Prix Pinocchio 2012 : Areva récompensée dans la catégorie Mains Sales- poches pleines

Les prix Pinocchio 2012, épinglant des entreprises pour des pratiques néfastes à l’environnement, ont été décernés mardi à un producteur d’agrocarburants, à un projet de recherche de lithium en Argentine et au groupe Areva pour l’impact des mines d’uranium en Afrique. From www.romandie.com – 15/11/2012

Prix Pinocchio 2012 : Areva récompensée dans la catégorie Mains Sales / poches pleines | FUKUSHIMA INFORMATIONS | Scoop.it
Plus de 17.000 internautes – soit 4.000 de plus qu’en 2011 et près de trois fois plus qu’en 2010 – ont désigné les lauréats de cette cinquième édition, ont indiqué les collectifs Amis de la Terre, le CRID (Centre de recherche et d’information pour le développement) et Peuples Solidaires.

C’est l’édition qui a eu le plus de votants, ça montre que les Pinocchio commencent à avoir un impact, se réjouit Romain Porcheron, des Amis de la Terre.

Dans la catégorie Mains sales, poches pleines visant l’opacité et le lobbying des entreprises, les internautes ont retenu Areva. L’ONG estime que le groupe refus(e) de reconnaître sa responsabilité dans la dégradation des conditions de vie des populations vivant à proximité de ses mines d’uranium en Afrique.

Une accusation qui a été rejetée par Areva dans un communiqué à l’AFP.

« Areva applique aux mines du Niger les plus hauts standards internationaux de sûreté, de sécurité et de surveillance de l’environnement. Le taux de fréquence d’accidents dans les mines d’Areva au Niger est vingt fois inférieur à celui de l’industrie française », a défendu le groupe, qui exploite deux sites miniers au Niger.

Le groupe a par ailleurs précisé travailler depuis 2007 avec des médecins indépendants, pour assurer le suivi post-professionnel de ses anciens salariés et des populations vivant à proximité des sites miniers.

Au rayon publicité (prix Plus vert que vert), les internautes ont épinglé la marque d’huile Lesieur pour une campagne Aidons l’Afrique. Dans le cadre de cette opération, 70 tonnes d’huile végétale, une denrée d’urgence humanitaire, ont été envoyées dans la Corne de l’Afrique, indique le site du fabricant.

Pourtant, Lesieur, via sa maison mère Sofiprotéol, est l’un des plus importants producteur et promoteur de l’industrie des agrocarburants, dénoncent les Amis de la Terre, avançant le rôle majeur joué par les politiques de soutien aux agrocarburants dans la hausse des prix alimentaires.

Un projet d’exploitation de lithium en Argentine lancé en 2010 par les groupes Bolloré et Eramet a pour sa part reçu le prix Une pour tous, tout pour moi dénonçant la surexploitation des ressources naturelles.

Des communautés indigènes, s’estimant lésées dans leurs droits à être consultées, ont déposé plainte devant la Cour suprême d’Argentine à l’encontre des gouvernements locaux, selon les Amis de la Terre

L’ONG précise néanmoins avoir été contactée par le groupe minier Eramet, qui conteste un certain nombre d’informations et affirme s’être retiré du projet en novembre 2011.

Photo : mine à ciel ouvert d’Arlit (Niger) auteur David FRANCOIS

Voir aussi:

« Qui sème le vent », un téléfilm qui sème enfin le doute sur « l’indépendance énergétique » française

Areva en Afrique: une face cachée du nucléaire français

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Areva reporte le démarrage d’une mine d’uranium

Le groupe français a annoncé, jeudi 11 octobre, avoir reporté la mise en production de sa mine d’uranium de Trekkopje en Namibie en attendant une amélioration des conditions de marché. Usine nouvelle le  11 octobre 2012

AREVA APPROVISIONNERA EDF EN URANIUM 

« Etant donnée la baisse des cours de l’uranium, qui s’ajoute aux investissements qui restent à faire sur le site, Areva n’a d’autre option que de reporter le lancement de la mine de Trekkopje », a déclaré le société dans un communiqué.

Les cours de l’uranium sont en baisse depuis la catastrophe nucléaire de Fukushima au Japon en mars 2011, certains pays s’interrogeant sur la sécurité et la viabilité de l’énergie nucléaire et d’autres ayant suspendu leurs projets de construction de nouvelles centrales.

Le cours de l’uranium pour livraison immédiate a touché un plus bas de deux ans la semaine dernière à 45,75 dollars la livre, contre 69,63 dollars en février 2011.

Areva a indiqué que le projet minier n’était viable qu’à un cours de 75 dollars ou plus. Il coûtera à la société 10 millions de dollars par an pour maintenir la mine en état.

Trekkopje devait produire 3.000 tonnes d’oxyde d’uranium par an. Areva s’est engagé à lancer le projet lorsque que les conditions économiques se seront améliorées.

Le groupe français a repris la mine de Trekkopje en 2007 en procédant au rachat controversé de la société minière Uramin pour 2,5 milliards de dollars (1,7 milliard d’euros).

Cette acquisition a contraint le groupe français à inscrire dans ses comptes en 2010 et 2011 des provisions d’un montant total proche de 1,9 milliard d’euros pour tenir compte de la dévalorisation des actifs de la société, consécutive à une baisse des cours de l’uranium et de ses réserves estimées.

Areva avait annoncé fin 2011 que Trekkopje disposait finalement de ressources en uranium 1,7 moins élevées qu’estimé initialement.

Dans son document de référence 2011, le groupe indiquait que le calendrier de la mise en production de la mine dépendrait des résultats d’un pilote industriel et des conditions de marché.

Avec Reuters, par Servaas van den Bosch

Nucléaire: « TERRE À TERRE » émission radiophonique sur France Culture

Animée par Ruth Stégassy (de 7h à 8h), cette émission va traiter du nucléaire en 3 émissions : 

– samedi 6 octobre : Exploitation de la mine d’uranium de Faléa au Mali, avec Many Camara,
– samedi 13 octobre : Tour de France des installations nucléaires, avec André Paris, 
– samedi 20 octobre : autour du livre « Oublier Fukushima » et avec également Wataru Iwata, du CRMS, au sujet des mesures de radioactivité effectuées au Japon.

http://www.franceculture.fr/emission-terre-a-terre

Corse: l’enquête épidémiologique sur Tchernobyl démarre fort

Dans quinze jours, le 4 septembre exactement l’équipe italienne viendra faire un premier bilan, à Bastia, dans les locaux de l’office hydraulique où se réunira la commission Tchernobyl, sous la présidence de la conseillère territoriale PCF, Josette Risterucci. Corse Matin,  mercredi 22 août 2012 

L'enquête épidémiologique sur le nuage de Tch - 18116494.jpg
Le cesium 137 est l’un des isotopes produit par la fission de l’uranium. 600 Bq est la norme actuellement en Europe, on voit sur cette carte que la moitié de la France était bien au-dessus en 1986.

Les lignes de votre correspondant sont actuellement saturées merci de rappeler ultérieurement ou de nous joindre par mail…» Ainsi répondent ces jours-ci les deux numéros de téléphone en lien avec l’hôpital Galliera de Gênes, qui a commencé il y a trois semaines son enquête épidémiologique sur le passage du nuage radioactif de Tchernobyl en Corse.

Dans quinze jours, le 4 septembre exactement l’équipe italienne viendra faire un premier bilan, à Bastia, dans les locaux de l’office hydraulique où se réunira la commission Tchernobyl, sous la présidence de la conseillère territoriale PCF, Josette Risterucci. «Dans le cahier des charges pour trouver un établissement capable de faire ce travail, souligne cette dernière, il était bien précisé que nous voulions travailler rapidement. Le résultat final de l’enquête est ainsi attendu en juillet 2013 ! C’est d’ailleurs ce qui a freiné nombre de soumissionnaires potentiels qui estimaient que douze mois, c’était bien trop court pour un tel travail. Certes, mais la population de la Corse reste réduite, nous ne sommes pas un million ! Et puis cette enquête ne démarre pas de zéro puisqu’il y a aussi les dossiers du docteur Vellutini qui était en Corse au moment des faits et a conservé puis passé ses archives. » Concrètement, les personnes qui ont contracté une maladie du sang ou une pathologie thyroïdienne lors du passage du nuage doivent téléphoner aux deux numéros ci-dessous.

L’équipe de l’hôpital Galliera, emmenée par le professeur Paolo Cremonesi se fait fort de livrer un questionnaire médical, toujours par téléphone, puis de rencontrer les personnes lors de sa visite en Corse cet automne. Car tout se fera physiquement, dans les règles d’une enquête scientifique rigoureuse et donc incontestable. Ce n’est donc, cet été 2012, que la première partie de l’enquête.

La question est de mesurer l’impact

« Après, la phase scientifique commencera, poursuit Josette Risterucci. C’est-à-dire que le nombre de cas avérés de ces maladies sera mis en rapport avec la population insulaire. Et l’équipe dira si oui ou non, le nuage a eu un impact… Ce sera de leur responsabilité de dire si, sur les 25 années de pathologies étudiées, Tchernobyl a eu une incidence en Corse. C’est le but de leurs recherches ! Ensuite, ce n’est pas la CTC qui estera en Justice. Mais nous sentons, qu’au niveau européen, les lignes bougent puisque récemment il y a eu une reconnaissance des effets du nucléaire sur l’atoll de Mururoa. Ce n’est pas rien de dire que le lobby nucléaire est puissant en France… » C’est pour cela que le prestataire choisi n’a aucun lien avec les services d’Etat en France, une sorte de garantie d’indépendance. L’annonce de l’appel à témoins de la collectivité territoriale de Corse pour retrouver les « malades de Tchernobyl » n’est pas passé inaperçu en ce mois d’août : Le Monde, Le Figaro, le journal gratuit 20 minutes, RTL, entre autres, ont relayé cette information loin d’être anodine. Car si l’on se réfère à la carte, « la France après Tchernobyl », de l’institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), le taux de Cesium 137 (produit de fission de l’uranium) était anormalement élevé dans une frange de l’Hexagone qui courait de l’Alsace à la Corse en passant par Rhône-Alpes, les Alpes-Maritimes, la Haute-Savoie… Pourtant aucune de ces régions n’a commandé une telle enquête.

La Corse fait figure d’ovni, voire de Don Quichotte dans ce duel. Et les médias nationaux, qui seront conviés à une conférence de presse dans la capitale en septembre, n’ont d’ailleurs pas oublié de mentionner la décision de la chambre d’instruction de la cour d’appel de Paris en septembre 2011 assurant que la catastrophe de Tchernobyl n’avait pas eu d’impact sanitaire mesurable en France… Mesurable, c’est bien ce que va s’efforcer de démontrer l’équipe du professeur Paolo Cremonesi.

Voir l’intégralité de ce reportage dans l’édition du journal Corse Matin du 22 août.

Hollande prône la coopération sur l’uranium avec le Niger, Duflot ne moufte pas.

Le changement ne saute décidemment pas aux yeux en matière de nucléaire. A l’issue d’un entretien à Paris lundi avec le président nigérien Mahamadou Issoufou, François Hollande s’est prononcé pour une exploitation au plus tôt par Areva, si possible avant la date prévue de 2014, de la mine géante d’uranium Imouraren au Niger.

« Si ça peut aller plus vite, nous y sommes favorables. Tout ce qui peut être fait pour le développement, pour l’activité économique doit être réalisé dans les meilleurs délais », a déclaré François Hollande devant la presse.

 Pas de changement dans la politique énergétique de la France avec Hollande…. Elle en dit quoi Duflot, il en dit quoi Placé? Ils en disent quoi les militants EELV?

Le Niger, pays d’une extrême pauvreté dont 60 % des exportations reposent sur l’uranium, assure près de 40 % des approvisionnements en uranium d’Areva. Les deux mines actuellement exploitées par le groupe français, dans la région d’Arlit, n’ayant plus que dix à vingt ans de production devant elle, Areva s’est assuré en 2008 les droits de la mine géante d’Imouraren. Le groupe nucléaire français a prévu d’investir 1,2 milliard d’euros pour développer ce qui serait la deuxième plus grande mine d’uranium du monde (5.000 tonnes par an).

Areva a accepté une hausse de 50 % du prix de l’uranium

En faisant cette déclaration, François Hollande se place dans les pas de ses prédécesseurs qui ont tous soutenu les efforts d’Areva pour assurer la sécurité d’approvisionnement en uranium de la France. Une tâche ardue. Avec Niamey, qui tente depuis des années d’obtenir une part plus forte des revenus miniers, les tensions sont récurrentes. En 2007-2008, lors de la renégociation des conventions minières, le Niger avait accusé Areva de soutenir la rébellion touareg et expulsé son directeur local. Tentant de briser le monopole d’Areva, Niamey a attribué depuis 2006 plus d’une centaine de permis de recherche à des compagnies étrangères, chinoises, canadiennes, indiennes, sud-africaines et anglo-australiennes. Areva a dû, début 2008, revoir à la hausse les conditions financières consenties à l’État nigérien, notamment en acceptant une hausse de 50 % du prix de l’uranium payé au gouvernement.

C’est dans ce contexte que François Hollande a manifesté lundi sa volonté de faire en sorte que la relation entre les autorités de Niamey et Areva « soit la meilleure possible pour la mise en valeur et pour la retombée financière en faveur du Niger ». « Il y aura des contacts qui seront pris entre les autorités du Niger, le président (Issoufou), et Areva et je souhaite que ce soit dans cet esprit-là que cette relation puisse non seulement être conçue mais même développée », a insisté François Hollande.

Un esprit gagnant-gagnant

« Nous allons poursuivre cette coopération au niveau des deux pays dans l’intérêt des deux peuples et dans l’intérêt des deux Etats, dans un esprit gagnant gagnant », a renchéri Mahamadou Issoufou. « Nos relations sont bonnes. Bien sûr les relations ne doivent pas être figées, elles doivent évoluer (…) vers un partenariat équilibré », a-t-il ajouté. La mise en exploitation d’Imouraren, en portant la production annuelle d’uranium du Niger de 3.000 à 8.000 tonnes, ferait passer le pays du 6ème au 2ème rang mondial des producteurs d’uranium, derrière le Kazakhstan.

Le 25 avril dernier, le personnel nigérien du site d’Imouraren a entamé une grève d’avertissement de sept jours pour protester contre leurs conditions de travail, affirmant travailler 12 heures sur 24. Areva avait fait savoir qu’avec ce genre de grève, il lui serait difficile de tenir le délai de 2014 pour la mise en service de la mine.

Voir aussi

Bollène -Tricastin en Provence: la femme qui résiste

Voilà ce qu’Areva et le gouvernement français y ont fait ? Publié le 14 avril 2012 par 

Madame Aline Pauchard de Bollène est malade et ruinée, pourtant elle résiste et se bat contre le lobby nucléaire avec persévérance et ténacité. C’est le pot de terre contre le pot d’enfer. Vidéo d’interpellation réalisée par Roger NYMO du Réseau Zéro Nucléaire à faire tourner très largement.

Retrouvez les documents écrits qui retracent son combat à cette adresse :http://www.sanurezo.org/lafemmequiresiste.pdf

Elle a besoin de notre solidarité pour faire échec à l’abomination nucléaire qui nous menace TOUS.

Informations complémentaires à cette adresse :http://sanurezo.org/spip.php?article70

Pour en finir avec le nucléaire

Depuis toujours, en France, le nucléaire paraissait intouchable. Mais la catastrophe de Fukushima a changé la donne : même dans un pays très avancé, un accident majeur peut se produire ! Et toutes les interrogations jusqu’ici soigneusement évitées émergeaient à nouveau : le risque d’accident majeur bien entendu, mais aussi la production de déchets radioactifs très dangereux et la menace aggravée du risque de prolifération des armes nucléaires.

Quand on prend conscience que quatre accidents majeurs de réacteur se sont produits au cours des trente dernières années (un à Tchernobyl et trois à Fukushima) sur un parc mondial de 450 réacteurs, alors que le calcul des probabilités officiel n’en « imagine » que 0,014 sur la même période (286 fois moins), on est en droit de se poser la question de la pertinence d’une sortie du nucléaire.

 

En finir avec l’atome, c’est possible ! LEMONDE 4/1/12

A cette évocation, les tenants du nucléaire apportent trois types d’arguments : l’« indépendance énergétique » de la France, la performance française en termes d’émissions de CO2, le très faible coût du kWh nucléaire. Celui de l’indépendance énergétique est tout simplement faux : la France est tout aussi dépendante pour son approvisionnement d’uranium qu’elle l’est pour le pétrole, le charbon et le gaz. Loin d’atteindre 50 %, notre indépendance énergétique réelle n’est que de 8,9 %. Les économies de CO2 de 40 % en France qui seraient réalisées grâce au nucléaire sont très surestimées, puisqu’elles supposent que toute notre électricité non nucléaire serait produite à partir du charbon, ce qui n’est guère vraisemblable. C’est plutôt autour de 20 % que se situe l’économie. Le coût imbattable du nucléaire ? Oui, si l’on se contente de l’évaluation actuelle d’un nucléaire largement amorti (les réacteurs du parc français ont en moyenne 26 ans pour une durée de vie prévue de trente) en oubliant soigneusement de prendre en compte la réhabilitation indispensable de ce parc vieillissant, sa mise aux normes post-Fukushima et les frais de démantèlement des réacteurs mis au rebut, qui risquent de doubler ce coût. Même chose si l’on décide de passer à l’EPR, dont les coûts d’investissement atteignent chaque jour de nouveaux sommets.

 La liste impressionnante des injonctions de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) dans son rapport sur les évaluations complémentaires de sûreté post-Fukushima confirme la vulnérabilité des centrales nucléaires françaises, comme l’augmentation inévitable à venir du coût du kWh d’origine nucléaire, si l’on persistait dans cette voie. Reste l’argument d’autorité : comme nous dépendons à près de 80 % du nucléaire pour notre production d’électricité, nous ne pouvons pas faire autrement que de continuer… Les errements passés serviraient donc de justificatif à la poursuite, contre vents, marées et autres tsunamis !

Est-il possible en France de sortir du nucléaire en vingt ans comme le font les Allemands en dix ans, sans revenir à la bougie et sans ruiner notre pays ? La réponse est positive à condition de poser cette question dans le contexte de la transition énergétique indispensable au niveau mondial : il s’agit, en effet, depermettre à la fois le développement des sociétés émergentes et en développement, de restreindre au mieux nos ponctions de ressources fossiles et de diviser par deux les émissions mondiales de CO2.

La sobriété et l’efficacité énergétiques sont au coeur de la transition énergétique qui s’impose pour tous les pays de la planète, permettant la substitution progressive des énergies de stock (charbon, pétrole, gaz, uranium) par les énergies renouvelables (hydraulique, éolien, solaire thermique, thermodynamique et photovoltaïque, biomasse, géothermie, énergies marines). Cette transition, au-delà des avantages énergétiques et environnementaux, est pourvoyeuse de nouvelles activités et d’emplois dans tous les territoires.

Dans cette logique, ce sont bien les économies d’électricité qui deviennent la première priorité dans une France qui n’a jamais fait le moindre effort dans ce domaine, au prétexte que l’électricité nucléaire était abondante et bon marché. Savez-vous que nos voisins allemands, qui en 1999 consommaient par habitant autant d’électricité « spécifique » (l’électroménager, l’éclairage, l’audiovisuel et l’informatique, à l’exclusion du chauffage des logements) que nous, en consommaient 27 % de moins que nous en 2009 ? Et puis il faut mettre fin le plus rapidement possible au chauffage électrique à effet joule (nos convecteurs) et lesremplacer par des chauffages plus performants (pompes à chaleur, chaudières à condensation, etc.). Si nous le faisons, nos besoins d’électricité pourraienttomber à 392 TWh en 2020 et 338 TWh en 2030, alors qu’ils atteignent 516 TWh aujourd’hui.

Comment compenser alors la fermeture programmée des réacteurs nucléaires quand ils atteignent une trentaine d’années en moyenne ? En 2020, le nucléaire ne produirait plus pour les besoins des consommateurs français que 180 TWh contre 365 en 2009. Mais on s’aperçoit que les objectifs de production d’électricité renouvelable du Grenelle de l’environnement, qui atteignent 143 TWh en 2020, permettent de combler une grande part de la demande d’électricité restante. Il suffit de 70 TWh d’électricité d’origine gaz naturel pour boucler le bilan sans augmenter pour autant les émissions de CO2 du secteur électrique par rapport à la situation actuelle. En 2030, la poursuite du développement des énergies renouvelables permet de boucler le bilan électrique malgré l’absence de nucléaire, avec la même participation d’électricité à partir du gaz (70 TWh).

A quel coût ? Les calculs montrent que les deux options conduisent à des coûts du même ordre. Dans le scénario poursuite du nucléaire l’investissement indispensable dans de nouvelles centrales pèse sur le bilan. Dans le scénario de sortie, le total des investissements nécessaires à la réalisation des économies d’électricité, des investissements de production et de transport d’électricité est plus faible. Notons d’ailleurs que les incertitudes sur les coûts sont plus importantes dans le cas du maintien du nucléaire que dans celui de la sortie. Contrairement aux affirmations répétées de nos gouvernants, la sortie du nucléaire en une vingtaine d’années est donc possible sans drame. C’est une question de volonté collective.


Benjamin Dessus est ingénieur et économiste, il a travaillé à EDF, à l’Agence française pour la maîtrise de l’énergie ;

Bernard Laponche est polytechnicien, docteur ès sciences, il a travaillé au Commissariat à l’énergie atomique.

Ils sont les auteurs d’En finir avec le nucléaire (Seuil, 176 pages, 13 €).