest, et ce n’est sans doute pas le fruit du seul harsard , et cela correspond comme par hasard à la carte de contamination…

Jean-Charles Chatard a présenté un documentaire « Corse, le mensonge radioactif ». Tourné grâce à l’aide de « France 3 » Corse (seul média à l’avoir diffusé), il fait l’autopsie du mensonge organisé par l’État après l’explosion de la centrale de Tchernobyl. Journaliste, J.-C. Chatard, qui a déjà réalisé deux films sur ce sujet, enquête depuis 10 ans, consultant des milliers de documents et se déplaçant sur le terrain. « Tous les gouvernements européens ont pris des mesures de précaution après l’accident : interdiction de consommer des produits frais, de laisser sortir les enfants, distribution de pastilles d’iode… En France, les ministres en place se sont bornés à déclarer qu’il n’y avait aucun risque pour ne pas nuire à l’industrie du nucléaire et de l’agriculture ». Documents officiels à l’appui, le film démontre également le trucage de l’enquête épidémiologique du ministère de la Santé.

La CRIIRAD (commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité) a réalisé des mesures qui indiquent que certaines régions en France ont été autant contaminées que des zones situées non loin de Tchernobyl.

compilé pour le groupe Fukushima informations
https://www.facebook.com/groups/Fukushima.informations/

Voir aussi:

11 aout 2012: La Corse lance une enquête sur les conséquences sanitaires de Tchernobyl

Une grande enquête a été lancée en Corse auprès de la population pour recenser les victimes dans l’île de la catastrophe nucléaire de la centrale ukrainienne de Tchernobyl, en 1986, a annoncé mercredi la collectivité territoriale de Corse (CTC). Le … Lire la suite →

Enquête Tchernobyl: appel à la population, Publié le samedi 13 octobre 2012 

La CTC informe que l’ouverture du centre d’appel téléphonique a été prolongée, à la suite d’une importante demande de personnes désireuses d’entrer en contact avec l’équipe chargée de l’enquête épidémiologique sur les retombées du nuage radioactif de Tchernobyl dans l’île.

L’hôpital Galliera de Gênes, missionné par la CTC, a en effet besoin de la participation de tous. Le but étant d’établir un lien éventuel entre l’augmentation du nombre de personnes atteintes de certaines maladies et les retombées radioactives sur la Corse. Si vous êtes dans l’une de ces situations, votre contribution sera particulièrement importante : 
– Maladies du sang : hémopathies malignes, leucémies ou lymphomes : si vous ou l’un de vos proches avez résidé en Corse à partir de 1975, si vous ou l’un de vos proches avez  été atteints d’une de ces maladies, si cette maladie s’est déclarée entre 1980 et 2010.
Pathologies de la thyroïde :  si vous avez résidé en Corse à partir de 1975, si vous avez été atteint par une maladie de la thyroïde, si celle-ci s’est déclarée entre 1980 et 2010.  

Contacter directement l’équipe de médecins du professeur Paolo Cremonesi aux numéros suivants : 06.85.39.63.39 ou 07.88.13.30.62.  du lundi au vendredi de 9 h à 18 h. 
Par mail : tchernobyl.corsica@gmail.com

Dans 20 ans, la fin du Japon ?

Quand l’  accident nucléaire entraîne  la misère des  peuples et la ruine ruine des pays

20 ans après l’accident de Tchernobyl, Michael Gorbatchev a livré un témoignage majeur sur les conséquences à long terme d’une catastrophe nucléaire « C’est Tchernobyl qui a réellement causé l’écroulement de l’URSS, pas la perestroïka. » Éditorial de Gen 4, publié le 23 août 2012

  • Un abysse financier dépassant largement toutes les prévisions
  • Un bilan sanitaire et humain impossible à définir
  • Retour au Japon et sur l’accident de Fukushi

http://gen4.fr/2012/08/editorial-20-annees-fin-japon.html

ENQUETE. Fukushima : et si le pire était à venir ?

Personne ou presque ne le dit : au cœur de la centrale japonaise dort une « bombe » dont les effets, en cas de nouveau séisme, seraient dévastateurs. De notre envoyé spécial au Japon. Par  Le Nouvel Obs 

A cause de la piscine du réacteur 4 (sur le toit), un nouvel accident peut se produire n'importe quand. (SIPA)

A cause de la piscine du réacteur 4 (sur le toit), un nouvel accident peut se produire n’importe quand. (SIPA)

C’est une petite piscine – et un désastre planétaire en puissance. Un cube en béton de onze mètres de profondeur, rempli d’eau et bourré de combustibles nucléaires usagés : 264 tonnes de barres très radioactives ! Depuis un an et demi, ce bassin dit de « désactivation » repose à trente mètres du sol sur le bâtiment ébranlé du réacteur numéro 4 de la centrale de Fukushima-Daiichi. Il n’est plus protégé ni par un toit solide ni par des murs, mais par une simple bâche de plastique blanche.

Ce scénario d’apocalypse obsède la plupart des chercheurs 

Les risques d’une telle situation sont incommensurables. Si, à la suite d’un typhon (dont la saison commence fin août) ou d’un nouveau tremblement de terre, la piscine venait à se vider ou à s’écrouler, la catastrophe qui en résulterait serait probablement sans précédent dans l’histoire de l’humanité. La mise à l’air libre de ces 264 tonnes de combustibles nucléaires pourrait dégager dans l’atmosphère dix fois plus de radioactivité que l’accident de Tchernobyl, si ce n’est davantage. Ce serait, disent certains, la fin du Japon moderne et, en tout cas, une calamité pour l’ensemble de l’hémisphère Nord qui deviendrait gravement et durablement contaminé.

ENQUETE. Fukushima
La piscine du réacteur 4. (Noriaki Sazaki-AP-AFP)

Sensationnalisme ? Délire catastrophiste de militants antinucléaires ? Malheureusement, non. Ce scénario d’apocalypse obsède la plupart des chercheurs sérieux qui ont étudié le dossier. Jusqu’en septembre dernier, le professeur Koichi Kitazawa présidait la prestigieuse Agence japonaise pour les Sciences et la Technologie (JST), qui n’est pas, loin s’en faut, une antichambre de Greenpeace. Cette année, il a dirigé une grande commission d’enquête sur l’accident nucléaire de mars 2011. « Après avoir écouté des centaines de témoins, ma conviction est faite, raconte cet universitaire respecté. A la centrale de Fukushima, le pire est peut-être à venir. A cause de la piscine du réacteur 4, un nouvel accident peut se produire n’importe quand, qui menacerait la survie même de mon pays. » Et le scientifique ajoute :

Je prie pour que, dans les semaines à venir, une violente tornade saisonnière ne s’abatte pas sur la centrale. »

Haut responsable du département de l’Energie sous Bill Clinton, Robert Alvarez a été l’un des premiers à tirer la sonnette d’alarme. Il confirme : « Si un tremblement de terre ou tout autre événement venait à affecter cette piscine, il pourrait en résulter un incendie radiologique catastrophique, avec près de dix fois la quantité de césium 137 qui s’est propagée à la suite de l’accident de Tchernobyl. » Notons que les explosions à la centrale de Fukushima n’ont libéré qu’un sixième de ce césium émis à Tchernobyl. Autrement dit, la chute de cette piscine, qui selon l’expression du physicien français Jean-Louis Basdevant, semble être maintenue en hauteur par les seules « forces de l’esprit », pourrait être soixante fois plus grave que la catastrophe de mars 2011. Cette dernière ayant provoqué l’évacuation permanente de 160 000 personnes dans un rayon de vingt kilomètres autour du site atomique, on peine à imaginer ce que « soixante fois plus grave » veut dire.

Une radioactivité équivalente à 5 000 fois la bombe nucléaire de Hiroshima!

Un professeur à l’Institut de Recherche nucléaire universitaire de Kyoto, Hiraoki Koide, propose, lui, une comparaison plus effrayante encore, surtout pour les Japonais. « Si le bassin du réacteur numéro 4 devait s’effondrer, assure-t-il, les émissions de matière radioactive seraient énormes : une estimation prudente donne une radioactivité équivalente à 5 000 fois la bombe nucléaire de Hiroshima. » A notre connaissance, personne ne l’a contredit. […]

Retrouvez l’intégralité de l’enquête de Vincent Jauvert, où experts et politiques brisent le silence, publiée dans « le Nouvel Observateur » du 23 août 2012.

Corse: l’enquête épidémiologique sur Tchernobyl démarre fort

Dans quinze jours, le 4 septembre exactement l’équipe italienne viendra faire un premier bilan, à Bastia, dans les locaux de l’office hydraulique où se réunira la commission Tchernobyl, sous la présidence de la conseillère territoriale PCF, Josette Risterucci. Corse Matin,  mercredi 22 août 2012 

L'enquête épidémiologique sur le nuage de Tch - 18116494.jpg
Le cesium 137 est l’un des isotopes produit par la fission de l’uranium. 600 Bq est la norme actuellement en Europe, on voit sur cette carte que la moitié de la France était bien au-dessus en 1986.

Les lignes de votre correspondant sont actuellement saturées merci de rappeler ultérieurement ou de nous joindre par mail…» Ainsi répondent ces jours-ci les deux numéros de téléphone en lien avec l’hôpital Galliera de Gênes, qui a commencé il y a trois semaines son enquête épidémiologique sur le passage du nuage radioactif de Tchernobyl en Corse.

Dans quinze jours, le 4 septembre exactement l’équipe italienne viendra faire un premier bilan, à Bastia, dans les locaux de l’office hydraulique où se réunira la commission Tchernobyl, sous la présidence de la conseillère territoriale PCF, Josette Risterucci. «Dans le cahier des charges pour trouver un établissement capable de faire ce travail, souligne cette dernière, il était bien précisé que nous voulions travailler rapidement. Le résultat final de l’enquête est ainsi attendu en juillet 2013 ! C’est d’ailleurs ce qui a freiné nombre de soumissionnaires potentiels qui estimaient que douze mois, c’était bien trop court pour un tel travail. Certes, mais la population de la Corse reste réduite, nous ne sommes pas un million ! Et puis cette enquête ne démarre pas de zéro puisqu’il y a aussi les dossiers du docteur Vellutini qui était en Corse au moment des faits et a conservé puis passé ses archives. » Concrètement, les personnes qui ont contracté une maladie du sang ou une pathologie thyroïdienne lors du passage du nuage doivent téléphoner aux deux numéros ci-dessous.

L’équipe de l’hôpital Galliera, emmenée par le professeur Paolo Cremonesi se fait fort de livrer un questionnaire médical, toujours par téléphone, puis de rencontrer les personnes lors de sa visite en Corse cet automne. Car tout se fera physiquement, dans les règles d’une enquête scientifique rigoureuse et donc incontestable. Ce n’est donc, cet été 2012, que la première partie de l’enquête.

La question est de mesurer l’impact

« Après, la phase scientifique commencera, poursuit Josette Risterucci. C’est-à-dire que le nombre de cas avérés de ces maladies sera mis en rapport avec la population insulaire. Et l’équipe dira si oui ou non, le nuage a eu un impact… Ce sera de leur responsabilité de dire si, sur les 25 années de pathologies étudiées, Tchernobyl a eu une incidence en Corse. C’est le but de leurs recherches ! Ensuite, ce n’est pas la CTC qui estera en Justice. Mais nous sentons, qu’au niveau européen, les lignes bougent puisque récemment il y a eu une reconnaissance des effets du nucléaire sur l’atoll de Mururoa. Ce n’est pas rien de dire que le lobby nucléaire est puissant en France… » C’est pour cela que le prestataire choisi n’a aucun lien avec les services d’Etat en France, une sorte de garantie d’indépendance. L’annonce de l’appel à témoins de la collectivité territoriale de Corse pour retrouver les « malades de Tchernobyl » n’est pas passé inaperçu en ce mois d’août : Le Monde, Le Figaro, le journal gratuit 20 minutes, RTL, entre autres, ont relayé cette information loin d’être anodine. Car si l’on se réfère à la carte, « la France après Tchernobyl », de l’institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), le taux de Cesium 137 (produit de fission de l’uranium) était anormalement élevé dans une frange de l’Hexagone qui courait de l’Alsace à la Corse en passant par Rhône-Alpes, les Alpes-Maritimes, la Haute-Savoie… Pourtant aucune de ces régions n’a commandé une telle enquête.

La Corse fait figure d’ovni, voire de Don Quichotte dans ce duel. Et les médias nationaux, qui seront conviés à une conférence de presse dans la capitale en septembre, n’ont d’ailleurs pas oublié de mentionner la décision de la chambre d’instruction de la cour d’appel de Paris en septembre 2011 assurant que la catastrophe de Tchernobyl n’avait pas eu d’impact sanitaire mesurable en France… Mesurable, c’est bien ce que va s’efforcer de démontrer l’équipe du professeur Paolo Cremonesi.

Voir l’intégralité de ce reportage dans l’édition du journal Corse Matin du 22 août.

Arte 21 aout: Tchernobyl, une histoire naturelle ?. Alors pourquoi vouloir cacher les effets biologiques?

Et si  l’apparente bonne santé de l’écosystème devait  beaucoup à la disparition de l’homme dans la zone? A voir: Mardi 21 août de 20h50 à 22h25 sur Arte. Télérama.

Ce billet comprend deux articles: un de Télérama sur le film, une controverse du Réseau Sortir du Nucléaire.

Synopsis de l’émission

Vingt-quatre ans après l’explosion du réacteur n°4, le 26 avril 1986, la zone interdite, instaurée dans un rayon d’une trentaine de kilomètres autour de la centrale nucléaire, offre la vision idyllique et paradoxale d’une nature préservée des ravages de la civilisation. Ce territoire où les radionucléides se sont dispersés irrégulièrement, avec l’explosion et l’incendie qui a suivi, est aussi devenu un vaste laboratoire à ciel ouvert, où les scientifiques étudient sur le long terme, en situation réelle, les effets de la radioactivité de faible dose sur les organismes vivants. Pourquoi certains organismes meurent-ils prématurément, pourquoi la croissance des pins est-elle perturbée, alors que mulots et peupliers semblent en pleine santé ?

La critique TV de télérama du 11/08/2012

On aime un peu http://television.telerama.fr/tele/documentaire/tchernobyl-une-histoire-naturelle,4345735,emission15646024.php

Le 26 avril 1986, l’explosion du réacteur numéro 4 de Tchernobyl propulsait dans l’atmosphère des milliards de particules radioactives. Plus de deux décennies après, à quoi ressemble la « zone interdite », cette enclave de 30 kilomètres carrés autour de la centrale ? Etonnamment, la nature, luxuriante, s’y épanouit librement, et de nombreuses espèces animales — dont certaines extrêmement rares — prolifèrent. Comment expliquer que les mulots ne subissent aucune mutation ? Pourquoi certains arbres survivent-ils ? Véritable laboratoire naturel, le site est devenu le terrain d’observation privilégié de scientifiques du monde entier, venus étudier les effets à long terme de la radioactivité.

Nourri de nombreuses expertises en situation, d’images superbes et de schémas en 3D, le film met en lumière les mécanismes de défense naturels développés par certains organismes, attire notre attention sur les fascinantes capacités d’adaptation de la nature, tente, sans toujours y parvenir, d’en percer les mystères. Parfois un tantinet technique, cette épopée, filmée sur près d’un an, a quelque chose d’envoûtant dans sa manière de mettre en scène l’énigme fondamentale du vivant, la beauté post-apocalyptique d’un monde où la nature, abandonnée à son sort, envahit jusqu’aux HLM de la ville fantôme de Pripiat… Le film s’achève d’ailleurs sur ce constat ironique : la bonne santé de l’écosystème doit beaucoup à la disparition de l’homme dans la zone. — 

Hélène Marzolf

Informations détaillées

Genre : Environnement
Durée : 90 mn
Origine : français
Auteur : Antoine Bamas
Réalisateur : Luc Riolon

Pourquoi vouloir cacher les effets biologiques de Tchernobyl?

Par Marc Saint Aroman Membre du réseau Sortir du nucléaire jeudi 03 juin 2010 

En se faisant l’écho d’un documentaire sur la radioactivité à Tchernobyl, le Professeur Jacques Foos en a profité pour « tacler » le réseau Sortir du nucléaire. Voici la réponse des antis.

Voir le papier de Jacques Foos « Que se passe-t-il aujourd’hui autour de Tchernobyl« 

En réponse à la publication du texte de Jacques Foos suite à la diffusion du documentaire d’Antoine Bamas et Luc Riolon «Tchernobyl, une histoire naturelle ?» sur Arte, voici quelques éléments de réponse du Réseau « Sortir du nucléaire« : 

Le documentaire décrit par Jacques Foos montre une équipe de recherche américaine qui, à l’aide d’un appareil sophistiqué, prétend prouver qu’il n’y a pas de mutations chez les souris, mais seulement des croisements d’espèces suite à leur grande mobilité. Il est bien évident, et Sortir du Nucléaire l’affirme également, qu’il n’y a pas de mutations, puisque la mutation est un phénomène qui ne peut se produire qu’à l’échelle de milliers de générations sur les espèces dites « supérieures ». Et pour cause: les phénomènes constatés suite aux expositions aux rayonnements sont exclusivement des malformations. Un phénomène averé, qui n’est pourtant pas mentionné dans le documentaire…

Le professeur Yuri Bandajevsky, ancien recteur de l’Institut de médecine de Gomel (Belarus), a prouvé, pendant des années, que des malformations systématiques sont survenues sur des mulots vivant sur le territoire contaminé de Tchernobyl.  

Parmi les nombreux travaux sur ces questions d’expositions et de contaminations aux radiations, le documentaire passe également sous silence les travaux de la généticienne Rosa Gontcharova, membre de l’Institut de génétique de l’Académie des Sciences du Belarus. Une scientifique qui a étudié les anomalies génétiques des poissons et des rongeurs, et  prouvé qu’elles s’aggravent de génération en génération sur des territoires pourtant relativement peu contaminés par le Césium137, à 200 kilomètres de Tchernobyl.

A ce titre, il existe aussi une étude qui montre le niveau d’atteinte des oiseaux dans les territoires contaminés : http://www.actualites-news-environnement.com/19947-animaux-Tchernobyl.html 

Le documentaire diffusé sur Arte ose également exhumer la théorie fumeuse dite « de l’Hormesis »: cette théorie ancienne qui voudrait que des expositions chroniques à des doses prétendument « faibles » (tout de même 1000 fois le niveau de la radioactivité naturelle, selon le documentaire !) de radiations protègent de l’exposition ultérieure à de fortes doses de radioactivité : ce serait un peu comme un vaccin atomique ! Une théorie qui vise très probablement à démolir les études établissant des constats épidémiologiques sur l’homme, sur la notion d’effets sans seuils. Etonnant lorsque l’on sait qu’il a été démontré internationalement, il y a plus de 20 ans, qu’il n’existait pas de seuil en dessous duquel la radioactivité ne présenterait pas d’effets néfastes sur le vivant. La très officielle Commission Internationale de Protection Radiologique (CIPR) reconnaît elle-même depuis des années que « toute dose de rayonnement comporte un risque cancérigène et génétique ».

Enfin, sur l’impact l’impact du rayonnement sur les êtres humains, le professeur Jean-François Viel notait, suite à son étude sur les leucémies et cancers des enfants autour de La Hague, que les médecins eux-mêmes concevaient mal l’éventualité d’un effet néfaste des faibles doses sur l’individu suite à l’utilisation médicale qu’ils font de la radioactivité. Le médecin suisse Henri Paul Deshusses mentionnait pour sa part, dans son livre « La radioactivité  dans tous ses états » (3) que la toxicité de la radioactivité naturelle n’était plus contestée et qu’il était important de n’y rajouter aucune radioactivité artificielle.

Il existe actuellement une large propagande visant à étouffer la démonstration des terribles effets biologiques liés à l’accident de Tchernobyl ainsi qu’à la soixantaine d’accidents nucléaires survenus à travers le monde. Ne nous laissons pas leurrer : le nucléaire est dangereux, et  nous devons en sortir.

Note : Dans sa conclusion, le professeur Jacques Foos se trompe. En effet il y a eu deux annonces faites sur la liste d’information du Réseau « Sortir du nucléaire » (Rezo-actu), 5 jours avant la diffusion du film sur Arte, puis le jour même. (1) et (2)

La catastrophe de Tchernobyl en chiffres ( source Arte)

 

 

A Tchernobyl, « les effets sont plus grands sur les générations récentes »

Timothy Mousseau, biologiste à l’université de Caroline du Sud, a réalisé avec Anders Pape Moller, de l’université Paris-Sud, plusieurs études sur l’état de la biodiversité dans la zone d’exclusion de Tchernobyl. Hervé Kempf, LE MONDE 15 08 2012 

Qu’avez-vous appris sur la faune qui vit dans les territoires contaminés autour du réacteur ukrainien accidenté en 1986 ?

Les résultats sont sans ambiguïté : il existe une très forte relation négative entre le niveau de radioactivité et l’état de la biodiversité des groupes d’organismes que nous avons étudiés – plusieurs espèces d’oiseaux, des insectes (libellules, bourdons, sauterelles) et des araignées. Tant en nombre d’individus qu’en termes de santé, les populations sont en plus mauvais état que dans les zones non contaminées. Les causes en sont génétiques, mais les relations au sein de l’écosystème sont aussi en jeu. Les arbres fruitiers à Tchernobyl ont ainsi régressé de manière significative du fait du déclin des insectes pollinisateurs.

La radioactivité a pourtant décru en vingt-six ans…

Oui, mais l’accumulation des mutations causées par la radioactivité entraîne des effets génétiques plus grands sur les générations récentes. C’est ce qu’ont observé nos collègues japonais sur les papillons : les deuxième et troisième générations montrent un effet plus important que la première.

Le déclin des populations d’oiseaux est-il lié à l’effet génétique ou à ce qu’ils mangent ?

Il semble résulter d’une combinaison de plusieurs facteurs. Des oiseaux qui se nourrissent des insectes sur le sol, où la radioactivité est la plus forte, sont plus affectés que d’autres oiseaux. On a aussi observé que les oiseaux qui ont les taux de mutation les plus élevés, quelle qu’en soit la raison, sont aussi les plus vulnérables à la contamination. On constate encore que les espèces qui migrent à longue distance et qui se reproduisent au printemps sont plus affectées que les espèces sédentaires.

Tous les animaux sont-ils pareillement touchés ?

Toutes les espèces ne sont pas affectées, mais beaucoup le sont. Certaines voient même leur effectif augmenter. Par exemple, à Fukushima, où nous avons travaillé l’année dernière, nous avons été très surpris de constater que le nombre des araignées augmentait fortement dans les zones les plus contaminées.

Qu’en est-il pour les plantes autour de Tchernobyl ?

Il y a peu d’études sur ce sujet, mais elles montrent une augmentation des taux de mutation génétique. Et la biodiversité des plantes est beaucoup plus basse dans les zones contaminées qu’ailleurs.

Quelle différence observez-vous sur le terrain entre Fukushima et Tchernobyl ?

A Tchernobyl, il n’y a presque pas eu d’études sur l’évolution des animaux dans les premiers mois après l’accident, et pas de très bonne qualité. Au contraire, au Japon, les chercheurs ont commencé à travailler beaucoup plus tôt. A Tchernobyl, on observe un déclin majeur sur la plupart des groupes d’organismes, alors qu’à Fukushima on commence juste à en observer sur des oiseaux et des papillons.

Propos recueillis par Hervé Kempf

La Corse lance une enquête sur les conséquences sanitaires de Tchernobyl

Une grande enquête a été lancée en Corse auprès de la population pour recenser les victimes dans l’île de la catastrophe nucléaire de la centrale ukrainienne de Tchernobyl, en 1986, a annoncé mercredi la collectivité territoriale de Corse (CTC). Le Monde.fr avec AFP 01.08.2012

La CTC a diffusé un « Appel à la population » pour « recenser les pathologies déclarées après le passage du nuage radioactif et susceptibles d’avoir été causées par celui-ci : maladies du sang (hémopathies malignes, lymphomes ou leucémies) et maladies de la thyroïde ».

La CTC a précisé dans un communiqué que ces données seraient transmises à l’hôpital Galliera de Gênes (Italie) dans le cadre d’une étude épidémiologique sur les retombées du nuage radioactif de Tchernobyl.

Alors que le gouvernement français de l’époque avait indiqué que cette catastrophe n’avait pas eu de conséquences en France, l’appel de la CTC s’adresse aux personnes ayant résidé en Corse à partir de 1975 et ayant contracté ce type de maladies entre 1980 et 2010.

NON-LIEU

La population, selon le communiqué, est appelée à contacter directement l’équipe du professeur italien Paolo Cremonesi de l’hôpital Galliera de Gênes, par téléphone (06 85 39 63 39) et par e-mail (tchernobyl.corsica@gmail.com).

L’Assemblée de Corse avait dénoncé à l’unanimité le 8 octobre 2011 la décision de non-lieu de la cour d’appel de Paris dans l’enquête sur l’impact du nuage radioactif de Tchernobyl en France. Ce non-lieu prononcé le 7 septembre avait provoqué la colère en Corse, où une explosion du nombre de cancers et de maladies de la thyroïde avait été enregistrée dans les années suivant la catastrophe de Tchernobyl.

La cour d’appel de Paris a estimé que cette catastrophe n’avait pas eu de conséquence sanitaire mesurable en France. Elle a notamment mis hors de cause l’ancien directeur du service central de protection contre les rayons ionisants, le Pr Pierre Pellerin, seul mis en examen, pour « tromperie aggravée », en 2006, dans ce dossier.

Fukushima un an après : Enquête sur une super catastrophe nucléaire

Par des experts indépendants, la longue suite d’erreurs, de mensonges, d’aveuglement et d’attitudes irresponsables qui a mené à une super catastrophe nucléaire. On comprend mieux à quel point la technologie nucléaire est tout simplement non maitrisable, et ses conséquences à court et à long terme inimaginables. Publiée le 2 avril 2012 par NANCY4672
http://www.youtube.com/watch?v=qwJRBxK7k5Y&feature=

Le nucléaire, une guerre contre l’humanité

«N’attendons pas qu’une catastrophe arrive sur notre territoire, n’attendons pas d’être nous-mêmes des réfugiés du nucléaire pour enfin mesurer toute la dangerosité de cette technologie mortifère.» Par Michèle Rivasi, députée européenne EELV. Médiapart 26 Avril 2012

Voilà une discussion de comptoir que certains ont pu entendre:

– Tiens, à la fin du mois c’est l’anniversaire de Tchernobyl: 26 ans déjà.
– Ah bon? Je croyais que c’était celui de Fukushima…
– Je ne sais plus…c’est vrai qu’on s’y perd dans les dates!

Si nous continuons notre fuite en avant nucléaire, nous aurons bientôt une catastrophe nucléaire à célébrer chaque mois de l’année. Les bougies de l’ironie seront-elles assez nombreuses pour le gâteau de l’infamie?

Vingt-six ans après la catastrophe de Tchernobyl, survenue le 26 avril 1986, les conséquences sanitaires se font toujours ressentir sur place et la sécurisation du site n’est nullement achevée.

En effet, le premier sarcophage, construit dans l’urgence, n’est pas étanche à l’humidité: on estime à 100 m2 la surface des interstices ouverts dans sa structure de béton et d’acier. Ce sarcophage a par ailleurs montré des signes de fragilité, laissant planer un doute mortel sur les quatre tonnes de poussières radioactives encore présente sur le site.

C’est pourquoi l’an dernier, la conférence des donateurs pour Tchernobyl s’est engagée sur un financement à hauteur de 550 millions d’euros pour construire une nouvelle enceinte de protection… alors que le programme complet des travaux est évalué à 1 540 millions d’euros, dont 990 millions d’euros pour le seul sarcophage. Des chiffres astronomiques qui n’ont pourtant toujours pas permis la récupération du cœur radioactif, sa prise en charge et son conditionnement posant encore des problèmes techniques et de financement.

Alors que des millions sont engloutis dans une sécurisation qui ne durera qu’un siècle selon les experts en charge du projet, les populations ne touchent pas un kopek et sont laissées dans le plus grand dénuement. Entre six et sept millions de personnes vivent encore dans les 150 000 km2 de territoires contaminés au césium en Ukraine, en Biélorussie et en Russie.

Rien qu’en Ukraine 2,4 millions d’Ukrainiens (dont 428 000 enfants) souffrent de problèmes de santé liés à la catastrophe, selon les chiffres du ministère ukrainien de la santé. Les liquidateurs victimes de l’irradiation lors de l’accident sont éparpillés aux quatre coins de l’ex-URSS, ce qui empêche tout suivi épidémiologique. Pire, aujourd’hui, les enfants nés après la catastrophe sont victimes de la contamination par l’ingestion d’aliments cultivés en territoires contaminés. Le Japon est en passe de faire les frais d’un tel scénario, même si la traçabilité des victimes devrait être plus facile et donc leur prise en charge améliorée…

Ce qui se passe à Tchernobyl et au Japon nous concerne tous. Si l’URSS n’avait pas sacrifié la vie des centaines de milliers de liquidateurs, une grande partie de l’Europe aurait pu devenir inhabitable. Aujourd’hui, le Japon doit rester une source de préoccupation puisque la catastrophe est loin d’être circonscrite et ravive les craintes à chaque nouveau séisme.

Des milliers de barres de combustible irradié sont encore présentes au sein des différents réacteurs et piscines de refroidissement de la centrale de Fukushima. En cas de tsunami ou de tremblement de terre, les enceintes de confinement endommagées risquent de céder et de libérer des quantités de radionucléides bien plus importantes que la catastrophe initiale ne l’a déjà fait.

Ce serait un véritable cataclysme écologique et humain car une partie de ces barres contiennent du MOX (dans le réacteur 3 assurément), un mélange d’uranium appauvri et de plutonium retraité dont l’inhalation de quelques milligrammes suffit à provoquer un décès. Rappelons au passage que le plutonium est le fruit mortifère de la création humaine, puisqu’il n’existait pas à la surface du globe avant les premiers essais nucléaires et leurs retombées radioactives. Aussi, n’oublions pas que le MOX est la fierté mondiale du groupe français Areva –seule entreprise à produire ce type de combustible– qui nous vaut le doux sobriquet de shi no shônin (marchands de mort) au Japon.

Selon les estimations, environ 1 500 barres de combustible se trouveraient dans le réacteur 4 (le plus affaibli des bâtiments) et environ 10 000 sur l’ensemble du site de Fukushima Daiichi. Si le réacteur 4 s’effondre, la radioactivité ambiante sera telle que plus aucune intervention ne sera possible sur le site et nous n’aurons plus qu’à croiser les doigts pour éviter une catastrophe dont l’étendue est inimaginable. Vous pouvez d’ailleurs croiser les doigts une petite dizaine d’années, puisque c’est le temps jugé nécessaire par Tepco pour retirer le combustible usé des piscines de désactivation. Ce retrait ne commencera pas avant deux ans, du fait d’une radioactivité encore trop importante. L’extraction du combustible fondu dans les réacteurs 1 à 3 commencera d’ici dix ans et durera au moins deux décennies. Je vois difficilement comment l’on peut relativiser de tels risques quand on connaît l’activité sismique aussi intense que régulière du Japon.

Face à la difficile réalité que nous imposent ces faits –et avant de lancer aveuglément une nouvelle génération de centrales ou de rallonger la durée de vie de nos centrales existantes– il est temps de réfléchir à l’avenir énergétique de notre pays comme à celui de l’ensemble du globe. N’attendons pas qu’une catastrophe arrive sur notre territoire, n’attendons pas d’être nous-mêmes des réfugiés du nucléaire pour enfin mesurer toute la dangerosité de cette technologie mortifère.

La demi-vie de notre crainte humaine ne doit plus laisser place à la demi-vie de notre résignation technologique. La renaissance du nucléaire semblait enfin avorter, soyons sûr qu’il ne ressurgisse jamais: plutôt que vivre à moitié l’illusion nucléaire, vivons pleinement la transition énergétique!